‹ Histoire de Charles VChapitre 203 sur 381 · P. Fournier, op. cit., p. i/ii-i^â · texte numérisé non relu

P. Fournier, op. cit., p. i/ii-i^â

4 Huber, Regesta Karoli, p. .ïg, n" -oi. — Joignez-y les lettres d'Edouard III données à Westminster, le 28 avril 1 3^8, pour le même objet (Huber, op. cit., Reiehssachen, p. 529, n" 89). On trouvera ces deux actes dans Ludewig, Reliquiœ, V, /i62-4(j5 et 4Ô9, 40 1, où ils ne sont point ou sont mal datés.

15 Huber, Reiclissachen, p. 328.— Cf. Rymer, III, i, p. iGi. Réponse d'Edouard III aux électeurs qui lui ont donné leurs voix; ses envoyés leur feront connaître ses intentions (Westminster, 10 mai i348).

270 LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE l35G ET DE iSSy

la neutralité, que Charles IV déclarait vouloir garder entre les deux belligérants, n'en était pas moins bienveillante à l'égard du roi d'Angleterre, à qui elle assurait plusieurs avantages positifs '. Vis-à-vis de la France, au contraire, elle allait bientôt afTecter un caractère malveillant, parfois nettement hostile.

Entre l'Empire et les Valois, il existait, en effet, une cause permanente de mésintelligence. Depuis longtemps, les rois de France convoitaient les provinces qui constituaient l'ancien royaume d'Arles. Sous le règne de Philippe VI, cette politique d'expansion s'était accusée, au détriment de l'Empire, plus ouvertement et avec plus de succès qu'auparavant. Or, jamais empereur ne s'appliqua davantage que Charles IV, et en somme ne réussit mieux que lui, à faire échec à l'influence française sur tous les points où elle tendait à prévaloir. La cession du Dauphiné, subie d'assez mauvaise grâce, sans doute, n'avait soulevé de sa part aucune protestation, mais il entendait bien que le fils aîné du roi de France, successeur des dauphins, lui fit hommage et tînt ses fiefs de l'Empire. Enfin, il réclamait la restitution de la ville de Vienne, cité épiscopale, dont le sort n'était pas lié à celui du Dauphiné, et qui ne pouvait être distraite du domaine impérial.

La donation d'Humbert 11, en laissant subsister l'antagonisme séculaire entre le dauphin et les comtes de Savoie, créait un grave péril pour ces derniers, incapables de lutter désormais avec des chances égales contre leurs puissants voisins. Maîtres du Faucigny, les dauphins coupaient en deux tronçons les possessions savoisiennes ; d'autres enclaves, plus gênantes encore, multipliaient les occasions de conflit. Nous avons déjà vu comment le traité du 5 janvier i355, par des concessions mutuelles, — plus importantes cependant de la part de la France puisqu'elle abandonnait le Faucigny, — éteignit ces vieilles querelles. L'Empereur s'efforça, sinon de les faire renaître, au moins d'atténuer les conséquences du rapprochement qui s'était opéré entre Jean 11 et AmédéeVI. En faisant du comte de Savoie son représentant, son « vicaire », il lui donna dans toute la région des Alpes, et notamment vis-à-vis des villes épiscopales de la Suisse romande, un rôle

1. Faculté pour le roi d'Angleterre de lever des chevaliers dans l'Empire, même pour faire la guerre à la France; libre parcours sur les terres d'Empire pour les messagers porteurs de ses lettres, mais non pour ses troupes, comme on l'a cru à tort (P. Fournier, Le ruyaumv d'Arles, ^âa).

LE VOYAGE HE METZ Syl

prépondérant, qui devait décourager lambilion des dauphins, tentés eux aussi d'étendre leur suzeraineté sur ces mêmes cités '.

Dans le reste du royaume d'Arles, son attitude fut aussi significative. En Provence, il prend, contre toute attente, le parti de Jeanne de Naples, que les ^ alois songeaient à déposséder au profit d'un prince de leur race-. Dans la Comté de Bourgogne, il émancipe le jeune Philippe de Rouvre pour le soustraire à la tutelle de Jean II, son beaupère, et exiger de lui l'hommage ([u'il doit prêter à rEmj)ire-^

Néanmoins, aucune rupture ne s'était produite olllciellement entre Charles IV et la cour de France. Ses neveux lui étaient même particulièrement chers, et c'est auprès de son oncle que le dauphin Charles songeait à se réfugier, quand, à la fin de l'année r355, éclatèrent entre son père et lui des dissentiments sur l'origine desquels j'ai essayé de jeter quelque lumière^.

Un peu avant cette époque, Jean II avait cherché à renouer les relations amicales, solennellement affirmées en 18^7, et cjue les divergences politiques avaient plus ou moins refroidies. La guerre avec les Anglais venait de se i-allumer, et il sentait plus vivement le besoin, à défaut d'une alliance eneclive, d'une neutralité bienveillante. Les négociations sont assez malaisées à suivre, car elles n'ont laissé de traces que dans un petit nombre d'actes, dont l'interprétation est encore rendue plus épineuse par l'incertitude des dates.

Les premières ouvertures émanèrent évidemment de Jean II et ne devaient renfermer aucune allusion au royaume d'Arles, ni,d"une manière plus générale, aux revendications impériales. Charles IV y répondit, de Prague, le 26 août [355, en proposant de renouveler le traité d'amitié de iS!\'j, mais aux conditions suivantes : les villes de Verdun, de Cambrai et du Cateau-Cambrésis, induement retenues par la France, feraient retour à l'Empire ; le dauphin prêterait hommage à l'Empereur pour le Dauphiné et restituerait la ville de Vienne; le duc Philippe de Rouvre prêterait également l'hommage pour la Comté de

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