I.A l'nnMIliRE EDUCATION I
de lui une mission de confiance '. Le jour de la bataille de Poitiers, il sera l'un de ceux à qui le roi de France commettra la garde de son fils aîné -. En somme, — et sans parler de ce qu'il a pu apprendre du sire de JSaint-Venant, dont le rôle était de faire de lui un chevalier, — Charles V a dû peu de chose à ses éducateurs. A ce point de vue, l'absence même de renseignemenis précis n'est pas sans signification. C'est sponlancment que s'év-eilla, chez leRoi,legoùlde l'étude ou de la lecture, favorisé, après son avènement au trône, par l'affaiblissement graduel de sa santé et l'existence sédentaire à laquelle il fut dès lors condamné. Ses souvenirs d'enfance ne lui rappelaient rien qui put le détourner des occupations studieuses. Son grand-père, Pliilippe de Valois, faisait cas des beaux livres 3. Le roi Jean les recherchait également ; il témoigna dans maintes circonstances de sa bienveillance pour les lettrés, notamment pour Pétrarque, qu'il aurait voulu attirer à Paris ''. Jeanne de Bourgogne, la première fenmie de Philippe VI, avait reçu une culture très supérieure à celle des princesses de son temps -K Elle aima les livres et protégea les savants '^.
De nombreux clercs, — secrétaires ou chapelains pour la plupart, — vivaient alors dans la domesticité royale ou fréquentaient la Cour, qui furent des esprits ingénieux, érudits, encore que leur notoriété tienne
1. Arcli. nat., IvK. 8, fol. g (i"comx)te, incomplet, d'Et. de la Fontaine; i35ii352) : « Pour les dons du daupliin.... iiour faire et forgier pour nions, de Sainl- Venanl el pour les iui chambellans de nions, le dauphin, et par son commandement, pour chascun un anel d'or à l'Esloille (à l'occasion de la fête de l'Etoile et de l'institution de l'ordre chevaleresque du même nom). » En i355, le sire de Saint- Venant accompagne le dauphin en Normandie. Le 20 juin, le prince lui fit prêter, par le trésorier des guerres, la somme de 000 1. t. Il le qualifie « nostre amé et féal chevalier et conseiller le sire de Saint-Venant ». (Bibl. nat., Fr. 25701, n° i4.) Au mois de février i358, « le commun de Paris » le recherchait ijour le faire périr. Evidemment, on voyait en lui l'uades principaux conseillers du dauphin. 11 n'échapi)a à la mort que par la fuite {Récits d'un bourgeois de Valenciennes, p. 2g'i).