N. Valois, op. cit., p
G. Gr. Chron., VI, 60.
3o6 LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE 1 356 ET DE F 307
tenait Paris dans ses mains. Le résultat définitif n'était donc pas avantageux à la royauté, mais du moins les Etats n'avaient pas fait table rase des inslilulions ;, ils n'avaienl pas substitué au Conseil du Roi, à ce grand corps sur lequel reposait la principale charge du gouvernement, une assemblée entièrement issue du suffrage populaire. Des hommes avaient été écartés, un élément électif s'était même introduit furtivement dans le Conseil ; c'était tout. Rien n'était changé, rien ne devait l'être pour l'avenir, ni au mode de recrutement, ni au titre essentiellement révocable des conseillers du Roi » '.
Le Grand Conseil s'était d'abord réservé la tâche d'épurer les corps constitués ; mais, après la réorganisation du Parlement et de la Chambre des comptes, ce soin fut dévolu à une commission de « généraux réformateurs », institués par le dauphin dès le 8 mars -, et élus vraisemblablement par les députés des trois ordres. Ils étaient au nombre de neuf : trois, sans doute, pour le clergé, trois pour la noblesse et trois pour les bonnes villes '\ Leurs pouvoirs étaient discrétionnaires et ils devaient en user, non seulement pour frapper les officiers concussionnaires, mais môme pour rechercher toutes sortes de crimes demeurés impunis, ou dont les auteurs auraient bénéficié de lettres de rémission subreptices. L'étendue de leurs attributions, la crainte qu'ils inspirèrent, ont pu faire confondre les réformateurs avec le Grand Conseil, ou mieux encore avec une sorte de Conseil souverain, annihilant complètement l'action du dauphin, tel qu'on l'avait rêvé peut-être, et tel qu'il n'exista jamais '^