‹ Histoire de Charles VChapitre 202 sur 381 · P. Fournier, Le royaume d'Arles, p. /i5o et n. a · texte numérisé non relu

P. Fournier, Le royaume d'Arles, p. /i5o et n. a

LE VOYAGE DE MET/ 26g

avec le duc de Normandie des promesses d'amitié qui, bien que confirmées par un Iraité solennel, étaient, il est vrai, assez vagues pour qu'il fût aisé de se soustraire au\ engagements contractés '. En fait, Charles IV ne justifia pas les espérances que son avènement au trône impérial avait fait concevoir à la maison de France, Depuis Crécy, où il avait déserté le champ de bataille avec un empressement peu honorable -, il ne prit jamais plus fait et cause pour les \'alois. 11 fut même poureux un voisin ombrageux:, et pendant trente ans contraria, en maintes occasions, leurs vues ambitieuses sur le royaume d'Arles. En cela, il se montrait, comme il le fut toujours et partout, froid, calculateur, avisé; dédaigneux des prouesses chevaleresques et plutôt diplomate par tempérament ; soucieux avant tout de l'agrandissement de ses Etats héréditaires, et en même temps gardien jaloux des droits de l'Empire, sauf à les vendre, pour en tirer argent, ou à se contenter de satisfactions purement théi^riques ; tenace dans ses revendications, mais par intermittences, et sans esprit de suite, de sorte que son long règne offre le spectacle d'une politique incohérente et pleine de contradictions ^.

Le premier revirement dans l'altitude de Charles IV à l'égard de la France se produisit peu de temps après les assurances amicales qu'il avait données à son beau-frère, le duc de Normandie. Le 2^ juin i348, il signait, à Prague, un traité d'amitié avec Edouard lll, qui enlevait au roi de France tout espoir d'une intervention active en sa faveur '*. A ce prix, Charles IV avait obtenu sans peine le désistement d'Edouard lll qui, élu roi des Romains par la faction bavaroise, quelques mois auparavant ( 10 janvier i348), faisait bon marché de cette royauté ^. A vrai dire, le traité n'était pas dirigé contre la France, mais

1 . Voy. dans Lude\vig(Jo. Petrus Je). Reliqiiiœmanuscriidoriun, clc, l. V, Francfort et Leipzig, lyjS, p 'i5o-i5i, les lettres de Jean, fils du roi de France, données le 3o mai i346, devant Aiguillon, et le 4 août iS^y devant Limoges. Le traité d'amitié, souscrit par Charles IV à Trente, porte la date du - mai iSiy (Arch. nat., J. ^82, n" i5). Cf. Alf. Huber, Die Regesten des Kaiserreiclis unter Kaiser Karl IV, 13W-1378 Regesta Iinperii, VIII). Innsbriick, 187V1889, gr, in-i°.

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