Arch. nat., JJ. 107, fol, 05, n' i'i3 (;!(j juin i
2. « Le 3 février i337 », dit le P. Anselme (f, acjy) qui, en général, ne ramène pas les dates au slyle moderne. D'ailleurs, comme je l'ai noté ailleurs (Bibl. de l'école des Chartes, t. XIV [1903], Date de la naissance de Charles V, p. 97, n. 5), il ressort des comptes de la Commanderie de Saint-Denis que le frère aîné de Jeanne, Louis, — « le bon duc Louis », — est né, non point le .'i août 1337, suivanU'opinion traditionnelle, mais entre le i" juillet i33(3 et le i" juillet i337. Dans ces conditions, il paraît impossible de faire naître Jeanne le 3 février i337, et il faut la rajeunir d'une année.
3. Il résultait de ce fait une affinité spirituelle, qui niellait obstacle au mariage entre les deux enfants. Il fallut une dispense de l'autorité ecclésiasli(|ue pour lever cet empêchement ; elle fut donnée par l'archevêque de Lyon, Henri de Villars, en vertu d'une commission spéciale du pape Clément \'I (Arch. nat., P. 1367', n" iô^q.
- Romans, 2 août iS^g).
i. iMontreuil-sous-Bois ; Seine, arr' de Sceaujx, c"" de Vincennes. — « Donné en la dicte ville de Monstercul », dit (Jharles V dans ses lettres de 1370, déjà citées.
5. Hist. de France, III, p. 180-181. « Pour se figurer cette royauté, il faut voir Vincennes, le Windsor des Valois. Il faut le voir non tel qu'il est aujourd hui. à demi rasé; mais comme il était quand ses quatre tours, par leurs pont-levis, vomissaient aux quatre vents les escadrons panachés, blasonnés, des grandes armées féodales, etc. «.
6. Annals of Windsor being a hislory of the castlc and towii etc. by Robert Richard Tighe and James Edward Davis. London, Longman and G", i858, 2 vol. in-8°.
lO LES ANNEES D ENFANCE
bonne heure, Vincennes n'a échappé à la deslniction qu'au prix de regrcltables mutilations. Les seules parties qui en subsistent aujourd'hui ne donnent pas la forte impression de Windsor, toujours vivant, et de si grand air avec sa massive tour ronde, dominant les constructions de di\ers âges, où les dynasties successives ont laissé leur empreinte.
De la résidence royale où naquit Charles, on ne sait à peu près rien'. Le (( manoir » proprement dit, bâti peut-être par Philippe-Auguste et tout plein encore du souvenir de saint Louis, était sans doute réservé au Roi lui-même. Il n'est donc pas probable que son pelit-fds y ail vu le jour; il adù naître plutôt dans une dépendance de l'habitation principale, (» la Conciergerie», qui, à certaines époques tout au moins, servit à loger le duc de Normandie -. Quoiqu'il en soit, le « Bois de Vincennes », (( le Bois », comme on le disait plus brièvement, n'offrant que les ressources d'un rcndcz-vousde chasse, agrandi etlransformé, ne suffisait plus aux besoins d'une couraussi fastueuse que celle de Philippe de Valois. L'année qui précéda la naissance de Charles, le roi de France faisait commencer les fondations d'un château. — le donjon actuel, — dont l'achèvement devait être l'œuvre de ses premiers successeurs. En effet, lorsqu'il mourut, l'édifice ne s'élevait pas encore au-dessus du sol. Rentré de captivité, Jean 11 lit continuer les travaux, qui furent poussés activement, puisque à l'avènement de son fils, en i36^, deux ou même trois étages étaient terminés. Ces détails et ces dates sont fournis par une inscription, reproduite dans les Anliquilcs de Paris, de Dubreul, et qui ne supplée qu'imparfaitement au défaut de documents plus explicites 3.
1. Jacques du Hrcul, Le Ihéàlrc des Anli(]uite: de Paris... Paris, lOSg, iii-V, p. ioii-)oi5 (^'oiI■ surloiU l'inscriplioii de Pli i lippe Ogier, p. loii-ioia); — Lebciif, Hist. delà ville el de tout le diocèse de Paris, t. II, Paris, i883, in 8", p. 4o3 et suiv. ; — Aubin-Louis Miilin, Antiquilés nationales ou recueil général des monuments pour servir à l'Iiisloire générale el [tarticulicrc de l'Empire français, elc. t. Il, Paris, 1791, art. x.
2. Arch. nat., RK, 7, fol. i3 v° « ... pour une araignc de fer qui fut mise en la chambre de .Mons. le duc en la Conciergerie du Bois, par mandement d'icelui seigneur donné xxvii' d'octobre CCGXLIX... «
3. « Premièrement Philippes Roys, « Fils Cbarles, comte de Valois,
« Jusques sur terre la fonda lia tour)
'< L'an mil trois cens trente trois f[uatrc (i337).