Gr. Chron., ibid. : « Sire vous n'avez garde
MEURTRE DE REGNAIT d'aCY ET DES PEL-X MARECHAL ï 30 [
porta pondant toute la journée*. Cependant (pielqnes-uns des hommes qui accompagnaient le prévôt, saisissant brulalemenl les cadavres des maréchaux, sans égard pour le duc, témoin de ce dernier outrage, les traînaient jusque dans la cour du Palais, où ils les abandonnaient devant le perron de marbre, au pied des degrés. C'est là que les deux corps demeurèrent, « étendus et découverts », jusqu'à ime heure avancée de la soirée, sans que nul osât y loucher'-.
Du Palais, Etienne Marcel se rendit à la place de Grève, où s'élevait la (( maison de la ville », 1' a Hôtel aux Piliers », devenu la propriété de l'échevinage parisien. Le prévôt se mit à une des fenêtres de l'IIôtel-de- Ville et harangua la foule qui couvrait la place. Il dit que ce qui avait été fait l'avait été pour le bien du royaume, ceux qu'on avait tués s'étant montrés a faux, mauvais et traîtres ». Il demanda au peuple (( de le porter et de le soutenir », car, comme il le répéta, il n'avait eu en vue que le bien du royaume. Et aussitôt plusieurs des assistants s'écrièrent, d tout d'une voix >>, qu'ils avouaient la conduite du prévôt, et étaient prêts à vivre et à mourir avec lui ^.
Ces acclamations redoublèrent l'audace de Marcel. Il retourna au Palais, suivi de gens armés, en si grand nombre que « toute la cour en était pleine » *. 11 monta dans cette même chambre, théâtre d'un double meurtre, où le duc de Normandie se trouvait encore, muet d'horreur et de saisissement. Spectacle alTreux et (pi'il ne devait pas oublier! De ses fenêtres, Charles pouvait voir les corps des maréchaux, toujours étendus à la même place"'. Lorsqu'il fut en sa présence, le