LETTRE DÉTIENNE MARCEL AL REGENT
guerre « les forteresses de Meau\ et de Montereau, qui liennent les rivières de Seine, de Marne et d'Yonne, desquelles votre bonne ville de Paris doit être nourrie et soutenue, — Paris que vous aimez tant, comme vous l'avez toujours dit * o. L'artillerie nécessaire à sa défense devait lui être enlevée, et pour être précisément transportée à Meaux et à Montereau-. Et qu'est-ce qui garde ces deux forteresses? Des hommes notoirement ennemis des Parisiens 3, comme le prouvent leurs lettres qu'on a interceptées, et certains propos qu'on a entendus '• : (( Sire, ont-ils dit, quiconque est maître de ce château (celui de Montereau) peut bien se vanter ([ue ces vilains de Paris sont à sa discrétion et qu'on peut leur rogner les ongles de très près-* ». Or, que le régent le sache, les bonnes gens de Paris ne s'estiment pas vilains ; ils ont été et seront toujours prud'hommes et loyaux ; à leurs yeux, sont vilains ceux qui commettent des vilenies '^ Bref, le mécontentement du peuple est extrême; rien n'est fait pour le protéger ; tout est mis en œuvre pour l'alTamer. Si l'artillerie du Louvre a été retenue, c'a été « en bonne intention », pour éviter de plus grands maux,
1. I^eltre précilt-e : a ...\o.>>tre bonne ville de Paris... que tant amés, si comme toujours avés dit... »
2. Malgré la saisie opérée, Jean de Lyon put encore approvisionner le château de Montereau et le « marché » de Meaux, à moins qu'il ne s'agisse, dans les récépissés conservés, d'envois faits antérieurement au i8 avril. — Bibl. nat., Clairambault, LKXW 1, n* i33 iMcaux, ^3 mai). Récépissé donné par Jean du i'iessier, dit Taupin, capitaine du « cliastel de Monslereul-en-forc-Yonne », à « Jehan de Lyon, sergent d'armes du Roy et maistre de ses artilleries et du dit seigneur régent » de « cinq milliers de quareaux, moitié gros, moitié graille, vint et cinq lances à main, vint et cinq dars, pour la garnison du chastel de MonstereuL.. » — Ibid., Clairambault, CI, n" 1 38 (Meaux, 23 mai). Récépissé de Philippe de Savoisy, écuyer du régent, à << Pierre de Pontenay, lieutenant de Jehan de Lions, maistre de l'artillerie du Roy et de Mons. le régent » : deux cofTres de carreau, « l'un d'un pic et l'autre de deux piez... » — Ibid., L\I\, n° 28 (Meaux, n\ mai). Récépissé de Jean de Malaunoy, sergent d'armes du Roi et du régent, à Jean de Lyon, de fournitures faites pour porter en la garnison du chastel de Corbueil... »