Jean le Bel, H, 2^2 ; Froissarl, V, fjG
4. Ces Chroniques melleiit de suite dans la bouche de Marcel la phrase citée plus bas : 0 Sire ne vous ébaiiisscz pas etc. ». L'enln'e en matière ne parait pas très vraisemblable, car le prévôt ne pouNail savoir de façon certaine qu'il trouverait aux côtés du dauphin, dans sa chambre, précisément ceux dont on voulait la n;ort.
5. Kroissart, loc. cit. : • ... et li requist moult aigrement que il volsist emprcndre le fais des bcson^nes dou royaume et mettre y conseil, par lant que li royaumes qui à lui devoit venir, fust si bien gardés que tclz manières de compagnes qui rcgnoicnl, n'alaissent mies gastant ne robant le pays. Li dus respondi que tout ce feroit il volentiers, se il avoit le mise par quoi il lepcuisl faire ; mes cilz qui faisoit lever les pourfis et les droitures dou royaume, le devoit faire : si le fesist ».
G On peut noter cette addition d'un des manuscrits de Froissarl (A. 39) : « Adonc le prevost qui celle responce avoit ouye, pensa bien qu'il le disoit pour lui, car à son a^is le duc le regardait moult sus et plusieurs chevaliers qui là estoyenl » {Chron., V, 3.i).
7. D'après Jean de Venelle (p. 248}, le mol aurait été dit : « Tune dirigens verba illis sic capuciatis dlxit : a Eia, karissimi, bre\iter facile hoc propter quod hue venislis ». Qui aspicientes duos milites etc. ».
8. Contin. de Richard Lescot, 120 : « Quem (le dauphin; cum perterrilum prepositus miiltis verbis lenibus assecurasset, inCerens tamen ista verba : « Domine mi dux, nolite expavescere nam nos liabemus aliqua exequi in hoc loco », ceteris signum dédit, qui, protinus fcrali rabie etc. ».
36o LA DÉLIVRANCE DU ROI DE NAVARRE
pour pousser en avant, et plus vite peut-être qu'il ne l'aurait voulu, la populace dont il était suivi. A peine le prévôt avait-il eu le temps de dire à Charles : « Sire, ne vous ébahissez pas, quelque chose que vous voyiez, car il est ainsi ordonné et il faut qu'il en soit ainsi fait )),que les assassins se précipitent sur les deux maréchaux*. Jean de Conflans "^, frappé le premier, tombe mort sur le lit même du dauphin, et son sang rejaillit sur la robe du prince 3. Robert deClermont veut fuir * ; mais il ne trouve pour refuge qu'une petite pièce contiguë à la chambre à coucher; il y est poursuivi et tué^.
Les autres conseillers du dauphin avaient réussi à s'échapper ; il restait seul en face de Marcel et des meurtriers. Dans son effroi, il ne put que supplier le prévôt de le sauver*', car peu s'en était fallu qu'il ne fut tué lui-même '. « Sire, vous ne risquez rien o^, répondit le prévôt et il lui donna son propre chaperon aux couleurs de la ville, <( parti de rouge et de pers, le pers à droite ». Lui-même se coiffa du chaperon du prince, qui était (( de brunette noire », c'est-à-dire d'une étoffe fine et recherchée, avec un « orfroi », frange d'or ou d'argent, et le
I Gr. Chron., VI, 87 : « Sire, ne vous esbahissicz de chose que vous veez, car il est ordené et convient que il soit fait ». Et lantost que ces paroUes furent dictes, aucuns de la compaipnic du dit prevosl coururent sur monseigneur Jehan de Conflans etc. ».
1!. « Iloniinetn probuni el devotuin et bene nobilcni », dit Jean de Venelte (p. 2!nj), sans doute par opposition à Robert de Clermonl, le violateur de l'immunité ecclésiastique.
3. Gr. Chr., \ I, 87 : « ... et le tuèrent joingnanl du lit de monseigneur le duc et en sa présence ». — Jean le Bel, II, 262 : « ... cmprez luy, tant que sa robe en fut ensanglantée... ». Froissart a reproduit ce détail (V, 97).
II. « Virum strenuum in armis, sed tune incrmis erat » (Conl. chron. GiiUl. de .\angiaco, loc. cil./.
5. Gr. Chr., ibid. : « Et aucuns autres de la compaignie du dit prevost coururent sur monseigneur Robert de Clcrmont, mareschal du dit duc de Normandie, le quel se retray en une chambre de retrait du ilit ^lonscigneur le duc, mais ilz le suyvirent et là le tuèrent ».
G. Ibid. : « Et Monseigneur le duc qui moult estoit effraie de ce que il veoit, pria le dit prevost que il le vousist sauver, car tous ses officiers qui lors estoient en sa chambre s'enfouyrent el le laissicrenl ».
7. Jean le Bel, II, 262 : « ... et par aventure y eust il este tué, si on ne l'eusl mis hors la presse ».
Froissart, V, 97 : « Et en fu il meismes en grant péril ».
Dans sa lettre au comte de Savoie, le régent écrit qu'il résulte de la confession de Pierre Gilles, l'un des plus fougueux partisans de Marcel, que « lorsqu'il murtrirent noz chevaliers, comme dit est, il nous cuiderent murtrir et tuer, se Dieu plus que autre ne nous eust garanti ».