MEURTRE DE REOALT D ACY ET DES DEU\ MARÉCHAUX
secrètement, ^ans snlcnnitô. Bientôt après, défense fut notifiée aux religieux, de la part de 1 evcqiic de Paris, de mettre Robert de Clermont en terre bénite, car il le tenait pour excommunié. L'enterrement des deux maréchaux se fit donc à la dérobée, sans aucune cérémonie ; il en fut de même pour Régnant d'Acy, mais son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Landry, sa paroisse*.
Bien que le roi de Navarre fût resté étranger aux tragiques événements de la journée, il était impossible que son souvenir n'y fût pas associé de quelque façon. Dans la soirée du même jour, à une hemc avancée, Marcel alla trouver la reine Jeanne et s'entretint longuement avec elle. On croyait savoir qu'entre autres choses il lui avait demandé de faire venir son neveu à Paris-.
Le lendemain matin (vendredi .î3 février), le prévôt des marchands assembla, aux Augustins, un grand nombre dhabilants de Paris, dont plusieurs arrivèrent en armes. Les députés des bonnes villes n'étaient pas encore tous repartis. Marcel fit dire à ceux qui étaient restés à Paris de se joindre à lui ; ils vinrent, assez nombreux, au rendez-vous^. L'un des principaux meneurs, Robert de Corbie. prit la parole et s'effor(;a de légitimer les meurtres de la veille. Comme le prévôt, il prétendit qu'ils avaient été commis pour le bien et le profil du royaume. Quatre personnes de l'entourage du dauphin s'opposaient, dit-il, à toutes les mesures salutaires, à « tous les bons conseils » ; c'est leur résistance qui avait empêché la délivrance du roi de France. L'Université, le clergé et la municipalité de Paris avaient tenu une réunion plénière pour aviser aux moyens de procurer celte délivrance, et une même résolution avait été prise d'un commun accord. Le Grand Conseil, consulté à son tour, et qui en la circonstance ne comprenait pas moins de soixante-quatre membres, n'eût pas été moins unanime, si l'influence néfaste de quatre opposants n'avait fait échec au bon vouloir du reste de l'assemblée '*. Mais, notent