Gr. Chron., VI
4. Le i" mars et le 8 mai i356 (G. Picot, Hist. des 'JUats Généraux. Paris, Hachette, 1888, in-i2, p. ii-/i3).
5. Ordonnance du 28 déc. i355, art. 7. {Ordonn. des rois de France, l. 111. p. 25-36).
6. Voy. ci-après. Tout d'abord on avait fixe une date moins rapprochée, celle du
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mandie, portaient, en effet, que les députés s'assembleraient au Palais Royal* (' à la quinzaine de la Saint-Rcmy », ce qui correspondait au samedi i5 octobre ^. En fait, la première séance ne se tint que le 17 octobre, dans « la Chambre du Parlement », dénommée plus tard la (( Grand'chambre » ^. Le dauphin était présent. 11 fît exposer par Pierre de la Forêt, archevêque de Rouen et chancelier de France, les raisons pour lesquelles il avait appelé auprès de lui les représentants des trois ordres. 11 désirait prendre leur avis sur toutes les questions qui touchaient le bien et l'honneur du royaume. Enfin, il leur demandait de lui accorder une « aide convenable », qui permît de faire face aux périls de la situation '^ Lorsque le chancelier eut terminé son discours, le prince prit la parole, et avec beaucoup de sagesse et de bonne grâce
1°' novembre. C'est ce qui résulte du mandement de convocation adresse par le Grand Conseil à rc\èque d'Albi : « Quapropter de speciali et expresso mandate illustrissimi domini nostri domini Karoli, duels Normanniae, primogeniti dicti domini Ilegis, suscipienlis opportuna super hoc, sicut nécessitas exigit, sine mora consilia capere et opportuna remédia qua^rere cum fidelibus et subditis dicti domini Régis, tam prœlatis, capellanis, ducibus, comitibus, baronibus, nobilibus, burgensibus, ceterisque prudenlibus dicti regni, ... requirimus vos instanter, vobis etiam praîcise mandantes... quatenus die prima instantis mensis novembris cum dicto domino primogenito... Parisius inlersiLis... »Paris,27 sept. i356 (Bibi. nat., Baluze, t. LXXWII, fol. i83-i83".)
1. Qui était di'jà et qui dexinl exclusivement par la suite le « Palais de justice ».
2. Journal des Etals Généraux réunis à Paris au mois d'octobre 1356, p. 17 : « Comme nostre très cliier et très redoublé sire Monseigneur le duc de rsormandie, ainsné filz du Roy de France, nostre très chier et très redoublé seigneur, qui à présent a le gouvernement du royaume de France, eust l'ait appeler à Paris, à la quinzaine de la Saint-Remy l'an mil CCCLVI, les trois estas du royaume de France -preslas, clergié, nobles et les bonnes villes du royaume de France de la langue de oil — et ou Palais Royal, à Paris, aux dessus diz des trois estas eust fait exposer par l'archevesque de Rouen les causes de la dicte convocation etc. »
Je désigne sous le nom de Journal des Etats généraux, etc. un document du plus liant intérêt, souvent utilisé, mais d'après des éditions très médiocres (Mayer, Des Etats généraux et autres assemblées nationales, t. \ 111, La Haye, 1789, in-8", p. i(|3-:!2y. — Decrusy, Isambert et Jourdan, Recueil des anc. lois franc., t. IV, p. 77i-7<jô). Je l'ai publié dans la Nouvelle Revue hislor. de droit franr. et étranger, juillet-août kjoo, p. /|i 5-^05, en reproduisant, au lieu de copies rclati^ement modernes et défectueuses, un très bon maïuiscrit du x\' siècle, conservé aujourd'hui au British Muséum (Cotton. Titus, D. XII, fol. 08-7/1). On trouvera, dans l'introduction cjui précède le texte, tous les éclaircissements nécessaires. — La pagination indiquée pour les citations du journal est celle du tirage à part.
3. Grandes Chron.,\\, 3/i-35. — 11 résulte de ces mêmes chroniques que bon nombre des députés des trois ordres se trouvaient déjà à Paris le samedi i5 octobre.
i. Journal des Etats, p. 17-18. — Gr. Chron., VI, 35.
SRSsioN o'or.Tonru: i3.5() 2.5 1
rcsiiina ce qui venait d'elle dit '. l'eiil-clie la froideur avec la(iuelle avail (Hé écouté l'ierre de la Korct, l'un des plus anciens conseillers de Jean II et l'un des plus ini[)0[)ulaires, lit-elle sentir au tlau[)liin la nécessité d'une inler\enli()n |)ersonnolle -.
Les Etals se inontrèrcnl disposés;! seconder ses vues, mais réclamèrent un délai pour examiner les diiïérentes questions qui leur étaient soumises, et, afin de délibérer [)lus roniuiodément, ils se Iransporlèrent au couvent des Cordeliers, où cliacpie ordre r)ccupa un local distinct ^. «Le premier jour o, c'est-à-dire sansdoute le mardi iS octobre, ilsentendirenl la messe du S,iiul-Ks[)ril, puis, vu leur grand nombre, — ils étaient plus de huit cents '•, — ils élirent une commission de quatre-vingts membres environ ■', pris dans les trois ordres. Les commis-
I. Journal, p. iH : «... d lui iiirismo, tir ^;i Ixiiiclir, iiniiill >;i;.'-('mcnl (;l iiidiiII graciiMisoiiic'iil, roiinist à cciilx (|iii de ])iir lc> Iniis olas \ c'>lnicnl ciixnyï;/. les cIidses dessus ilicles. »
!. Pierre de la Forèl était un ancien a\ucalaii parlement de Paris, où, dès i3'in, il plaidait les causes ruyales. En i'6'i', il l'ut lait chancelier du duc de Norniantlic, le l'iiliir Jean II, et remplacéconimc avocat du Roi i)ar Robert le Cocj. Evoque de Tournai le l 'i juillet i3'ii,), chancelier de France à la lin de la nicnie année. L'un des e\é(iil(ur> testamentaires de Philippe VI. li\è(ine de Paris en di'-c. i35o; archc\ûque (le Rouen le iG février iSÔ!. Anobli en iSô'i. (lardinal des xii Apôtres le îS dcc. i3J(j, au moment où il était en butte à toute l'animosité des litats. Pri\é de son ofRcc de chancelier en mars i357 ; rétabli dans ses fonctions, le a8 mai i3.j<j. Mort à X'illcneuve-irAvifïnon le 7 juin i3(h . (Anselme, //is<.yé;ién/., VI, 33o-33i. — Hisl.des avocats au l'aiicinent de Paris, p. 353-3ô.'|. — Ul. Chevalier, Héperloire, Bio-biblioijr.)
3. Journal des Etats, p. 18. — Gr. Cliron., VI, 35. — L"arclKMèfiue de Reims, .Ican de Craoti, a\ait porté la panjjt? au iioui des -riMis tl'Ef;cli^t' ; I1-' frère du Roi. Philippe d'Orléans poiu" la noblesse, et Etienne Marcel, « bourgois de Paris et lors prevost des marchans )), pour les bonnes villes (Gr. Chr., loc. cil.)
!i. Journal p. 18 : « ... pour la grant multitude qui y cstoit, ([ui csloienl bien en nombre à mu ou plus ». D'après un préaudjule c|u'on trouve dans plusieurs des mari, du Journal, les bonnes villes auraient complé à elles seules plus de 'im» ilépulés {Becueil des anc. lois franc., IV, 77a).
5. Journal. 18 : « ... lequel nomi)re desdiz eslenz fut bien de lui^^ persoimes cl de plus des diz troiseslas .. » Les Grandes (Ihron. évaluent, au contraire, le nombre des commissaires à « cinquante ou en\iron » (VI, 3(5). La Contin. de la (Jhron. de /?. Lescol. p. io5, donne le même chiffre : u Quo conccsso, omnes ulrius(iue status solum quinquaginta ex scipsis elegerunt... »
11 y a un assez grand écart, comme on le voit, entre les deu.v chiffres. La composition de la commission est connue au moins en partie. Les trente-quatre noms transcrits au dos d'un article (le 'ao'} de l'Acte d'accusation contre Robert le Coq sont ceux des commissaires les plus dévoués au roi de Navarre et les plus hostiles aux conseillers de Jean II. On les a pris à tort pour les membres d'un Conseil souverain qu'il avait été question d'instituer, mais qui n'a jamais existé (Noël Valois, Le gouverne-
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saires se mirentaussitôt à l'œuvre, délibérant, semble-t-il, en commun, el non point par ordres '.
Le mois d'octobre s'avançait sans que le « Conseil des Etats » eût encore fait connaître ses intentions. Une seule chose était évidente : son hostilité à l'égard du parti de la Cour. Le duc de Normandie avait désigné plusieurs membres de son Conseil pour suivre les travaux des commissaires. Des le deuxième jour, on leur déclara tout net que « les dictes gens des m estas ne besoigneroient point es choses dessus dites tant comme les dictes gens du Conseil du Roy seroient avecques euls » -. Les amis du roi de Navarre s'agitaient beaucoup, en effet, au sein des Etals, et, grâce à l'esprit d'intrigue, à l'éloquence de l'évèque de Laon, avaient réussi à dominer la majorité indécise. L' « Acte d'accusation contre Robert le Coq » s'étend longuement sur le rôle joué par l'évèque au mois d'octobre i356 •', et, si ce factum est fort suspect de partialité, les allégations qu'il contientsont parfois confirmées d'une façon inattendue. N^ous y lisons, par exemple, que Robert le Coq avait trois ennemis personnels : l'archevêque de Rouen, Pierre de la Forêt, qu'il avait déjà cherché à supplanter comme avocat du Roi dans les derniètres années du règne de Philippe \\ et dont il convoitait l'office de chancelier '* ; le premier président au parlement de Paris, Simon de Bucy, auquel il reprochait de l'avoir desservi ^ ; et enfin l'évèque de Châlons, Régnant Chauveau, avec qui il s'était trouvé en compétition pour le siège épiscopal de Laon ^. De ce dernier il n'étaitplus question, lorsque les Etats Généraux se réunirent ; il avait été tué par un paysan
ment représentatif au XIV' siècle, elc. Extrait de la Revue des Quest. histor., janvier i885,