Froissart, V, (j
i. Thomas Gray, pariant de la campagne de l'Arcliiprctre en Provence, dit qne la cotir du Pape en « cstoit durement troeblé ». {Scalacronica, p. 176.)
5. Gr. Chr., VI, ôG-By. — Le mandement de Jean II ne parait pas s'être conservé, mais on connaît toutes la pensée du Roi, par une très curieuse lettre close, adressée, le 8 avril, aux habitants de Montpellier. 11 résulte de ce document que les « bonnes villes de la langue d'oc » avaient été conviées, elles aussi, à se faire représenter à l'assemblée, qui devait être tenue à Paris dans la seconde semaine après Pâques.
« De par le Roy. — Très chiers et leaux subgez et amis. Nous avons entendu que ceulz, qui se portent pour les trois estaz de nostre royaume es parties de la langue d'oil, ont mandé \ ous et noz autres subgez des autres Ijonne? \ illes de la langue d'oc,
LES I ORTIIICAI 10>S DE l'ARIS 3 I 3
Le peuple de Paris fut fort ému de ces défenses, et sa colère se tourna contre l'archevêque de Sens, le comte d'Eu, cousin-germain du Roi, et le comte de Tancarville, qui avaient apporté de Bordeaux les malencontreuses lettres, et claieiil encore chargés de messages verhaux, non moins intcmj)eslifs. Partout, on criait à « la fausseté », à « la trahison » '. Les envoyés du Roi durent se dérober parla fuite aux menaces proférées contre eux, mais, comme l'imagination populaire leur prêtait, à tort ou à raison, l'intention de prendre une revanche, Paris fut gardé militairement, de jour comme de nuit-. Des chaînes furent tendues dans les rues •'. Du côté du grand-pont, trois portes seulement restèrent ouvertes pendant le jour ; la nuit, elles étaient toutes closes''.
C'est sans doute à cette époque, ou même plus tôt, au lendemain de Poitiers, que la municipalité parisienne ht commencer les grands travaux, ([ui mirent la ville non seulement à labri d'un coup de main, mais en état de soutenir un siège. Sur la ri\e droite de la Seine, Paris avait débordé depuis longtemps, et de tous côtés, la vieille enceinte de Philippe-Auguste ; on laissa subsister cette enceinte, et on en construisit, beaucoup plus au nord, une seconde, concentrique à la première. Elle était formée d'une muraille continue, précédée d'un fossé, et des
pour aler on ciwoicr à Paris, à une assemblée (pi'ii y cnlcnJciil faire aus oltavcs de Pasques prochaines \enans ou cnxinui. El comme nous aions entendu certainement que la dite assenil)léc n'est pour le prolïit de nous, ne de nostrc royaume, nous V(julons et NOUS mandons, sur tonte Tamour que vous avez à nous et sur toute la foy et la loyauté en quoi vous nous estes tenuz,quc à la dite assemblée vous ne voisiez ne cnvoiez, pour quelque mandement que vous aiez eu ou aicz sur ce des dessus nommez, car à leurs mandemens ne voulons-nous que vous obéissiez en ce, ne en autres choses, en aucune manière, ne aussi à mandement que nostre très chier lilz le duc de Normandie, dalpliin de Viennois, vous envoie sur ce, car nous sommes bien certains, car {sic : que) ce ne \icnt pas de la franche et pure volonté de nostre dit filz, mais à l'instance importune des dessus nommez, et, ou cas que vous y auriez desja envoie, nous voulons et vous mandons que vous rappeliez le pooir de ceulz que vous y avez envolez, et les contrcmandez à retourner tantost de^crs vous, si que il ne soient à la dite assemblée, car nous ne le voudrions en aucune manière. Donné à Bordeaux leviii jour d'avril. — Yvo. » Au dos : « A noz 1res chers et féaux subgiez etamisles bourgois et habitans de nostre ville de Montpellier ». (Arch. comm. de Montpellier. — Fonds du Grand Charlrier, D, Xl\. — Original sur papier).