Gr. Chr., VI
5. Ibid. : « Et encores estoient les deux corps des diz chevaliers en la court du dit palais devant le dit perron de marbre, et les povoit le dit duc veoir des fenestres de sa chambre... ».
303 i-A dp:livrance du roi de >'AVARRE
prévôt lui dit de n'avoir pas de déplaisir de ce qui était arrivé*, car tout s'était fait a de la volonté du peuple», et pour éviter quelque chose de pis "^. Quant à ceux qu'on avait mis à niort, ils avaient été (( faux, mauvais et traîtres », En conséquence, il requérait le duc, au nom du peuple, de ratifier ce qui s'était fait, d'être « tout un » avec le parti populaire. 11 voulut bien ajouter que, s'il y avait matière à pardon, le prince pardonnât à tout le monde'*. Le duc fut forcé d'acquiescer à ces étranges et insolentes demandes ; il s'abaissa jusqu'à prier les Parisiens d'être ses bons amis, comme il entendait être lui-même leur ami*. En signe de celtealliance, le prévôt envoya au duc (( deux draps, l'un pers, l'autre rouge o, afin qu'il en fît faire, pour lui et pour ses gens, des chaperons pareils à ceux qu'on portait dans Paris. Le prince obéit une fois de plus. Ses serviteurs, les membres du Parlement et des autres juridictions siégeant au Palais, d'une manière générale tous les officiers royaux en résidence à Paris, prirent le chaperon, « parti de rouge et de pers », avec « le pers à droite » ^.
Ayant obtenu complète satisfaction, le prévôt donna enfin des ordres, au commencement de la soirée, pour que les corps des maréchaux, qui étaient encore dans la cour du palais, fussent portés à Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers. De pauvres valets furent chargés de cette funèbre besogne. Ils mirent simplement les corps dans une charrette à bras et les traînèrent ainsi, à découvert, jusqu'à l'église désignée. Comme personne ne s'était préoccupé de leur salaire, après avoir déposé les cadavres dans la cour de Sainte-Catherine, ils prirent le manteau de l'un des chevaliers pour se payer de leur peine. Les religieux, qui desservaient l'église, ayant peur de se compromettre, envoyèrent demander au prévôt ce qu'ils devaient faire. Celui-ci les renvoya au dauphin qui répondit qu'il fallait procéder à l'inhumation
Conl. Richardi Scoli, lac. cil.: » ... horrcndum spcctaculum de eorum cruentatis corporibus facientes... n,
Cont. Chron. Gaillelnii de .\angiaro, loc. cit. : « horribilc spcctaculum etc. », comme dans la citation de R. Lescot.
i. Sir. Chr., VI, 89 : « ... que il ne se meist point à mcsaise de ce qui estoit avenu... ».
2 Ibid. : « ... et pour pis echever... ». P. Paris : « et pour eschicver greigneurs perilz «.