P. Fournicr, op. el loc. cit
3. Par la connivence d'Aymar, sire de Uoussillon et d'Annonay, qui venait d'épouser Etierinette des Baux, « fille de feu Hugues des Baux, comte d'Avellino, et de Jeanne d'Apcliier, la propre stpur de Raymond, du promoteur de la guerre ». (Cliérest, p. /|()).
/i. Rey. Valic, aSg, fol. 72''" (Villeneuve, 2A mai 13,57). '^^ Pape à rarchevc([ue de lloucn et à l'évèque de Laon : « Ferlur hic ab omnibus quasi communiter, et patentilius indiciis dicitur publicari, quod nonnulli nobilcs et alii, de mandato dilecti lilii nobilis viri Caroli, primogcniti carissimi in Christo filii noslri Johannis, régis Francorum illustris, ducis Normannie, congregantur in partibus Dalfinalus, comitatum Provincie qui ad carlssimam in Christo filiam nostram Johannam, reginam Sicilie illuslrem, consanguineam germanam ipsius régis, perlinet, invasurl ». Dans cette même lettre, le Pape demande que l'on fasse agir le prévôt des marchands et d'autres personnages influents : « Discretionem vcstram monemus, requirimus et hortamiir, illam allentius dcprecantes ac obsecrantes per visccra misericoidie Dei no^tri, qualiiius, voralis dilectis filiis preposito mercalbrum Parisiensium et aliis de ([uibus vobis expedire videbitur, pro tollenJa hujusmodi novilatc. . . . adliibcatis cum unmi efflcacia et cbleritate remedium oportunum «.
Ecrivant à ses nonces, le 2 juin, Innocent VI insiste encore davantage sur la res-
L ARCini'UKTRE EN PROVENCE 3ir
fournies et un désaveu formel inlligc à l'Archiprêtre, le Pape cessa d'incriminer le duc de Normandie ', mais ses anxiétés ne furent pas calmées, carie péril devenait plus pressant. Arnaut de Cervole, sans tenir compte des ordres venus de France, continuait sa marche et avait pénétré en Provence. Il avait épargné Avignon, mais partout ailleurs ses bandes commirent des atrocités sans nombre -. C'était Ijicn déjà la (( Grande Compagnie », suivant l'appellation que lui donnent les documents contemporains ^, et celle qui, après la paix de Brétigny, descendit de nouveau la vallée du Rhône, ne devait pas faire pis.
porifabilitc du rlaiipliin : « . . scd aciiit ilkul doloris aculciim, qnod hii hcc oinnia promoverc dicuntiir, Iiii feninlur novitalnm hiijusinodi incentores, qui ab cis de biiissentet dcbcrent alios prohiberc. Ilabet cnim communis fama quod dilccliis filins nobilis vir Carolus, ... dux Normannio, ob causam vei occasioricm, quain jam hic multi publice sermonc disscniinant. candcm Provinciam, que ad consanf^iiincos siios perlinet, sicut nostis, nullo ad inccMiliviim sangiiiiiis et vinculum parenlclc rcspcclu habito, nec consideralo quod turiiatio ipsius Provincie in lurbationem nialris sue Romane ecclesie redundabit, hoslilitcr proponil invadere, et, jani in Dalfinalu Viennensi de diversis partibus gentibus congrcgatis, querit proposilum Iiujusniodi prosecutione complere » {Reg. Val., aSg, fol. ijT").
I. Reg. Vat., sSy, fol. loy" ( () juin). Le Pape au daupiiiu : « Per lillcras tuas, quas benignitale paterna recepinius, rescribcns nobis quod nunquam l'uerat, nec erat de conscicricia tua, quod alique génies regni Francorum ot Dainnatuslui Viennensis invaderent romitatum Provincie. et quod statueras proclamari facerc, per dicta regnum et Dalfinatuni, ([uod nullus, sub pena prodilionis et pcrdilionis corporis et bonorum suoruui, presumerct dictuin invadere coniitatum, inextimabili nos gaudio perfudisti, ohstruxisti siquidein obloquentium ora, etc. »
On trouve dans le premier compte de Philippe Giiier, trésorier du Dauphinc (fVrch. de l'Iscre, kj déc. i355-i" nov. 1857), quelques traces des ordres qui ont pu être donnes, à partir d'un certain moment, pour s'opposer au passage de l'Archiprêtre. Voy. fol. 38 : « Au seigneur de Chastes et aux chastellains du dit lieu et de la. Sone pour les despens de pluseurs sergens mandez venir à Romans pour résister à pluseurs gens d'armes alans en Prouvence, que on disoit qui se vouloient efforcer d'entrer en la dite ville, par mandement du seigneur, du xv' jour de juillet CCCLVII etc. » ; — fol. Mi : « Lettres de Monseigneur », envoyées à Chabeuil, « pour fere assavoir que gens d'armes et de pié venissent à Romans au lieutenant (du dauphin) pour résister à l'arciprestre de \ayrinos, que on disoit que voloit passer par la dite ville » ; — fol. ko : « A mons. Guill. Richart, chevalier, envoie par deux foiz à l'arciprestre de Verines, H deffcndre qu'il n'cntrast en Dalphiné ».
2. Reg. Vat., 289, fol. 170'° (Avignon, i;i août 13.57). Le Papeà Jean II; — fol. 17(1 (Avignon, 3 août). Le même au dauphin ; — fol. 194 (19 août). Le même à l'Empereur. — Joignez-y le témoignage du Petit Thalamus de Montpellier, p. 35^.
3. Le P. Denifle a relevé et signalé, dans une lettre d'Innocent VI, du aS octobre i358 {op. cit., p. 209), l'expression : inugna societas armigerorum. On trouve dans le premier compte de Philippe Giiier ks mots mêmes de « Grande Compagnie ». Voy fol. 47 : « A mess. Mco de Glane et Aymart Alemant, chevaliers, envolez par devers l'arciprestre [de] Verines et les capitaines de la grant coinpaignie, par mandement de mess, le lieutenant. . . »'
3l2 LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE l356 ET DE l357
C'est tout ce qu'il convient de dire ici d'une campagne dont les principaux épisodes sont connus. Ayant pillé la Provence pendant plus d'une année, Arnaut de Cervole et ses compagnons pensèrent qu'il serait plus lucratif de chercher fortune ailleurs. Le dauphin, qui venait de triompher de la révolution parisienne, avait encore à combattre un redoutable ennemi, le roi de Navarre, et il acceptait tous les concours * L'Archiprèlre se montra donc conciliant, et disposé à traiter sous les auspices du Pape. Les villes de Provence se cotisèrent pour lui payer une grosse rançon -, et à ce prix il consentit à partir. Innocent \ l en éprouva tant de joie, qu'il reçut magnifiquement l'aventurier, (( comme le fils du roi de France », dit Froissart, avec une ironie plutôt bienveillante 3. L'alerte avait été chaude à la cour pontificale ^, et c'est vers cette époque que commencèrent à sortir de terre les merveilleux remparts d'Avignon.
IX. — Le dimanche, 26 mars, les Etats avaient encore attesté leur autorité, en faisant rendre une ordonnance qui fixait le cours des monnaies d'or et d'argent, lorsque Jean 11, au moment de quitter la France, vint, très inconsidérément, désavouer leurs actes et leur dénier toute autorité. Le mercredi après les Rameaux (5 avril), on « cria et publia » dans Paris, « par lettres ouvertes et mandement du Roi », la trêve conclue à Bordeaux. En même temps on fit savoir, également par une proclamation publique, que le Roi s'opposait à la perception du subside ordonné par les trois ordres et à toute réunion ultérieure des Etats, à quelque date qu'elle dût avoir lieu ^.