‹ Histoire de Charles VChapitre 271 sur 381 · Gr. Chr.. VI · texte numérisé non relu

Gr. Chr.. VI

2. Ibid., p. 72. — Le mol effroi est s\irtout courant à l'époque de la Jacquerie, mais on le rencontre bien plus tôt. Cf. Bibl. nat., Fr. 26.001, n° 544 : « ... pour l'effrey des ennemis de Bretaigne... » (Compte de la vicomte de Vire pour le terme de Pâques i356) ; Fr. 25701, n° 121 (Paris, i5 déc. 1357) : « ... paiement de genz d'armes qui ont faictes certaines chevauchées pour l'effroy des ennemis qui estoient venu, si comme on disoit, environ Moret, et aussi pour visiter certaines fors maisons estans environ Provins, où l'en disoit avoir gens d'armes, qui s'i estoient bouté couvertement pour domagier le pays.., »

3. Gr. Chr.,\l, 72 : « Et en ce temps le dit duc de Normandie fist grant semonce de gens d'armes, pour estre à Paris et es villages environ au dit x\' jour... » L'édition de P. Paris porte à tort : (( ... audit vingt-deuxiesme jour... », leçon qui ne se justifie par rien. Le « xx" jour » ne peut pas être le 20 décembre; il s'agit, selon toute vraisemblance, du « vingtième jour après Noël », date à laquelle devaient s'assembler de nouveau les trois Etats, congédiés au commencement de décembre.

Le Daupbiné fournit un contingent important d'hommes d'armes. Voy. un mandement du dauphin, du 12 mars i358 : « Gomme, par nostre mandement, certaine quantité de gens d'armes, jusqiies au nombre de quatre cens quarante paies ou environ, soient venus de nostre Dalphiné à Paris pour la defTense du royaume, souz le gouvernement de messire Jehan de Grollée, messire Artaut de Biausemblant, messire Hodebert de Chastiauneuf, messire Guy de Vinay, messire Jehan de Vergy et messire Didier de Chascenaige, chevaliers, capitaines des dites genz d'armes, et aient servy l'espace d'un mois nagaires passé, tant à Galardon comme ailleurs, et encores servent depuis le dit mois passé etc. » (Bibl. nat., Clairambault, CL\A', n° i5). Cf. aussi, aux Arch. de l'Isère, le 2° compte de Philippe Gilier, trésorier du Dauphiné, fol. 56.

Zi. Gr. Chr., VI, 72 : « ... et disoit (le dauphin) que c'estoit pour rebouter les diz ennemis qui estoient eotour Paris. Mais pluseurs, par especial ceuls de Paris, cuidoient que Mons. le duc feist la dicte semonce pour les grever, et par pluseurs foiz li en parleront ».

l'aoitation aÉvoMTiowwiRE 337

faire l)onne garde aux portes de la ville, et les hommes d'armes n'y purent pénétrer, que s'ils étaient personnellement connus '.

III. — L'année i358, qui devait être une année sanglante, commença en pleine agitation révolutionnaire. C'est dans la première semaine de janvier que les meneurs de i'Hôtel-de-Ville imaginèrent de prendre et d'imposer à tous, comme signe de ralliement, le chaperon aux couleurs de la ville, « parti de rouge et de pers », c'est-à-dire rouge et bleu '-. Cependant, les brigands continuaient à commettre les mêmes excès, pillant les habitations, arrêtant les u bonnes gens », et resserrant graduellement le cercle d'investissement 3.

Le jeudi, 11 janvier, le dauphin, las de se heurter toujours au mauvais vouloir de ceux qui auraient pu lui fournir les subsides indispensables, eut une inspiration heureuse, dont le mérite revient, semble-t-il, à quelqu'un de ses conseillers'*. Il résolut de s'adresser directement au peuple de Paris, au u commun », comme le disent les Grandes Chroniques, de lui exposer ses embarras, en dénonçant les manœuvres de ses ennemis. Il fit donc savoir que, ce jour-là, il se rendrait aux Halles, et y prendrait la parole. L'évêque de Laonet le prévôt des marr chauds s'émurent de cette détermination; ils s'efforcèrent d'en détourner le dauphin, lui représentant qu'à vouloir affronter ainsi le contact de la multitude, il s'exposait à un grave péril "'.Charles ne se laissa pas ébranler par ces conseils intéressés ^. Il vint aux Halles, comme il

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