‹ Histoire de Charles VChapitre 198 sur 381 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

8. Ibid., p. 33 : « ...et si ne sayt-on pas communément la cause de sa prinse... »

PROROGATION IiF.S ÉTATS GÉNÉRAUX 303

sa culpabililé. Que si un jour i'I doit sa liberté à une décision judiciaire, et non à une mesure de clémence, ni lui, ni ses amis, ne sauront gré à personne de celte réparation tardive'. Il faut donc que de toute part on écrive au roi de l'rance pour lui arracher une grâce, trop longtemps difï'éréc.

La seconde partie du discours de l'évêque de Laon offre un caractère particulier : elle est comme la réponse anticipée au factum célèbre, connu sous le nom (.VAclc d'accusation contre Robert le Coq, rédigé vraisemblablement quelques semaines plus tard -, mais dont les principaux arguments avaientdù être utilisés déjà, pour leur défense, par les conseillers de Jean II ■^. On reconnaît à l'ampleur avec laquelle sont développés certains points de sa harangue, à la vivacité du ton, que l'orateur plaide pour lui-même, et qu'il y est contraint par la tactique même de ses adversaires, qui l'ont pris à partie. Il termina en justifiant l'aide octroyée (|ui. de l'aveu ties meilleurs juges, devait suffire à tous les besoins. Au demeurant, les Ktats étaient disposés à consulter sur ce point leurs commettants et à modifier leurs premières offres, si l'on estimait que le rendement de l'imposition proposée dut être inférieur aux prévisions. Chacun des députés était invité à prendre copie des résolutions arrêtées par les commissaires, afin d'en mettre le texte sous les veux de ses électeurs '•.

1. Le roi d'Aragon, Pierre le Cérémonieux, était intervenu, avec une insistance particulière, en faveur de Charles le Mauvais, dont il avait épousé une sœur, en premières noces {Jbid., p. 33). Dès le mois de mai i35(3,il envoyait deux de ses conseillers, Pauquet de Belcastel et l'abbé d'Arles, pour obtenir l'élargissement du roi de Navarre. Ils échouèrent, et auprès de .lean 11 et auprès de son fds aîné, le dauphin. Leur séjour en Franco se prolongea pendant plus d'une année, sur l'ordre formel de Pierre IV, et, pendant la ca[)livité de Jean II, ils renouvelèrent leurs démarches en faveur de Charles le Mauvais, cherchant à intéresser à sa cause, non seulement les fils du roi de France, mais les trois Etats du royaume et le prévôt des marchands de Paris (Arch. real de la Corona de Aragon. Reg. 1068, fol. iia'% 120 ; 1069, fol. 63", 91. — Textes indiqués par M. J. de Maupassant ou communiqués par M. Eduardo Gonzalez Hurtebiso).

2. Et peut-être par Simon de Bucy, suivant une conjecture très plausible do M. Valois (op. cit., p. 13 et n. i).

3. M. Valois, Ibid., p. Sa, n. 7, est porté à croire que VActe d'accusation, — dont Douët d'Arcq avait reculé la date jusqu'à l'année i358 — , fut composé au mois de décembre i356, ou au commencement de 1307, pendant le voyage du dauphin à Metz. Mais les conseillers de Jean II n'avaient pas attendu ce moment pour songer à leur défense personnelle, et bien des choses avaient transpiré des arguments qu'ils se proposaient de faire valoir.

A. Plusieurs membres des Etats suivirent ce conseil [Gr. Chron., VI, iH). H est

204 LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE l356 ET DE l357

L' (i Acte d'accusation contre Robert le Coq » a résumé ce long discours avec une malveillance et un parti-pris évidents, en faisant ressortir la hardiesse avec laquelle l'orateur s'était plusieurs fois exprimé. Incontestablement, on a pu dénaturer ses paroles, en forcer le sens, mais certains détails sont trop précis et trop caractéristiques pour avoir été inventés. Réclamant la destitution du chancelier, l'évêque de Laon se laissa emporter à dire qu'après tout (( ce n'était pas grand'chose que la déposition d'un chancelier, puisqu'on avait bien vu un roi de France déposé par les trois Etats ». Un de ses a complices », assis à ses côtés, lui marche aussitôt sur le pied pour l'avertir de son imprudence, et Robert le Coq reprend : « Ce que j'ai dit qu'autrefois les trois Etats déposèrent le roi de France voulait dire que le Pape le déposa à la requête des trois Etats » K

Le plan du dauphin avait réussi; mais ce succès éphémère, — si c'était là un succès, — ne remédiait pas aux embarras de la situation. Aucune aide n'ayant été votée, la détresse financière restait aussi grande. Il avait été facile de congédier les Etats ; il aurait fallu pouvoir se passer aussi aisément de leur concours. A plusieurs reprises, le daupbin essaya d'obtenir de l'argent, en s'adressant à Etienne Marcel et aux échevins de Paris. 11 lui fut toujours répondu qu'aucun subside ne lui serait accordé, si tout d'abord il ne rappelait les Etats -. C'est une extrémité à laquelle il ne devait se résoudre que plus tard, sous la pression des événements, et, comme il avait rusé avec ses adversaires, comme il avait recouru contre eux à des artifices assez misérables,

vraisemblable que cette copie devait être prise sur le Journal ou Procès-verbal officiel des Etats.

1. Acte d'accusation, 8:; : « Item En morislraut la très grant hayne que il avoit au chancellier, et la con\oilise qu'il avoit d'avoir son office, il dist que bien estoit vray que il avoient requis et entendoient à requerre que le chancellier fust déposé et que ce n'estoit pas grant chose, car l'en avoit bien ^eu autrefois, que les trois estas du royaume avoient déposé le roy de France. Et en ce disant monstroit-il bien la mau\aislié qu'il avoit conceue en son corage». — 83 : « Item. Que quand celle fausse et mauvaise parole li fu yssuedela bouche, un de ses complices li marcha sur lepié et lors il se elTorça de soy corrigier, et dist telles paroles en substance : « Ce que j'ay dist, que autrefoiz les trois estas déposèrent le roy de France, je enlendoie à dire que le pape le déposa à la requesto des trois estas. »

2. O'r. Chron., VI. hh : « Et jasoit ce que par pluseurs foiz, le dit Monseigneur le duc parlast au dit pre.vost des marciians et aus esche\ins de Paris, et par pluseurs journées, en leur requérant riu'iiz li \oiisissent faire aide pour soustenir la guerre, si ne s'i voudrent-il acorder, ne consentir, se il ne faisoit rassembler les diz III estaz, la quelle chose il n'ot pas conseil de faire ».

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