Gr. Chr., VI, 71 : « .. un pou avant prime
h. Ibid. : « Item, durans ces choses, vindrent certaines nouvelles à Paris que le traictié entre les roys de France et d'Angleterre estoit parfait, et que Hz estoient à acort ; et disoit l'en communelment que le roy de France seroit assez tost eu France ».
334 ï A déltyranck du roi de Navarre
Charles le Mauvais fit à Mantes un séjour de quelque durée *. C'est dans cette ville que, le jour de Noël, il reçut à sa table les capitaines des châteaux et forteresses de Normandie, tenus par les « ennemis du roi de France » -, c'est-à-dire les mêmes aventuriers, dont les bandes mercenaires, aux gages de Philippe de Navarre, avaient jeté l'effroi dans Paris moins d'un an auparavant ^. La trêve de Bordeaux n'avait fait qu'accroître le nombre et l'audace de ces brigands, qui déjà, comme nous le verrons un peu plus loin, se montraient à quelques lieues à peine de la capitale du royaume '*. Charles le Mauvais, ayant traité avec leurs chefs, les prit à sa solde ^.
De Mantes, il restait en relations suivies avec l'évêque de Laon, qui lui révélait le secret de toutes les délibérations du Conseil, où rien ne se faisait qu'il ne l'eût ordonné, car il gouvernait absolument le dauphin^, et se servait même de lui pour briguer, sans succès d'ailleurs, le chapeau de cardinal '. Ce double jeu, oii il apportait une grande dextérité et une complète absence de scrupules, n'avait pas laissé que de choquer les contemporains. Ils avaient trouvé une comparaison pittoresque pour caractériser la conduite du prélat, en disant qu'il était (( la besagûe qui liert des deux bouts » ^, l'outil ou l'instrument qui taille par les deux bouts.
Malgré le zèle de ses amis, le roi de Navarre ne parvenait pas à faire exécuter toutes les clauses du traité qu'il avait imposé au dau-
1. Il partit de Paris pour Mantes, le i3 décembre, « le jour de la sainte Luce ». Il passa la fêle de Noël dans cette même localité et ne fit son entrée à Rouen que le 8 janvier i358 (^;r. Chr., VI, 71-73).