‹ Histoire de Charles VChapitre 210 sur 381 · Gr. Chr., VI · texte numérisé non relu

Gr. Chr., VI

h. Gr. Chroiu, VI, /|(J : « ... et laissa à Paris son lieu tenant, son frère ainsné après luy. Monseigneur Loys, conte d'Anjou ». — Voici le débutd'un acte du comte d'Anjou, confirmé jiar le dauphin le /i mars i357 : « Loys, filz du roy de France, conte d'Anjou et du Maine, lieu tenant de Monseigneur et de nostre très cher seigneur et frerc le duc de Normandie, dalpliinde Viciuiois... » Le Louvre, décembre i356 (Arch. nat., JJ. 84, n" 7^4, fol. 3(j4"').

LES ORIGINES DETIENNE M VRCEf. a83

Quelles étaient donc ses origines et à quoi tenait son influence? On a beaucoup écrit sur Etienne Marcel, — jusqu'à des volumes entiers *, dans lesquels sa mémoire est réhabilitée ou défendue avec une passion, où se mêle quehpie chose de l'àprelé de nos querelles contemporaines. Tout ce qu'on sait de lui dérive des Grandes (Chroniques, source d'information incomparable, mais dont la partjalilé évidente commande des réserves. On n'est pas en droit d'aller plus loin et de récuser des témoignages accablants pour Marcel, par cela seul qu'ils émanent de ses adversaires. Kst-il certain que dans ces chroniciues, dont les assertions ne méritent pas. à coup sur, une égale créance, tout ne soit que mensonge ou imputation calomnieuse, qu'il faille prendre le contrepied de cette œuvre célèbre pour connaître la vérité sur le pnîvùt? Nul n'oserait le dire et cependant c'est l'idée qui perce dans toutes les tentatives faites pour ruiner l'opinion traditionnelle. Il est heureusement facile de se défendre de semblables evagérations. Le simple récit des événements, dégagé de toute préoccupation étrangère à l'histoire, nous prémunira tout à la fois contre le réquisitoire trop habile et contre l'apologie trop ardente.

Au milieu du xiv" siècle, les Marcel forment, à Paris, toute une tribu ; iF a fallu les recherches patientes de plusieurs érudils -, pour mettre de l'ordre dans un fouillis généalogique, propice au.\ erreurs et aux confusions ^. Le premier membre connu de cette lignée aurait été un sergent royal de saint Louis, dont l'affolement jeta la panique

1. F. T. Pcrrens, Etienne Marcel et le ijouvernenienl (/<• la bourgeoisie au XIV siècle (1356-1358). Paris. Hachette, 18G0, in-8° ; — Nouvelle édition : Etienne Marcel, prévôt des marchands (I3ô'i-I3ô8), avec une introduction par L.-M. Tisserand, Paris, iSy'i, in-'r (Collection de l'Histoire générale de Paris). Un compte rendu critique de cet ouvrage a été donné par S. Lucc, dans la Bibl. de l'Ecole des Chartes, 18O0, p. 2^1-282.

Jules Tessicr, Etienne Marcel, Paris. \. Picard et Kaaii fliiblioth. d'éducation nationale), s. d., in-8°, 212 p.

2. S. huce, Documents nouveaux sur Et. .Marcel {Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris, t. VI {1879). p. :^o5-33',).

Léon Le Grand, La Veuve d'Etienne Marcel (Bull, de la Soc. de l'hist. de Paris, t. XXIV (1897), P- i!io-io-2 et à part, i-i3 p.).

Eugène Déprez, Les Enfants d'Et. Marcel {Bull, de la Soc. de l'hist. de Paris, t. XXIV, (.897), p. 83-9G).

Henri Fremaux, La famille d'Etienne Marcel {.Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris, t. XXX(i9o3). p. 175-2/12, et à part. 1-72 p.).

3. La partie généalogique de l'histoire d'Etienne Marcel, de Perrens, est très fau tive (édit. in-V, p. 36-37).

284 I-ES ÉTATS GÉNÉRAUX DE l356 ET DE l357

dans l'année chrétienne, à la Mansourah, et causa la prise du Roi '. Après lui, nous trouvons Pierre Marcel a le Vieil », marchand drapier sous Philippe le Bel et l'un des plus riches bourgeois de Paris, fournisseur attitré de la maison. diArtois, échevin, sinon mcme déjà prévôt des marchands -,. Etienne Maçcel est l'un de ses petits-fds par son père Simon, le chef de la quatrièmeiforanche de la famille -K Deux générations ont suffi aux descendanfetdb Piètre le Vieil pour constituer une véritable dynastie bourgeoise, forte de ses alliances, qui l'implantent de plus en plus solidement dans le sol parisien *. Simon Marcel, drapier, comme son père Pavait été et comme son fds devait Pêtre, épousa, vers i3o5, Isabelle Barbon, dont l'aïeul avait été prévôt royal de Paris et bailli de Rouen''. De cette union, naquirent Etienne Marcel, Jean, son unique frère, mais non le seul qu'on lui ait attribué *"', et une fille, Jeanne, qui épousa Nicolas d'Amiens.

1. Joinvillc, Hist. de SaiiU Louis, édit. N. de Wuilly, p. 170. Voy. sur ce poiiil les conjeclvires, au moins plausibles, de M. A. Longnoii (Introduction aux Obituaires de la province de Sens, publiés par A. Molinier, 1902, in-/i°, t. I, p. xxxiv-xxxv), adoptées par M. Fremaux, op. cit., p. 8-9.

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