I.V HATAILLF. DE MF.I.I.O /4O
pour leur assurer une revanche. (Juillaumc Cale s'était donc liàtc de rejoindre le gros de son armée. Vaillant ne l'avait pas accompagné, soit qu'il ne vouliît pas combattre le roi de Navarre, soit, qu'ayant vu les Jacques à l'œuvre, il les jugeât des brutes indisciplinables, avec lesquelles il n'avait aucun intérêt à se compromettre'. 11 marcha sur Meaux -, peut-être en exécution d'ordres antérieuremeni donnés par Marcel, pour attaquer, de concert avec les habitants, la forlcres.se du Marché, dont l'occupation par les hommes du régent avait soulevé tant de colères 3.
Cale arriva à Mello dans la matinée du 8 juin, le lendemain de son départ d'Ermenonville. 11 vit aussitôt que la partie était perdue [)our les Jacques, et il aurait voulu qu'ils n'aflrontassent pas le combat, mais ses représentations ne furent pas écoutées ^ Il se résigna donc à rester en place pour attendre l'attaque. Aidé de l'Hospitalier, il rangea ses paysans en bataille, sur le plateau qui. dominant Mello et la vallée de l'Oise, s'étend au nord jusque vers Clermont-cn-Beauvaisis"'. Son infanterie, formée sur deux lignes, fut protégée par un retranchement improvisé avec des chariots <5; au premier rang, il mit ce qu'il avait d'archers et d'arbalétriers 7. Six cents cavaliers, médiocrement montés et qui n'étaient même pas tous armés, furent placés en soutien de l'infanterie^. La position des Jacques était presque inexpugnable, si leurs moj'Cns de défense étaient rudinientaires, et, à vouloir les forcer, les gens de Charles le Mau\ais auraient certainement perdu beaucoup de monde. Us le comprirent, car les deux armées demeurèrent en présence,