‹ Histoire de Charles VChapitre 341 sur 381 · Flammermont, op. cit., i · texte numérisé non relu

Flammermont, op. cit., i

/(. Flammermont, op. cil., i3G. — Toutes ces localités sont situées dans l'arrondissement de Senlis.

5. Ermenonville; Oise, arr' de Senlis, c°" de Nanteuil-le-Haudouin.

G. Le sac d'Ermenonville est attribué tantôt aux Jacques de Beauvaisis {Gr. Chr., VI, iii), tantôt aux Parisiens {Chronorjraphia, II, 373 ; Chron. normande, i3o). Ces deux versions, comme on le voit, ne sont pas contradictoires.

7. Chron. des quatre premiers Valois, 72 : « Lors Guillaume Charles vit bien que la chose ne povoit ainsi remaindrc ; car s'ilz se departoicnt, les gentilz hommes leur courroient sus. Donc envoya des plus sages et des plus notables devers le prevost des marchans de Paris et lui escript qu'il estoit en son aide et aussi qu'il lui fut aidant et secourant se besoing estoit. De ce furent les generaulx des trois estas joyeulx, et escriprent à Guillaume Charles qu'ilz estoient du tout prestz à lui faire secours )>.

Lettres de rémission pour Hue de Saillevillc que les habitants d'Angicourt avaient

LE CONTINGENT PVHISIEN ADJOINT Al X. PAYSANS l^O~

Marcel fit immédiatement partir 3oo hommes d'armes parisiens, qu'aurait commandés Jean Vaillant prévôt des monnaies. Cette troupe devait se joindre aux bandes de Cale pour les encadrer et les contenir *. En même temps, il donnait aux paysans de la vallée de Montmorency l'ordre d'abaltrc les châteaux, situés « entre deux eaux », c'est-à-dire entre la Seine et l'Oise. Il avait surtout en vue d'empêcher les gens du régent de s'y établir et d'affamer Paris^. Mais là, comme partout, l'intérêt apparent de la défense servit à masquer une œuvre de haine et de vengeance. Ceci éclate parliculicrementdans l'expédition que dirigèrent au sud et à l'ouest de Paris deux des plus déterminés partisans de Marcel, Pierre Gilles et Jean des lîarres •'. Bien des châteaux furent ruinés, qui n'étaient à aucun degré des forteresses, mais des habitations de plaisance, comme le beau manoir de Pierre d'Orgemont à Gonesse, auquel était annexée une importante exploitation agricole'*. Ces dévastations,

élu pour capitaine : « ... cl pour csclicvcr la conipaignio des dictes gcnz du plat paiis, fusl venuz par devers le prevost dcsmarchans, qui lors estoil à Paris, lui monstrcr cl requerrc qu'il vousisl [donner] conseil a ce que les choses dessus dictes cessassent. » (Arch. nal , JJ. 90, fol. 1^8, n» 288. — Luce, La Jacquerie, p. 253-25/i). Les textes qui précèdent sont visés par Flammermont, op. cit., p. 137.

1. Lettre de Marcel à réclicvinagc d'Ypres : « ... Mais envoiasmcs bien trois cens combatans de noz gens et lettres de créance pour euls faire désister des grans niauis qu'il faisoient... » S. Luce (La Jarqueric, ii5) et Flammermont (op. cit , p. 187), disent que celle troupe était commandée par Jean ^'ailIanl, prévôt des monnaies de Paris. Ceci peut se déduire à la rigueur du texte des Grandes Chron., VI, ii3, mais ne me paraît pas très sûr.

2. S. Luce, La Jacquerie, p. 25/i-250. Rémission accordée à Jaquin de Ciicnevicres, de Tavcrny, qui avait été élu capitaine par les tiabitanls de la chàtellenic de Montmorency (Arch. nat., JJ. 8(3, fol. 67", n° :i07) : « Et combien que le dit Jaquin eust eu en ce temps du feu prevost des marcheans de Paris certaine commission, contenant c{ue toutes forteresses et maisons qui seroient assises ou cuer de France, entre deux ycaues, qui au dit Jaquin sembleroienl estrc préjudiciables à la ville de Paris et à tout le plat paiis, feussent mises à terre et arrasées, en telle manière que personne n'y peust liabiter... »

On trouve un exemple du droit, que s'arrogeait l'échevinagc parisien, de donner des ordres aux habitants des campagnes, dans ce mandement du prévôt des marchands, publié à Châtres (Arpajon), « environ la Saint-Jehan Baptiste, portant que toutes manières de gcnz qui armes pourroicnt porter feussent à un certain jour de dimanche à Chailli-lcz-Loncjumel... » Chailli-lez-L. est aujourd'hui Chilly-Mazarin; Scine-et-Oise, arr' de Corbeil, c°" de Longjumeau (S. Luc, La Jacquerie, p. 268).

3. Pierre Gilles était un épicier parisien, originaire de Saint-Guilhem-du-Désert (Hérault ; arr' de Montpellier, c°° d'Aniane),

4. S. Luce, La Jacquerie, iii-ii5, 3o/i et suiv. — Parmi les habitations détruites systématiquement, il convient de citer, outre la maison de P. d'Orgemont, les trois hôtels ou manoirs que Simon de Bucy avait à Vaugirard, à Issy et à Viroflay, la maison de Jacques la Vache à Choisy-lc-Roy. etc. iS. Luce. op. cit., 109-110).

4o8 RUPTURE DU DAUPHIN AVEC LES PARISIENS

systématiques et inutiles, ne furent du moins pas sanglantes, et les agents de Marcel s'abstinrent des meurtres, si justement reprochés aux Jacques'.

Jean Vaillant, le chef présumé du détachement parisien et Guillaume Cale se rencontrèrent à Ermenonville, dont le château appartenait à Robert de Lorris, le trop fameux chambellan de Jean II, l'un des hommes qui, dans le parti des Etats, comptait le plus d'ennemis. Sa demeure fut traitée comme l'avaient été celles de Simon de Bucy, de Pierre d'Orgemont, de Jacques la Vache, les trois anciens présidents du Parlement. Elle fut mise à sac. Que serait-il advenu de Lorris lui-même, de sa femme et de ses enfants, car ils étaient tous réunis, n'ayant pas eu le temps de s'enfuir, si quelqu'un ne se fut avisé d'un stratagème qui les sauva? Ce parvenu — gentilhomme et chevalier d'origine récente, — fut forcé de renier a gentillesse )),et de jurer qu'il aimait mieux « les bourgeois et le commun de Paris » que les no blés. A ce prix, lui et tous les siens eurent la vie sauve '^.

Jean \ aillant et Guillaume Cale se séparèrent dès Ermenonville, quelques heures seulement après avoir opéré leur jonction 3. De graves nouvelles étaient parvenues à Cale. Après la retraite de Compiègne, la majeure partie des Jacques n'avaient pas suivi leur capitaine. Us l'avaient aJjandonné vers le 3 ou le A juin, pour aller occuper une position défensive sur le plateau de Mello, où le roi de Navarre vint bientôt les inquiéter. En effet, après quelques jours de désarroi et de panique, les nobles s'étaient ressaisis et avaient offert le commandement à Charles le Mauvais, comptant sur son énergie et son prestige

1. J. Flammcrmonl, 107. — Et. Marcel a note que « plus de mille que gentils hommes que gentils femmes » avaietil trouvé un refuge dans Paris. Il cite la comtesse de Flandre, la reine Jeanne, la duchesse d'Orléans. «Et à tous on ne fit que bien cl honneur» (Lettre à la municipalité d'Ypres).

2. Cl iroiiog raphia, IF, 273 : «... tune l'arisicnses abierunl ad Ilcrmonivillam et vi assviltuum ceperunt castellum iibi crat Roberlus de Loris, miles, qui, pavore compulsas, renuntiavit omni nobilitati, dicens se preamare burgesiam Parisiensem, de qua oriundus fuerat, quam miliciam; sic enim mortem evasit cum uxore et pueris. Mchillominus castellum ceperunt Parisienses ac depredati sunt et regressisunt in civilatem suam ». — Cf. Cliron. norin., p. :3o : « ... il rcgnia gentillesse etc. ».

3. On sait par des lettres de rémission délivrées h Germain de Réveillon qu'il avait remplacé momentanément « pour demi-jour et une nuit » le « capitaine gênerai » des Jacques, « qui lors estoit devant Ermenonville ». C'était au moment oîi les Jacques, masses sur « la montagne » de Montatairc. au dessus de Mello, s'attendaient à être attaqués par le roi de Navarre (Luce La Jacquerie, 1 15 et n. 3, 119 n. i .

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