Gr. Chron., VI
!^. Acte d'accusation, n" 78 : « Item, que le dit Coq s'enclina devers Monseigneur (après le congé donné aux Etats en no\embre i35(i), et pour ce qu'il se sentoit bien coupable, li supplia que se il avoit dit ou fait aucune chose qui li despleust, il li vousist pardonner. Et entre les autres choses, mons. le duc li dist qu'il s'en alast en son eveschié ».
5. Or. Chr., \'l, 60 : « Et s'en ala le dit evesque de Laon en son eveschié, car il veoit bien que il avoit tout honny ».
3l8 LES ÉTATS GÉNÉR.VUÎ DE l356 ET DE iSÔ^
leurs pouvoirs comme expirés, confirma plusieurs de leurs jugements, en réforma un plus grand nombre, rendit la liberté à la plupart des seigneurs qu'ils avaient poursuivis, remit en place presque tous les officiers qu'ils avaient cassés, et renvoya au Parlement la connaissance des nombreuses causes qu'ils n'avaient point eu le temps de terminer » ^ Les Grandes Chroniques, après avoir relaté l'entrevue du dauphin avec le prévôt, ajoutent : « Et des lors chevaucha le dit Monseigneur le duc par aucunes bonnes villes et leur fist requeste en sa personne, tant de avoir ayde d'euls comme de autres choses. Et du fait de sa monnaie leur parla, le quel li avoit esté enipeschié, si comme dessus est dit dont les dessus diz gouverneurs des trois estaz furent moult dolens » -. On a donc admis unanimement, sur la foi d'un texte, il est vrai, des plus explicites, que le dauphin avait cherché en province un point d'appui contre les Etats, que, par son habileté et sa bonne grâce, il avait reconquis toutes les sympathies et obtenu même quelques subsides. L'itinéraire du prince est suffisamment connu, pour permettre de redresser une des rares erreurs matérielles, commises par le chroniqueur officiel de Charles V. Le dauphin n'a fait, au cours de l'année 1857, qu'un seul déplacement de longue durée. Au commencement du mois de mai, après la deuxième session des Etats, il s'est rendu à Rouen et a parcouru toute la Haute-Normandie, à petites journées, puisqu'il n'est revenu dans les environs de Paris qu'à la fin de juillet, quelques jours après la Madeleine, à un moment où les députés s'étaient sans doute déjà séparés ^. En août et en septembre, il a
1. ÎS. Valois, op. cil., !\'a et n. 7. — Voici les termes mêmes employés dans divers arrêts, cités par M. A'alois : « Olllcio dictorum reformatorum functo et omnibus eausis coram ipsis reformatoribus devolutis et pendentibus pênes Guriam nostram, virtutc certarum carissimi primogenili Karoli, ducis Normannie dalphinique Viennensis ac nostrum locum tenentis, litterarum, super hoc confectarum, audiendis, et fine debito terminandis remissis... »
Pour le rétablissement des officiers destitués, voy. Gr. Cliron., VI, 60 : « Et furent presque tous ceulz qui avoient esté mis hors de leur offices remis en leur estaz, excepté les nommez xxii, jasoit ce que aucuns d'iceuls n'en laissassent onques leurs estas w. Entre le mois d'août et le mois de décembre 1857, un assez grand nombre de nominations furent faites pour compléter la Grand'Chambre du Parlement et la Chambre des enquclcs, où le travail d'épuration des réformateurs avait occasionné de nombreuses vacances (Bibl. nal.. Parlement, t. 12 ; Nouv. acq. fr., t. 2113).