P. Paris : « ... viiigt septpics de loue
3 Gr. Chr.,'^yi, 7G : « Et en chascun des pilliers de ladite église avoit une grant pièce de cendal atachice. dedenz la quelle avoit iiii escuz petis des armes des iiii dessus nommez ». J'ai peut-être force un peu le sens en supposant que les piliers étaient drapés ou tendus de haut en bas ; il est possible qu'on y eût seulement attaché un lé de cendal, sur lequel étaient fixés les écussons.
!i. C'est ce qui ressort du rapprochement des Grandes Chroniques avec la Chron. des quatre premiers Valois, qui mentionne seule « l'aitre » de Saint Ouen. D'après les
CKRÉMOME nXPIATOlIlE DE ROIEN 3^5
doiilc, dès la veille, (jiril parlerail, car on était accouru en foule pour l'entendre. Son langage, d'après le chroniqueur le plus autorisé n'aurait pas différé beaucoup de celui qu'il avait déjà tenu à Paris et à Amiens', c'est-à-dire qu'il ne s'oublia pas lui même, tout en faisant l'éloge des infoitunés dont la mémoire obtenait une tardive et éclatante réparation "^. A plusieurs reprises, il les qualifia de « martyrs >» ^. Il se rendit ensuite à Notre-Dame, où la messe des morts fut célébrée solennellement par l'évcciue d'Avranclies. Après quoi, les cercueils furent déposés au charnier de la Cathédrale, en attendant leur inhumation dans la chaj)clle des Innocents '•.
Le même jour, le roi de Navarre, jaloux d'accroître sa popularité, fit asseoira sa table le maire de Rouen, « un marchand de vin de petit état », disent très inexactement les Grandes Chron'ujucs '•'.
V, — A la fin du mois de janvier, un meurtre fut commis à Paris, qui, en aucun temps, n'eut passé inaperçu, mais qui, par ses suites
Gr. Chron., VI, 76, on pourrait cnjire que Cliarlcs le Mauvais parla dune fcuclrc de l'église: « L'endemain, jour de jeudy, xi' jour du dit mois de janvier, le dit roy de Navarre fu à matin à une feneslre sur la porte de Saint-Ouen de Uouen ; et là parla à granl foison de gcnz, qui csloient alcz en la place qui est devant, pour oir le dit roy qui avoit fait savoir qu'il vouloit parler à euls... 11. — Chron, des quatre i>remiers Valois, 05 : » Et comme à Amiens et à Paris, prcscha le dit roy de Navarre, en l'etlre de Saint Ouen, à Houcn >i.
I Gr. Chr., \'I. 7^ : » ... et leur dist en substance autel comme il avuit dit à Paris... »
:). Le traité de réconciliation avait bien essayé, mais un peu timidement, de prévenir cet éclat : o ... et aussi les corps des diz décapitez, à la prière et requeste de nostre dit frère, comme dit est, seront ostez senz solemnitez, de là où il sont, par no: gen: et par eulz baillez à nostre dit frère pour en faire sa voicntc ». (.\rch. nat., JJ. 89. fol. laS, n° 381J. — Secousse, Recueil, p. 6<J-07).
3 Gr. Chr., ibid. — Jean de Vcnette, (jui relate sommairement ces faits, avec des erreurs de détails et de dates assez nombreuses, fait connaître le texte sur lequel prêcha le roi de Navarre : « Innocentes et recti [corde] adhœserunt mihi etc. » Ps. xxiv, 21 {Contin. Chron. Guill. de .\angiaco, II, aôa).
!i. Gr. Chr., ibid.
5. Le maire de Rouen, à cette époque, était Jacques le Lieur (Noël 1357-Noël i358), « d'une vieille et riche famille rouennaise qui figure parmi les pairs de la commune depuis la fin du xiu' siècle » (A. Coville, Les Etals de Normandie, p. aijO et suiv.). On ne voit pas qu'il ait jamais été marchand de vin. En i35r). il fut fait capitaine de Rouen et du fort de Sainte-Catherine, et il aurait été anobli cette même année. Innocent Vi, écrivant au maire de Rouen en mai i358, adresse sa lettre «dilecto filio nobili viro Jacobo Lelier fsic/ domicello, majori Rothomagensi » {Beg. la<.,n'24i K, ep. 166. — Denifle, La désolation des églises en France, t. II, i' p., p. 298, n. i).
3/(6 LA DÉLIVRANCE I)i: UOI DE NAVARRE
inatlcndues, vint accroître rpITervescencG des esprits Dans l'aprèsmidi du 3^ janvier, le valet d'un changeur, Perrin Marc, tua d'un coup de couteau le trésorier du duc de Normandie, Jean Baillet'. Celui-ci, s'il fauten croire Villani, aurait été frappé pour avoir refuséde payer le prix de deu\ chevaux achetés pour les écuries du dauphin'^. Il se peut que le fait soit exact, mais il est impossible d'en vérifier la réalité. L'assassin, qui avait rencontré ou attendu sa victime rue Neuve- Saint-Merry, eut le temps de se réfugier dans l'église de Saint-Merry, où il était protégé par le droit d'asile ^.
Jean Baillet, sur lequel on sait peu de chose, mais qui appartenait peut-être lui-même à une famille de changeurs parisiens '♦, exerçait ses fonctions de trésorier depuis le 27 décembre i355''. 11 avait toute la confiance de son maître ''. Le jeune prince, courroucé de la mort d'un de ses meilleurs serviteurs ", voulut le venger et n'hésita pas, pour y parvenir, à enfreindre l'immunité ecclésiastique. Dans la soirée, à une heure tardive^, pour prévenir quelque émotion populaire, il envoya son maréchal de Normandie, Robert de Clcrmont, Jean de Chalon, fils du sire de Chalon-Ârlay ^, le prévôt de Paris, Guillaume Slaise, et avec eux de nombreux hommes d'armes, pour s'emparer du coupable.
1. Gr. C/ir.,Vl, 82 : « ... fa tue à Paris d'un vallct chan;?cur, appelle Perrin Marc, qui le feri d'un coustel au dessoubz de l'espaulc, par derrières... »
2. Villani, lib. VUl, cap. x\ix ; Muratori.XI V, col. Zi84-/|85 : « Unoborgesc di Parigi vende al Dalfino di Vienna, primogenito del Rc di Francia, due suoi destrieri, e'I Dalfino comandô a un suo lesoriere chc'l pagasse. 11 borgese andô moite volte al tesoriere pcr farsi pagarc. Il tcsoricrc il menava per parole, etc. »