‹ Histoire de Charles VChapitre 287 sur 381 · Gr. Chr., VI · texte numérisé non relu

Gr. Chr., VI

35o TA DÉLIVRANCE Dl ROI DE NAVARRE

d'Essonne*, lui fit observer qu'il n'avait pas tout dit. Et il ajouta, s'adressant au duc, qu'il avait encore été délibéré que le clergé, l'Université et la municipalité parisienne se tourneraient contre celui des deux, -- dauphin ou roi de Navarre —, qui ne respecterait pas leur décision, et qu'on prêcherait contre lui dans les églises -

Cette mise en demeure, dont l'intervention du moine de Saint-Denis avait souligné le caractère blessant, précéda de peu de jours la réunion des Etats qui s'assemblèrent, comme il avait été annoncé, le dimanche, 1 1 février 3, ou plus exactement le lendemain^. (( 11 n'y vint nul noble », disent les Grandes Chroniques, mais seulement (( plusieurs des bonnes villes et du clergé »^. La session ne dura guère plus d'une buitaine de jours; elle dut être close avant le ■^ i février 6. Longtemps on n'a connu les travaux et les résolutions des Etats que par quelques lignes du chroniqueur officiel de Charles Y : « Et finalement ordonnèrent que les gens d'église paieraient demi-dixièmepour le temps avenir, pour un an. Et ceux qui n'avaient aucune chose payée pour l'an passé paieraient aussi, avec l'autre année, demi-dixième. Et les villes fermées

I, Le continuateur de Richard Lescot l'appelle « Guillelmus de Mollio •>. M. Lemoine noie à son sujet (p. 119. n. !i) que le 28 avril i357, il intervenait avec plusieurs autres maîtres de l'Université de Paris auprès des chanoines de Notre-Dame, pour obtenir la mise en liberté d'un écolier de l'Université détenu dans les prisons du Chapitre (Denifle et Châtelain, Cliartul. Univers. Paris., t. Ill, p. ^3, n° laSj).

■i. Gr. Clir.,Vl, 83 « Si dist lors le dit prieur à Monseigneur le duc que encores avoient ilz délibéré que, se il ou le dit roy de Navarre estoient refusans de tenir et accomplir leur dcliberacion, il seroient contre celui qui en seroil refusant et prescheroient contre luy ».

3. Gr. Chr , VI, 86 : « Le dymenche devant karcsme prenant, \i' de février, se rassemblèrent à Paris pluseurs des bonnes villes et du clergié, mais il n'y vint nul noble ».

!t. L'ordonnance, rendue à la suite de cette session des Etats, débute ainsi : (c Charles etc. Savoir faisons etc. que, à la supplicacion de nos chiers et bien amez les personnes de Sainte Eglise et habitans des bonnes villes du royaume de France de la Langue d'oil, qui ont darrainement esté assemblez à Paris par nostre mandement, au douziesme jour de ccst présent mois de février etc. » (P. Viollet, Les Etats de Paris en février 1358, p. 17. — Cf. ibid.. p. 5).

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