Chron. des quatre premiers Valois, '|0-'|S
i. Voy. la Complainte sur la bataille de Poitiers, iiubliée pour la première fois par M. Ch. de Beaurepaire (Bibl. de l'Ec. des Chartes, 3' série, t. II [i85i], p. 257-267), et réimprimée par Fr. Michel dans son édition du poème du héraut Chandos, p. 3io- 3'|2. Cette œuvre de passion et de circonstance ne prouve et n'apprend, au fond, pas grand'chose. Nul n'admettra que les nobles fussent tous des lâches et des traîtres, ni surtout qu'une entente ait existé entre eux et les Anglais. Il est à remarquer que l'auteur s'accorde avec Jean de yeaette pour reprocher à la noblesse sa façon immodeste de se vêtir et pour conseiller au dauphin de faire appel au dévoilement de Jacques Bonhomme. — On consultera, mais avec les mêmes réserves, un «pamphlet politique du xiv' s. », qui a pour litre : Tragicuni argumentum de miserabili statu reyni Francie. C'est une » pièce latine en prose, occupant 22 feuillets d'un petit man. du xiv° siècle... actuellement au Vatican (Fonds Ottoboni, n° 209, fol. 3o-iii)». Elle a été analysée, a\ec d'assez longues citations textuelles, dans le Bulletin histor. et philol. du Comité des travaux histor. et scientif., 1886, p. ti-!-ii(3. L'auteur est « frater Franciscus de Monte-Belluna, ordinis sancti Benedicti » : Il y a beaucouj) de déclamation dans son œuvre, peu ou pas d'indications précises.
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de porter les armes, il reprochait leur couardise et une connivence imaginaire avec les Anglais i. Tous ceux qui avaient survécu à la débâcle étaient en butte aux mêmes soupçons injurieux : déserteurs du champ de bataille, échappés par la fuite aux mains de l'ennemi -, ou prisonniers sur parole, réduits aux expédients pour se procurer une rançon"^. Une légende malveillante s'était vite formée qui, attisant de vieilles haines, \oyait dans les événements la punition de mœurs dissolues ou de modes indécentes ^. Avec plus de vérité, les moralistes dénonçaient l'oubli des habitudes militaires, auxquelles les Français avaient dû longtemps leur supériorité, la frivolité de leurs goûts et une infatuation qui venait d'être durement châtiée ^,