‹ Histoire de Charles VChapitre 273 sur 381 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

k. Gr. Chr., VI, 7- : « ... fu conseilUé que il parlast au commun de Paris ».

5. Ibid. : u Et quant l'evesque de Laon et le prevost des marchans le sçorent, ilz le Guidèrent empeschier, et distrent à monseigneur le duc que il se vouloit mectre en grant péril de soy mectre entre tel peuple ». P. Paris : « ... soy mettre devant le peuple »,

6. ibid. : « Neantmoins le dit monseigneur le duc ne les crut pas >>. Un des griefs de Marcel contre le dauphin, c'est ([u'il aurait cherché dans le bas peuple un point

338 LA DÉLIVRANCE Dl ROI DE NAVARRE

l'avait annoncé, « environ licrce », c'est-à-dire vers neuf heures du matin, à cheval, accompagné de six à huit personnes seulement. L'affluence était naturellement plus grande que de coutume. Le duc de Normandie, s'adressant à ceux qui l'entouraient, déclara que son intention était de vivre et de mourir avec eux. On avait prétendu qu'il faisait venir des hommes d'armes pour les piller et les molester. C'était lui prêter une pensée qu'il n'avait jamais eue. Son unique désir était de conliibuer à défendre et à proléger le peuple de France, qui avait tant à soull'rir depuis que les ennemis s'étaient répandus dans tout le royaume. Ceux qui avaient mis la main sur le gouvernement n'apportaient nul remède au mal. Désormais, il entendait gouverner par luimême et chasser les ennemis de France, ce qu'il eût déjà fait s'il avait eu un pouvoir elfectifet les ressources nécessaires*. Depuis que les Etats étaient souverains, ils avaient levé force subsides dans le royaume, mais il n'en avait eu, quant à lui, ni un denier, ni une obole. 11 pensait bien que ceux qui avaient eu le maniement de cet argent en rendraient bon compte -.

Ce langage, à la fois ferme et sensé, plut au peuple qui, avec sa mobilité habituelle, se rallia, en grande majorité, au parti du dauphin-*, mais pour quelques heures à peine, car, dès le lendemain, les meneurs du parti opposé mettaient tout en œuvre pour reprendre l'avantage.

Le vendredi, 12 janvier, le prévôt des marchands et ses « alliés » firent assembler, à Saint-Jacques-de-l'Hôpital, une foule de gens, parmi lesquels dominaient leurs partisans. Dès que le duc de Normandie en fut informé, il se rendit du Palais à Saint-Jacques, accompagné de l'évêque de Laon et de plusieurs autres personnes de son entourage. Aussitôt arrivé, il donna la parole à son chancelier, c'est-à-dire au chancelier de Normandie, Jean de Dormans^, qui reprit ce que son

d'appui contre la bourgeoisie parisienne : « et se estudioit faire en la bonne cité Je Paris des nienuz contre nous grant commocion... » (Lettre à l'échevinage d'Ypres. V'oy. ci-après chap. x).

1. Gr. Chr., VI, 77-78 : « Si estoit son enlencion, si comme il disoit, de gouverner des lors en avant, et de rebouter les ennemis de France ; et n'eusl pas le dit duc tant attendu, se il eust eu le gouvernement et la finance ».

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