‹ Histoire de Charles VChapitre 345 sur 381 · Mémoires, a^i-aaS · texte numérisé non relu

Mémoires, a^i-aaS

4t2 rupture du dauphin avec les parisiens

établi sur le canal, conduit dans la Brie. Les fortifications qui le protégeaient ont actuellement disparu en grande partie : c'est du côté de la prairie et en bordure du canal qu'on en trouve les vestiges les plus importants. Déjà, du temps de Secousse, le mur qui fait face à la ville était presque complètement ruiné; il n'en restait plus que les substructions. Secousse a noté avec raison que toutes les attaques dirigées contre le Marché sont venues de ce côté-là, la ville proprement dite étant ouverte et à la merci du premier occupant.

C'est par le pont de la Marne que les Jacques s'efforcèrent de pénétrer dans le Marché. La garnison en était très peu nombreuse, quoiqu'elle eût reçu un renfort inattendu. Par un hasard, qui n'a rien d'extraordinaire à cette époque, le captai de Buch, - la trêve de Bordeaux lui avait fait des loisirs — , et son cousin le comte de Foix, revenant d'une expédition en a Prusse », se trouvèrent à Meaux, à point nommé, avec une quarantaine de lances. Ils eurent l'occasion d'y accomplir de bonne besogne*. Les Jacques avaient réussi, on ne sait comment, à passer le pont de la Marne, sans donner l'éveil aux défenseurs delà forteresse. Lorsqu'ils furent enfin signalés, le Captai et le comte de Foix firent ouvrir les portes toutes grandes et, avec les quelques hommes d'armes qu'ils avaient réunis, se jetèrent résolument sur l'ennemi-. Les premiers assaillants, ceux qui avaient pu se déployer en avant du pont, furent aisément refoulés. Le principal effort eut lieu sur le pont même, où les Jacques entassés, mal protégés contre les coups et se gênant les uns les autres, ne purent résister. Ce fut une boucherie, et, d'après Froissart, la lassitude seule empêcha les vainqueurs d'exterminer les vaincus jusqu'au dernier 3. Les nobles éprou-

I. Froissart, V, loS-ioi. D'après lui, ils auraient connu, à Chàlons, le danger que couraient les princesses cl seraient accourus en hâte. Gela semble douteux, car on ne parait pas s'èlre attendu à une attaque. Les Grandes Chroniques mentionnent la présence du comte de Foix — non celle du captai — parmi les défenseurs du Marché, sans souligner ce fait intéressant. Le g février de cette année i358, Gaston Phœbus était encore à Kônigsberg, d'où il éi-rivait à deux de ses agents pour leur prescrire d'emprunter, dans ses Etats, la somme destinée au remboursement des ai.ooo écus d'or, montant d'un premier emprunt qu'il avait lui-même contracté à Bruges en vue de son voyage en Prusse (F. Pasquier, Gaston Phœbiis en Prusse, 1357-1358. Foix, 1893, in-S").

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