‹ Histoire de Charles VChapitre 241 sur 381 · Lettres du 6 décembre 1307. Voy. p. 2G7, n · texte numérisé non relu

Lettres du 6 décembre 1307. Voy. p. 2G7, n

i/archipkktre en PROVENCE 3og

avons rencontre pour la première fois « l'archiprètre de Vélines » ', « l'Archiprêtre », comme on le dira plus brièvement par la suite 2. Peu de temps après, il prenait part à la bataille de Poitiers ^, s'y comportait honorablement, et tombait aux mains des Anglais. Devenu, par son mariage avec la venvc d'André de Chauvigny. l'un des plus riches seigneurs du Berry '*, il fut choisi, à ce titre, pour être, en Limousin et en Berry, l'un des « gardiens » ou « conservateurs » de la trêve de Bordeaux ^. S'il eut souci de sa mission, il ne la remplit que d'une fa<;on bien détournée, en rejetant sur une contrée éloignée le ramas d'aventuriers, pour qui la guerre était une nécessité et (jue la trêve réduisait à une dangereuse inaction.

De l'expédition de Provence, conduite par lArchiprètre et racontée maintes fois, il ne serait pas question ici, si l'on n'avait pas cru que la première responsabilité des brigandages et des excès, commis pendant plus d'un an dans la vallée du Rhùne, pesait sur le dauphin ^. La situation intérieure de la Provence, où les deux plus puissantes familles du pays, les Baux et les Duras, s'étaient liguées contre la reine Jeanne de Naples, n'explique pas sulTisamment une invasion qui ne dut pas être spontanée. Mais qui avait provoqué la venue de ces dangereux alliés, car ils s'immiscèrent dans la querelle et prirent parti contre la reine ? On a soupçonné bien à tort le pape Innocent \ 1 ", avec plus de vraisemblance le cardinal de Périgord, oncle des Duras ^. Enfin, vers

1. Vélines ; Dordognc, arr' de Bergerac, ch.-l. de c". — Au xiv' s., on trouve fréquemment Veyrines pour Vélines, d'cii la forme Vezinas, donnée par la chronique romane de Montpellier, dite Le Petit Tlialninus (p. 302 : « Arcipcslre de ^'ezinas »).

2. Sur Arnaud de Cervolc, on a un très bon livre d'Aimé Chércst, tournant trop à l'apologie, mais documenté et très vivant [L'Archiprêtre. Episodes de la guerre de Cent ans. Paris, Claudia, 1S79, in-S"). Le P. Denifle, à l'aide de documents trouvés aux Archives du \'atican, a pu remonter un pevi plus haut dans l'existence de l'Archiprêtre, et mieux préciser ses origines ecclésiastiques. {La désolation des églises, etc.. Il, i8c)f), p. 188-21 1. Arnaud de Cervole... Son invasion en Provence.)

.3. Chérest, op. cit., 21-2G.

!t. Ou, plus exactement, l'usufruitier et l'administrateur d'une dos plus riches seigneuries du Berry. — André de (]hauvigny était seigneur de Levroux et autres lieux. (Chérest, p. 27-28.)

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