‹ Histoire de Charles VChapitre 279 sur 381 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

'(. Ibid. : « Et il y ot un autre coffre wit pour reprcsenlacion du dit conte de Harecourt ».

5. La « chaire » ou « chaise à dames » est une litière a\ec brancards en avant et en arrière, permettant d'y atteler dcuv bêtes de somme (juments ou mules). Les miniatures des manuscrits en ofTrcnt de nombreuses représentations. Voy. British Muséum, Addit. Man., 2i.i43, fol. /|G4'°. La miniature figure l'entrée de Charles V et de la Reine à Reims, pour le sacre. Le Roi est à cheval; la Reine dans une chaise à dames. — En 1378, l'empereur Ctiarles IV accomplit le trajet de Saint-Denis à Paris dans la « litière » de la Reine, qui n'était autre chose qu'une « chaise », portée par deux bêtes de somme (Bibl. nat., Fr 28i3. Miniature du fol. i6y).

ches. Le roi fit descendre les cercueils jusqu'au Champ-du-Pardon et arrêter les « chaises », le plus près qu'on put de l'emplacement où l'exécution avait eu lieu. Les vigiles des morts furent chantées solennellement par des religieux de divers ordres, qu'on avait fait venir à cet effet. L'office terminé, les « chaises » furent remises en marche dans l'ordre inverse de celui oii elles étaient disposées à l'arrivée. En tète venaient les deux cercueils placés sur une môme litière ; derrière étaient deux écuyers, à cheval, « armés des armes » de Maubue de Mainemares et de Colin Doublel, et enfin les amis des défunts. La « chaise » où avait été placé le corps du seigneur de Graville suivait immédiatement ; derrière et précédant les amis du mort, s'avançaient deux hommes à cheval, ayant chacun une bannière « de ses armes )), et deux autres encore sur deux chevaux, h armés l'un pour la guerre, l'autre pour le tournoi ». Le dernier de tous, le cercueil vide qui figurait la dépouille du comte d'Harcourt, était escorté par deux porteurs de bannières, deux hommes armés*, le roi de Navarre en personne et les amis du comte. Refaisant le chemin qui avait été parcouru le 5 avril i356, le cortège ne s'arrêta qu'à la petite porte du château de Rouen, près de laquelle les condamnés étaient montés sur les fatales charrettes. Les cercueils furent alors retirés des « chaises », et des chevaliers et écuyers les portèrent sur leurs épaules, comme pour de vraies funérailles, jusqu'à la cathédrale de Rouen. Le roi de Navarre et une foule immense suivaient à pied ; il était déjà très tard lorsque le convoi entra dans l'église. Le catafalque, couvert de cierges, avait trente-six pieds de long 2; à chacun des piliers de la nef, drapés d'une étoffe de soie noire, avaient été attachés quatre petits écussons aux armes des victimes '^.

Le lendemain ( 1 1 janvier), le roi de Navarre harangua le peuple de Rouen, d'une fenêtre qui s'ouvrait au-dessus de la porte de « l'aitre », c'est-à dire du cimetière de Saint-Ouen '*. Il avait fait savoir, sans

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