‹ Histoire de Charles VChapitre 327 sur 381 · RUPTURE DU DAUPHIN AVEC LES PARISIENS · texte numérisé non relu

RUPTURE DU DAUPHIN AVEC LES PARISIENS

me contente de l'indiquer. L'ordonnance de Compiègne marque une réaction contre les empiétements des Etats généraux assemblés les années précédentes, mais le loyalisme des députés ne leur ferme pas les yeux sur des abus invétérés, proscrits par eux avec une égale fermeté : altérations des monnaies, droit de prise, aliénations du domaine, etc. '. Les forteresses inutiles, abandonnées, et qui, aux mains des compagnies, deviennent de terribles instruments d'oppression, seront démolies. Au contraire, les châteaux, dont la conservation et l'armement importent à la sûreté du royaume, seront mis en état, d'office et aux frais de leurs possesseurs, s'ils en négligent l'entretien -. Ces dispositions, renouvelées de l'ordonnance du mois de février i358, n'ont donc pas été, comme on l'a cru longtemps, la cause déterminante de la Jacquerie.

L'évêque de Laon était venu aux Etats de Compiègne : démarche imprudente et maladroite, car dans l'entourage du régent les esprits étaient fort excités contre le fauteur réel de tous les troubles du royaume. 11 courut les plus giands dangers et fut contraint de s'éloigner furtivement^. 11 chercha un refuge à Saint-Denis, et ensuite à Paris, où il était en sûreté '' et où il retrouva le roi de Navarre. Charles le Mauvais était rentré à Paris après son entrevue avec le dauphin (4 mai), et il y resta jusqu'au milieu du mois ^. Les habitants lui avaient fait grand accueil, sans que néanmoins ses complices eussent osé réaliser leur secret désir et le sien, en le proclamant capitaine ou « seigneur» de la cité*'. Quant à l'évêque de Laon, il était atteint d'une façon irrémédiable par son échec de Compiègne. Exclu à juste titre du Conseil du régent, il ne pouvait plus jouer le double jeu, par où il avait si utilement servi la cause du Navarrais ".

Page 1