‹ Histoire de Charles VChapitre 305 sur 381 · N. Valois, Le ijouvernement représentatif · texte numérisé non relu

N. Valois, Le ijouvernement représentatif

5. Bibl. nat., Fr. 25.701, n» i34 (22 mars i358). Mandement du régent à « Régnant de Limage, receveur député à recevoir les amendes et cxplois qui seront fais... par les generaulx commissaires députez sur le fait de la refformacion des officiers du royaume de France «, taxant les gages des réformateurs à Go sous parisis par jour : « Comme nous aiens député auec autres, sur le fait de la dite reformation, maistre Robert de Corbie, Pierre de Puisieux et Jehan Godart, etc. ». Ibid , n" i38 (Compiègne, 5 mai i358) : Mandement au même. « Comme nous [aiens] ordené ou fait dessus dit nos amés et fcaulx maistre Robert de Corbie, clerc, Philippe de Trois Mons, chevalier, conseillers de nostre chier seigneur et de nous ; maistrcs Pierre de Pui-

deuxiî:me réconciliation du iioi df. nav.vuue avec le dalpiiin 307

Le roi de Navarre n'avait consenti à une deuxième réconciliation avec le duc de Normandie qu'en posant ses conditions. L'indenmitc qu'il réclamait pour toutes les pertes et tous les dommages qu'il avait subis fut convertie en une rente perpétuelle de 10.000 livres tournois. Et alin que (( l'assiette » n'en fût pas indéQniment dilTérée, à son préjudice, il se fit céder le comté de Bigorre et les deux « jugeries de Hivièrc et de Rieux », situées dans la sénéchaussée de Toulouse*. Une con\enlion additionnelle, (pii ne se retrouve pas dans l'instrument principal, y joignit le comté de Màcon -. Enfin, sa sœur, la reine Blanche, fut mise en possession de la chatellenie de Moret, partie intégrante de son douaire, mais dont la délivrance n'avait jamais été effectuée^.

Charles le Mauvais était l'arbitre de la situation. Les saufs-conduits qu'il donnait avaient plus de valeur ([ue ceux du dauphin, et nul ne pouvait s'en passer, les progrès des compagnies ayant rendu la liJMe

sieux, advocal en parlcincnl, et Jclian Liodurt, ai'ec(fues aucuns autres et depuis

ce nous, ou lieu du dit Philippe, qui pour plusieurs besoignes louclians nostre dit seigneur et nous dont il est occupé ne puet vacquer, ne entendre ou dit fait, ayens subrogué nostre anit- et t'eal niaistre Robert Wariol... ».

On trouvera quelciues notes sur Pierre de Puisieux dans VUisl. des avocats au Parlement de Paris, p. 37G. — M. Coville a consacré une notice à Philippe de Troisnionts (Les Htafs de Xormandie, 278-281).

i. Arch. nat , JJ. 80, fol. 21, n° 00 (mars i358). Secousse, Hecueil, p. 73-7(5 : « Lettres du dauphin Charles, régent, i)ar lesquelles il donne à Charles, roi de Navarre, leconilé de Higorre et les jugeries de Rivière et de Rieux ».

Le chef-lieu de la jugcrie de Rivière était Montrejeau, Elle ne comprenait pas moins de 125 localités, situées dans les diocèses de Toulo\ise, de Lombez, de Tarbes et de Comminges (Histoire du Languedoc, t. XII, p. 334-336. Note d'A. Molinier). — La jugerie de Rieux, établie sous le règne de Pliilippc-le-Hardi, comprenait tout l'ancien diocèse de Rieux, à deux ou trois exceptions près, et des enclaves dans les diocèses de Conserans, de Pamiers et de Toulouse (op. cit., p. 336-337. Note d'A. Molinier).

2. Les Grandes Clironiques (VI, 9O) résument ainsi le nouveau traité : « Et avoit le duc acordé que le dit roy, en paiement de partie de ce qu'il devoit avoir par le dit accorl, auroit la conté de Bigorre et la jugcrie de Rivière, et la conté de Mascon, et autre terre ou pays, jusque à x" livres de terre ».

3. C'est ainsi que j'interprète le texte des Gr. Chron. fibid.J : « Et si fu accordé à la royne Blanche, suer du dit Roy, que elle auroit Moret, en acquitantde ce que l'en li devoit pour son douaire ». En effet, le château et la chatellenie de Moret faisaient incontestablement partie de son douaire, tel qu'il avait été réglé le 19 mars i35o (Arch. nat., JJ. 78, fol. b!^'"'-b^"', n" iiG).— P. Paris a imprimé : « Moret en Acquilaine ». — Moret, Seine-et-Marne, arr' de Fontainebleau, ch.-l. de c°°.

368 LA DÉLIVRANCE Dl ROI DE NAVARRE

circulation impossible ou très périlleLise'. Edouard III avait inutilement envoyé deux chevaliers pour faire évacuer les forteresses occupées par les Anglais en violation de la trêve de Bordeaux "2. Les capitaines de ces forteresses répondirent qu'ils ne les tenaient pas du roi d'Angleterre; quelques-uns ajoutèrent qu'ils les tenaient du roi de Navarre ou qu'ils trouveraient bien qui les avouât ^.

La Normandie, le pays Ghartrain, étaient infestés de brigands ; nulle sécurité aux portes mêmes de Paris.

Le 12 mars, une bande d'un peu plus de cent hommes, détachée de la garnison d'Epernon, où commandait un aventurier anglais déjà célèbre, James ou Jacques de Pipe 's vint piller la petite ville de Châtres, plus tard dénommée Arpajon, et fît de nombreux prisonniers 2. Butin et prisonniers furent mis en lieu sûr dans le château de Montlhéry, déjà occupé par les mêmes bandits ^. Ils n'avaient rencontré aucune résistance '. L'émoi causé par la prise de Châtres fut d'autant plus grand, que depuis plusieurs semaines un effort avait été tenté pour assurer la sécurité de cette région ^, et qu'une trêve, — violée ouverte-

I. Gr. Chr., Vt-, 96-97 : « Item, en tout ce temps Jonnoit le dit roy de Navarre saufz-conduiz à Paris... Et obeissoit l'eu plus aus diz saufz-conduiz que l'en ne l'aisoit à ceulz de Monseigneur le duc ». Les Grandes Chroniques reproduisent l'un de ces saufs-conduits, daté du 12 mars i358, et délivre à deux chevaliers francscomtois, Jean de Neufchâtel et Henri de Longwy, seigneur de Rahon. Voy. à leur sujet, A. Chérest, L'Archiprêlre, ii4.

a. Gr. Chr., VI, 95, — Ces chevaliers étaient Richard de Totesham et Etienne de Cossington. Ils partirent tous deux de Londres le 20 décembre iSôy. Ils furent de retour, — le premier tout au moins, — le 8 mai i358 (P. R. O , Pells Issue Rolls, 32. Edvv. m (Michaelmas), n° 221 ; 20 déc. 1357. — Exchequer Accounts, BunJlc 3i3, n° 32). — Voy. leur commission dans Rymer, III, i, 387 (3o déc. i358). — Par mandement du 28 janvier i358, le dauphin ordonne aux généraux élus à Paris sur le fait du subside pour la guerre de faire avancer la somme de 100 deniers d'or, pour ses dépens, à Jean de Saintré, chevalier, sénéchal d'Anjou, « pour conduire parmi le royaume certains chevaliers d'Angleterre qui sont venus par deçà pour le Iraitié de la paix » (Bibl. nat., P. O., 2608, d. 58.o63, Saintray, n° 2).

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