Gr. Chr., VI
6. Gr. Chr., VI, 69 : « ... et si li fu dit par le dit prcvosl, en disant son oppinion : « Sire, faites au rov de Navarre amiablement ce que il nous requiert, car il convient
IIHCONCILIATK»' 1)1 DAII'IIIN AVKC LK HOI Pi: VAVAnUE 33 I
le sens de celte insolente sommation, rinspiratenr des Grandes C/ironujiies, Charles Y lui-même, a voulu qu'un bref commentaire expliquât la phrase de Marcel : « C'était comme si le prévôt avait dit : (( Cela sera fait, que vous le veuillicz ou non d •.
En consé(picncc. et de l'avis du Conseil, il fut ordonné ^ :
)" Que le roi de Navarre aurait, c'est-à-dire recouvrerait, les terres, châteaux, villes et forteresses qu'il tenait au moment oîi il avait été pris, avec tous les joyaux et biens-meubles qui se trouvaient sur les dites terres et dans les dites villes ou forteresses. Pareille restitution serait faite à ses adhérents ^ ;
2" Que le duc de Normandie pardonnerait au roi de Navarre et à tous ses partisans leurs méfaits envers le Koiet le royaume de France '•. Jean de Picquigny et ses complices étaient nommément compris dans l'amnistie ^ ;
3" Que le comte dllarcourt, le seigneur de Graville, Maubuc de Mainemares et Colin Doublel, que le roi de France avait fait décapiter, en sa présence, et dont les corps avaient été ensuite traînés et pendus au gibet, seraient « dépcndus/>a6//V/«tv7it7j/ » ^, quoique « sans solennités » ' et rendus à leurs amis pour cire inhumés en terre bénite.
qu'il soit fait ». La phrase s'arrête ici dans le man. fr. 281 3 : le mol ainsi n'y figure pas, comme dans l'édition imprimée: il aura été mai lu, par suite d'une confusion avec le mot aussi qui commence la phrase suivante.
Comme l'a dit spirituellement Perrens, le prévôt des marchands avait, « par ces paroles, jeté l'épée du Gaulois dans la haiance » {Op. cit., p. 1G7).
1. (îr. Cliron., \ï, Cx) : « Aussi comme se il vousist dire : il sera fait, \ ueilliez ou non ».
2. Ibid., p. O9-70 Les conditions du « traité » ou de « l'accord » ont été consignées dans des lettres du dauphin, en date du 12 décembre iSSy, transcrites ellesmêmes dans la commission d'Amaury de Menlan, chargé de faire exécuter le traité (Arch. nat., JJ. 8y, fol. 128, n' 281J. — Impr. par Secousse, Recueil, 05-67). Les Grandes Chroniques ne résument pas très fidèlement la lettre du traité. Je me suis efforcé de combiner les deux textes, entre lesquels il n'existe pas, d'ailleurs, de divergences inconciliables.
3. Les Grandes Chroniques ne parlent pas des restitutions à faire aux « adhérents » du roi de Navarre.
!i. Les Grandes (Chroniques forcent beaucoup le sens du traité. Le roi de Navarre et ses adhérents ne sont présentés nulle part, dans le traité, comme des coupables sollicitant leur pardon. II y aura, entre le dauphin et le roi, « bonne, vraie et loyale amour et union ferme et perpétuelle », et sur ce les deux princes échangeront des lettres, écrites de leurs mains, scellées de leurs sceaux, qui seront remises en garde aux (( reines », jusqu'à ce que l'exécution du traité soit parfaite.