Elles ne mentionnent pas cette session
0. Ord , IV, i83, art. 5. — Instructions des Etals généraux pour la le\ée du subside, approuAces par le dauphin. « Hem. Les termes de payements sont ordenez, quant aux églises et nobles, à payer de deux moys en deux moys, la sixième partie de la ilite aide, commentant l'an le premier jour du moys de mars, et le premier payement pour deux moys, le premier jour d'axril ensui\anl, telle monnoye comme il courra aux jours de payements ».
7. Bibl. nat., Fr. 20701, n° 3o8. — Proclamation faite en Normandie par l'ordre du duc et des généraux élus sur le fait des aides (Texte dans Goville, op. cit., p. Gi-62).
8. Gr. Chr., VI, Sg : « Environ la Magdalene ensuyvant, les ordenez par les in estaz, tant du grant conseil, des generavilz sur le fait du subside, comme les reformateurs, commencierent à décliner et leur puissance à apeticier ». Si l'on ne savait pas par ailleurs qu'il y eut une troisième session vers le 22 juillet, on ne le déduirait pas de cette phrase si vague, ni de ce qui suit.
3l6 LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE I 356 ET DE l357
au-dessous des prévisions les moins optimistes *. Les nobles et les gens d'église, qui ne s'y étaient jamais soumis qu'à contre-cœur, refusèrent tout net de la payer -. Les députés des bonnes villes ne demandaient qu'à suivre cet exemple; la résistance des trois ordres fut unanime. Elle tenait, pour une bonne part, aux agissements des u réformateurs » 3, qui avaient excité bien des colères, par leur rudesse, leur (( iniquité » même, car il se peut qu'ils n'aient pas été sans reproche^. Leur impopularité rejaillit sur les membres du Grand-Conseil, que la pression des Etats y avait fait entrer, sur les généraux pour le fait des finances, sur les Etats eux-mêmes. Une défection enleva aux meneurs un de leurs plus fermes appuis : l'archevêque de Reims, Jean de Graon, déserta leur cause et fut désormais le principal conseillerdu dauphin ^. Ce changement est souligné d'une façon significative par le langage du Pape, habitué sans doute déjà à recourir aux bons offices de l'archevêque de Reims, — comme à ceux de Robert le Coq ou d'Etienne Marcel 6 — , mais qui lui écrit, dans les premiers jours d'août, en des termes d'où il ressort qu'il le tient pour l'arbitre de la situation '. C'est
1. Gr. Chr.. \\, 59 : « Car leur finance ne fu pas si grant comme ilz avoient promis de plus de x pars ». Ceci veut dire, si je ne me trompe, que le rendement de l'imposition fut inlûrieur des cinq sixièmes (dix douzièmes) aux prévisions.
2. Ibid. : « ... et les laissiercnt les nobles, et ne vouldrent point paicr, ne les genz de l'église aussi ».
3. Ibid. : « Et aussi pluseurs des bonnes villes qui cogneurent et apparceurent l'iniquité du fait des diz gouverneurs principauls, qui estoicnt x ou xii ou environ, se départirent de leur fait et ne vouldrent paicr ».
!i. On peut leur appliquer, semblc-t-il, ce que les Gntndes Chroniques disent d'une manière générale des <.< gouverneurs principaux ». Voy. la note précédente.
5. Gr. Cliron., \l, Oo : « Et l'arcevesquc de Reins, qui par avant avoit esté un des plus grans maistres, fist tant que il fu principal au conseil de monseigneur le duc ».
G. A propos de l'invasion de la Provence par les bandes d'Arnaut de Cervole. Voy. Reg. Fa<(c., 2.39, fol. 73'° (Villeneuve, 24 mai i357) : « Venerabilibus fratribus Johanni, archicpiscopo Remensi, et Roberto, episcopo Laudunensi etc.. discretionem vestram monemus, requirimus ethorlamur, illam attenlius deprecantes ac obsecrantes per viscera misericordie Dei noslri, quatinus, vocatis dilcclis filiis preposito mercatoram Parisiensi et aliis de quibus expedire videbitur, pro tolienda hujusmodi novitalo, oui credimus et cerli sumus prudcntiam vestram non dédisse consilium, tam apud eundem ducem quam alias, pro nostra et apostolice Sedis reverentia et publiée iitililatisintuitu, adhibeatis cum omni efficacia et celeritate remedium oportunum... »
7. Beg. Vatic., 239, fol. 181 : << Venerabili fralri Johanni archiepiscopo Remensi. — Gaudemus, frater, quod omnipotens Dominus tibi largitus est spiritum cogitandi r[ue recta sunt et agendi, gaudemus quod non est in ore tuo verbunl Domini alligatum, gaudemus quod, sicut habet fidedigna relatio, in conspectii dilecti tllii nobilis viri Caroli, primogeniti carissimi in Chrislo filii nostri Johannis régis
RÉACTION CONTRr: LOIVUI. DES KTATS 817
peut-être à l'instigation de Jean de Craon, que le daupliin montra une fermeté, justifiée par un ensemble de circonstances, qui ne nous sont pas toutes connues. ^ ers le milieu du mois d'août, — serait-ce à la suite d'élections où il avait cru voir une diminution de l'influence de Marcel ? • — il manda auprès de lui le prévôt îles marchands, Charles Toussac, Jean de l'isle et (lilles Marcel, c'est-à-dire les vrais maîtres de l'Hôtel-de-Ville. Paris avait, en elTet, depuis quelques semaines, son (( H6tel-de-VilIe », la « Maison-au.v-Piliers », située sur la place de Grève et acquise de Jean d'Auxerre -. Le prince signifia aux représentants de la municipalité parisienne qu'il entendait gouverner par luimême et n'être plus tenu en tutelle. 11 leur faisait donc défense de se mêler ilorénavant du gouvernement du royaume, en substituant leur propre autorité à la sienne ^.
Marcel et ses compagnons durent se retirer assez décontenancés, car l'évêque de Laon, qui n'était pas un timide, jugea la partie perdue et, se ressouvenant d'une première injonction à laquelle il n'avait pas obéi'*, se hâta de regagner son diocèse •"'.
Le même vent de réaction balaya les a réformateurs o, au moins pour un temps. Dès le mois d'août également, le dauphin u considéra
Francorum illusiris, ducis \ormiinnic, ad ciijus es assumptus consilia, non que placeanl sed que expédiant loqiieris, non (juc blandiantiir liuraanis alTectibus promoves, sed que divine voluntati grala cognoscis, yaudeinus quod mérita tua et ipse idem Deus ineritorum hujusinodi distribator te duci adinoduin gratuin reddunt, etc. ».
1. Je risque cette hypothèse avec une cvtrèine réserve. La date traditionnelle pour le renouvellement de l'échevinage et du Conseil de ville a été de très bonne lieure (dès i^iS), le 16 août, le lendemain de la « mi-août ». Je ne saurais affirmer que cet usage fût déjà constant au milieu du xiv' siècle.
2. La M Maison aux Piliers » avait été donnée par le dauphin, au mois d'octobre i35C, à Jean d'Auxerre, « conseillicr de nostre dit seigneur et père, et le nostre, etbourgois de Paris ». (Le Roux de Lincy, Hist. de l' Hôtel-de-Ville de Paris, Appendices, p. !i, n° 3). Elle fut vendue à Etienne Marcel, prévôt des marchands, et aux échevins de Paris, par ledit Jean d'Auxerre et sa femme, le 7 juillet 1857, pour le prix de 2880 livres. Le dauphin confirma la vente par lettres données au Chateau- Gaillart, le même mois (Félibien, Hist. de Paris, III, 274-277).