‹ Histoire de Charles VChapitre 310 sur 381 · Voyez ci-après chap, x · texte numérisé non relu

Voyez ci-après chap, x

3. Gr. Chr., VI, 97. — Ordonn., III, 3i3-2i3 (18 mars i358). Provisions de Jean de Dormans.

■3'jli LA DÉLIVRANCE DL ROI DE NAVARRE

à sa dignité de disparaître et de regagner l'Auvergne, son pays d'origine *.

A Paris la situation devenait de jour en jour plus intenable pour le régent. Aucune humiliation nclui avait été épargnée. Il portait, et tous les princes de son sang avaient été obligés de l'imiter, le chaperon de la faction victorieuse. Marcel pouvait le constater avec orgueil, sans crainte d'être démenti, en écrivant aux bonnes villes du royaume, pour leur demander de faire cause commune avec Paris et d'adopter le même signe de raUiement -. De plus grandes hontes, de plus grands périls même, étaient à prévoir. Des serviteurs dévoués formèrent le projet d'enlever le dauphin, pour le soustraire au joug qui pesait sur lui. Telle paraît bien avoir été la pensée secrète de cet écuyer, Philippot de Repenti, qui se laissa prendre à Saint-Cloud, le 17 mars, et qui, deux jours après, eut la tclc tranchée, aux Halles. Il avait comploté de se saisir du duc de Normandie, pendant un séjour que celui-ci faisait à la Noble-Maison de Saint-Ouen ; mais les Grandes Chroniques insinuent qu'il n'avait été guidé cpie par l'intérêt du prince ^. La barbarie avec laquelle il fut traité en paraît une preuve ^. Son supplice dut rendre encore plus odieux au dauphin le séjour de la capitale. 11 lui fallait un prétexte pour échapper à la surveillance dont il se sentait l'objet, et pour y échapper sans que son départ ressemblât à une fuite. Il trouva ce prétexte dans une convocation, que le roi de Navarre et lui avaient adressée à tous les nobles de la Picardie et du Beauvaisis, mandés à Senlis huit jours avant Pâques. Le dimanche des Rameaux (20 mars), il se rendait à Senlis», pour ne plus rentrer à Paris qu'en maître, et il n'y pouvait être maître que si Marcel disparaissait.

1. Gr. Chr., VI, y^. — Octave Morel, La Grande Chancellerie royale, Paris, Picard, igoo, iii-S", p. 2ii-3i2.

2. Gr. Chron., VI, y'i-'jô : » Et en vérité, le dit monseigneur le duc, le roy de Navarre et le duc d'Orléans, frère du dit roy de France, et le conte d'Estampes^ qui tous estoient des fleurs de lis, portoient les diz chapperons ».

3. Ibid., 98 : a De la mort de Phelipot de Repenti, escuier ». — c. ... pour ce que il confessa que il estoit de la compaignic de pluseurs qui avoient empris de prendre le dit duc de Normandie, régent le royaume, à Saint-Ouin, en l'ostel de la Noble- Maison, là où il estoit aie trois jours ou iiii devant. Mais pluseurs disoient que ce n'cstoit pas pour mal, mais estoit pour le mectre hors de la puissance et des mains de ceuls de Paris ».

A. Ibid. : <' ... le dit Phelippot ot la teste coppée es haies de Paris, et puis fu pendu au gibet ».

5. Ibid.. p. gij : 0 Le jour de Pasques fluries. xx\' jour du dit mois de mars, le

LE RÉf;E>T DU ROYAIME 3-5

Enlrc le régent et le prévôt, c'était désormais un duel à mort : u le glaive avait passé entre eux deux », a dit Jules Quicherat'. Marcel le sentait bien, car jusqu'à la fin, il chercha une excuse aux crimes qu'il avait fait commettre et no trouva pour les justifier qu'un mot cruel, comme toutes les révolutions en ont entendu : « deux qui sont morts étaient en si petit nombre - ! » Presque dans le même temps, le régent répondant aux ouvertures des amis de Marcel, qui songeaient à l'avenir et prenaient leurs sûretés, avait posé son ultimatum : « Jamais, tant que vivrait le prévôt, il ne reviendrait à Paris -^ ».

dit règlent fu à Scnliz là où il et le roy de Navarre avoicnl mandé par leurs lectres tous les nobles de Piquardic et de Bcauvoisins ». Cf. A. Covillc, Le Moyen âge, i;)oo, p. 52(J-53 7.

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