L. Delisle, Le Cabinet des man., I, i'i-i
l8 LES A.lN?it;ES D ENFANCE
trop souvent à de bien méchants vers : Guillaume de Machaut, Gacc de la Bignc, Philippe de Yitry. pour n'en point nommer d'autres '. Charles grandit, autant qu'on peut le conjecturer, dans un milieu propice à sa formation intellectuelle, beaucoup moins favorable à son éducation morale et politi(pie. Rien de ce qu'il avait vu dans son enfance ne lui apprit l'art de gouverner sagement un royaume, il eut surtout à s'inspirer de lui-même et des leçons de l'expérience, pour devenir plus tard un roi prudent, avisé, très maître de soi, et, sans jamais précipiter une décision, capable de vouloir et d'aller jusqu'au bout de ses desseins. Quels exemples avait-il donc eu sous les yeux dans sa propre famille et quels enseignements avait-il pu en tirer?
Y. — Du règne de Philippe \l, il connut à peine les dernières années, c'est-à-dire une suite de revers accablants, contraires à toutes les prévisions, et causant dans la Chrétienté comme un sentiment de stupeur -. Fondateur d'une dynastie, le premier des Valois eut d'heureux débuts. Sa politique fut parfois habile, et il n'y a pas que des pages sombres dans son histoire '^. Toutefois, cet arrière-petit-fds de Louis IX, en (pii revivait, semble-t-il, (pielquc chose de la foi profonde du saint roi '\ fut bien inférieur à sa fortune par le caractère comme par l'intelligence. Tous ses rêves ambitieux furent trompés ^, et, finalement sa légèreté, son irrésolution, et parfois la peur d'une trahison ou de
I. G. de Machaut fut pendant de longues années, et jusqu'à la mort de Jean l'Aveugle (i3/i6), le secrétaire du roi de Bohème, qu'il suivit à travers toute l'Europe. Mais même, durant cette période de sa vie, il eut de fréquentes occasions de revenir à Paris et d'y séjourner. — Gace de la Bignc était « premier chapelain » de Jean II, qu'il accompagna dans son voyage d'Avignon (i35o-i35i). Voy. Bibl.Nat., l*. O. 552, d. i2'ri3 L\ BifRC.NE, n"' a, 3, (j. — Philippe de Vilry, dont le bagage poétique est f )rt allégé, puisqu'il ne faut plus voir en lui le traducteur des. l/(''<rtHio/7)//05<'s d'Ovide mornlisées, était qualifié, en i3Vj, « maislrc des requestes de rostcl de mons. le duc [de Normandie] ». Voy. Arch. nat. KK. 7, fol. .'lA. — La biographie de ces trois personnages a été rectifiée ou complétée par M. Ant. Thomas {Les Lettres à la Cour des Papes. Extraits des archives du Vatican pour servir à l'histoire littéraire du moyeu âge, l'200 l'i'23, dans les Mélanges d'archéol. et d'histoire publiés par l'Ecole franc, de Rome. Rome, i88i, in-8°, p. o;-;")^, G8-G(j, 76-8G, du tirage à part).
I. S. Liice, ///.s/. </(■ Bertrand du Guesclin et de son époque. Paris, 1876, in-8°, p. l'iG. — II. Dinille, La guerre de Cent ans et la désolation des églises en France. Paris, Picard, 1899, in-S", p. i35.