‹ Histoire de Charles VChapitre 264 sur 381 · Gr. Chr., VI, G · texte numérisé non relu

Gr. Chr., VI, G

8. Ibid. : «. ... et là parlèrent assez pou ensemble et après se départirent... » L'édition imprimée donne une leçon, qui dit presque le contraire : « ... et là parlèrent assez ensemble et pou après se départirent ».

33o LA DÉLIVRANCE DU ROI DE NAVARRE

Le dimanche, 3 décembre, c'est-à-dire le lendemain, le Conseil fut assemblé de nouveau, comme il était convenvi <. La composition en avait été modifiée arbitrairement par Robert le Coq. qui y avait appelé, semble-t-il, des hommes nouveaux, sur la complaisance desquels il pouvait compter-. Néanmoins, en dépit des précautions prises, comme il avait été impossible d'éliminer du Conseil tous les bons serviteurs, (( les prudhommes ». dévoués au Roi et à son fils, il était à craindre que leur présence n'alTaiblît la majorité ou n'encourageât le dauphin à la résistance. Aussi, l'évêque de Laon s'étail-il prémuni contre ce danger, en cherchant au dehors des auxiliaires, dont l'intervention brutale pèserait d'un poids décisif dans la balance ^.

Pendant que les conseillers délibéraient, Etienne Marcel, Robert de Corbie, Jean de l'Isle et quelques autres vinrent frapper à la porte de la chambre et demandèrent à être introduits auprès du duc de Normandie ^. Ils motivèrent leur venue d'une façon assez peu satisfaisante. Les députés des bonnes villes, dirent-ils, désirent s'en retourner, mais après avoir « fait leur réponse » ; il faut donc que le duc ordonne à tous les nobles qui sont à Paris de se réunir le lendemain, aux Cordeliers, avec les représentants des bonnes villes, pour arrêter d'un commun accord les termes de la réponse ^. Ce n'était là qu'un prétexte banal, une simple entrée en matière, comme on le vit bientôt.

Le prévôt des marchands et ses compagnons ayant été invités par le dauphin, à l'instigation de Robert le Coq, à assister à la séance du Conseil, la délibération continua. Elle se termina par l'acquiescement à tout ce que réclamait le roi de Navarre ; aucune de ses demandes ne fut écartée. Comme le duc de Normandie s'y résignait d'assez mauvaise grâce, sans doute, Etienne Marcel se permit de lui dire : « Sire, faites amiablement au roi de Navarre ce qu'il vous requiert, car il convient que cela soit fait » ^. Et pour que la postérité ne put se méprendre sur

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