I.E Itl.OCLS l)i; PARIS
glais '. A celle même dale, Marcel adressait, à l'échcvinage cl'Vpres, une seconde lettre, justement célèbre, qui a le ton et l'ampleur d'un véritable manifeste politique-.
Les choses y sont reprises de fort loin, car le prévôt remonte jusqu'au mois d'octobre i356, pour trouver dans les désordres, dévoilés par les représentants des trois Etats, comme dans l'obstination et le manque de franchise du dau[)hinou de ses conseillers-', la justification de sa propre conduite. C'est bien à tort que ses ennemis ont insinué qu'il voulait « avoir le gouvernement du royaume », alors que, par tous les moyens, ils travaillaient à sa perte, en fomentant contre lui, dans Paris même, un soulèvement du bas peuple''. 11 a été réduit à se
1. (îr. Chron., \ 1, la-j : (( Kl le lendemain, w' jour du dit mois, il mist en la (litlc ville de Paris les Angiois que il avoil avecques luy... El pour ce fisl nouvelles aliaiices avccques eulz (les Parisiens), si comme l'en disoil;el bien y apparut, car il ne rclourna poinl par dexers le dit regenl; mais, li estant dedenz la dicte \illc de Paris, pluseurs en issirent armez, par especial de ceuls que il y avoit menez ».
La Chroni'iue des quatre premiers Valois est plus explicite, sur ce poinl, que toute autre clironicpie : « Ceux de Paris, pour la double qu'ilz avoicnt du duc de Normendic, ainsnc lilz de leur droit seigneur, avoienl mandé à secours le roy de Navarre, lequel à leur besoin}? les vint secourrc. Puis prindrent à souldoiers ceux de Paris les purs ennemis de leur droit seigneur le roy de France, les Angloiz, les- (piclz au mandement d'culx vindrenl à Paris en leur aide. Et furent aucuns d'eulx logiez au palaiz du roy de France, comme monseigneur Jamez Pippez, Jacques San don, Jacques Piantin, monseigneur Jehan Joucl, Thomas Kain cl monseigneur Zilles » (p. 80-81).
2. Arch. de la ville d'Vprcs. Original, parchemin, de o°Vi de hauteur sur o°53 de largeur. Lettre close (traces d'un sceau de cire rouge, plaqué, au dos). Toute adresse a disparu; on lit au verso : « Che sont les lelers et les briefz du roy de Navarre, de le ville de Paris et de le ville dWmiens ». Indiquée par L. A. Diegerick, Iiivcnt. anal, et chronol. des chartes et documents appartenant aux archives de la ville d'Y'pres, t. Il, Bruges, i85'i, in-8", p. 181, n° 58^. Publiée pour la première fois par Kervyn de Lettenhove {Deux lettres d'Et. Marcel, prévôt des marchands de la ville de Paris, dans Bulletin de l'Académie roy. des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, t. \X, m' partie [i853], p. <j5-io/i) — Réimprimée par Aug. Thierry, Essai sur l'hist. de la fonnation et des progrès du Tiers Etat, Paris, i853, in-12, App. II, p. 478-/188 et par Perrens, Etienne Marcel, i" édit., in-8°, Appendice n° i(3 (texte de Kervyn de L.); 2* édit., in-V, p- ■!78-283 (texte rapproché du français moderne). Ce document est toujours cité, soit dans le présent chapitre, soit dans les chapitres précédents où il a déjà été utilisé, d'après l'original des archives d'Ypres. Une collation personnelle m"a permis de relever un certain nombres de variantes qui ne sont pas négligeables.
3. J'ai déjà signalé la correction intéressante à faire au texte publié par Kervyn de Lettenhove : « la versuc fversutaj volenté de monseigneur le duc », et non la « josne volenté » (ch. vu, p. 290, n. i).
.'1. «... nous avons moult encouru la malivolence de li (le dauphin) et des dis nobles, en nous mectant sus à grant lorl (jue nous voulions avoir le gouMrncnieiit
4a8 FIN DE LA RÉVOLUTION PARISIENNE
défendre contre leurs agissements. Quelques-uns des « mauvais » conseillers du jeune prince— un ((bien petit nombre' » — ont paye de la vie leurs menées perfides ; « ils ont été justement mis à mort ». De terribles représailles ont suivi ces exécutions nécessaires. On a vu partout, en Flandre, dans l'Artois, le Boulonnais, le comté de Guines, le Hainaut, le Beauvaisis, le Yermandois, et ailleurs, se former la coalition des nobles contre les (( non nobles », et depuis lors c'a été une suite ininterrompue de dévastations, de meurtres, d'atrocités sans nom '2. Pour le prouver, Etienne Marcel articule, sans indiquer où, ni par qui, ces atrocités ont été commises, les accusations les plus graves. Les attentats contre les personnes paraissent peu de chose à côté des profanations, des sacrilèges inouïs et presque invraisemblables, qu'il énumère ^. Evidemment, la légende avait déjà commencé son œuvre, et le prévôt répète tout ce qu'avait pu croire ou imaginer la crédulité populaire. I « Bref, conclut-il, les nobles ont fait plus de maux, plus cruellement I et plus inhumainement que jamais ne firent les Vandales, ni les Sarrasins^ ». Le produit de leurs rapines a été mis en sûreté, soit dans les Flandres, en Artois ou en Yermandois, soit dans une ville qui a toujours pris fait et cause pour eux, à Corapiègne. On ne sait où ils s'arrêteront, car ils continuent à se livrer aux mêmes excès, massacrant les laboureurs et détroussant les marchands. Ne se sont-ils pas naguère
du royaume... et contre nous et cents qui ensuyoicnl nostre oppinion cstoit en corage si forment meus que par maintes voies souslives (mot omis par Kervyn de L.) procuroit et faisoit procurer nostre destruction, et se esludioit faire en la bonne cité d Paris des menus contre nous grant commocion... »
1. J'ai noté ailleurs cet euphémisme cruel (chap. viii, p. 375).
2. « Trcs cliicrs seigneurs et bons amis, nous pensons que vous avez bien oy parler comment 1res grant multitude de nobles, tant de vostrc paiis de Flandres, d'Artois, de Boulonnois, de Tarnois, de Pontieu, de Haynault, de Corbiois, de Beauvoisis et de Vermendois, comme de pluseurs autres lieux, par manière universele de nobles universaument contre non nobles, sens faire distinccion quelconque de coulpables ou non coulpables, de bons ou de mauvais, sont venuz en armes, par manière d'ostililé, de murdre et de roberie deçà l'yaue de la Somme et aussi deçà l'yauc d"Oise etc. ».
3. « ... ils ont... les églises robées, les calices, sanctuaires, chapes, ostées et robez, les prestres celebrans pris et les calices ostez de devant euls, et li aucun d'euls le corps Nostre-Seigneur getc à leurs variés, le précieux sang Nostre-Seigneur gelé à la paroit, les vassiaulx où estoit le corps Nostre-Seigneur pris, les églises, abbaies, priorez et églises parrochiaulz que il ne ardoient mises a raençon et les personnes de Sainte Eglise etc. ».
4. « ... et bricfment fait plus de mauls, plus cruelment et plus inhumainement que onques ne firent les Wandrcs, ne Sarrasin... ».
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encore emparés de cinq mules chargées de draps de Flandre et d'autres provenances?* Loin de réprimer de tels actes, le dauphin les a (( avoués », abandonnant le plat pays à la merci de ces furieux, « qui n'ont d'autres gages que ce qu'ils peuvent rober- ». Aussi la ville de Paris a-t-cUe grand besoin do l'aide de \otre-Seigneur, du secours de ses fidèles amis, et vraiment « ceux qui aideront à défendre le bon peuple, les bons laboureurs et les bons marchands, sans lesquels nous ne pouvons vivre, contre ces meurtriers, ces u robeurs et tyrans », ennemis de Dieu et de la foi chrétienne, acquerront plus grand mérite que s'ils se croisaient contre les Sarrasins ^ ».
Jusqu'ici, il n'a pas été question de la Jacquerie, qui expliquait, si elle ne les justifiait pas, de sanglantes représailles. Marcel aborde, dans la dernière partie de sa lettre, ce sujet brûlant. U désavoue nettement les excès des Jacques ; ce qui s'est fait en Beauvaisis a eu lieu à son insu, contre son gré, a et mieux aimerions-nous être mort », déclaret-il avec force, que d'avoir approuvé de tels agissements '». Il a été proclamé, par son ordre, en plus de soixante localités, qu'on eût à respecter les vies et les propriétés de tous les gentilshommes qui n'étaient pas les ennemis de la ville de Paris. Au plus fort des massacres et des incendies imputables aux Jacques, il y avait bien, à Paris même, un millier de nobles, — gentils hommes ou « gentilles femmes », — qui y ont trouvé la sécurité et la protection qu'ils étaient venus chercher"». Trois cents combattants ont été envoyés par le prévôt pour réprimer la ureur des paysans. N'est-ce pas enfin le roi de Navarre, l'ami fidèle des Parisiens, qui a écrasé l'insurrection ?
1. Ce grief paraît peu de cliosc on com^iaraison de toutes les horreurs qui viennent d'être rapportées.
2. « Et bien savons qne monseigneur le duc nous, noz biens et de tout le plat paiis a mis en habandon aus nobles et de ce qu'il ont fait et feront sur nous les a advoez, ne n'ont d'autres gaiges de li que ce que il pevent rober... ».
3. « ... et ceuls qui aideront à defenire le bon peuple, les bons laboureurs et les bons marchans, sans lesquels nous ne poons vivre, contre ces murdriors, robeurs et tirans, ennemis de Dieu et de la foy, acquerront plus grant mérite envers Nostre- Seigneur que se il aloient tout croisié contre les Sarrasins e!c. ».
!^. « ... et mieuls ameriens estre mort que avoir apprové les fais par la manière qu'il furent commencié par aucuns des gens du plat paiis de Beauvoisis... ».
5. « ... et au temps de lors avoit en la ville de Paris plus de mille que gentils hommes que gentils femmes, et y estoit ma dame de Flandres, ma dame la royne Jehanne et ma dame d'Orliens, et à tous on ne fit que bien et honneur, — et encores en y a mil ([ui y sont venus a sourie, — ne à bons gentils hommes, ne à bonnes gentils femmes qui nul mal n'ont fait au peuple ne ne veulent faire, nous ne volons nul mal elc. ».
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D'après Marcel lui-même, celte lettre, ou plutôt ce manifeste, destiné à recevoir une large publicité et auquel étaient joints d'autres documents aujourd'hui perdus ', avait un triple but- : démontrer le bon droit de la ville de Paris 3. demander aide et conseil aux villes de Flandre, auxquelles la dévastation des fertiles contrées situées en deçà de la Somme et de l'Oise ne pouvait manquer de causer un préjudice considérable'*, troisièmement enfin dénoncer aux Flamands les gentilshommes qui, après avoir pillé sans vergogne le plat pays, avaient mis leur butin en sûreté hors du royaume "'. En dépit des dangers qui la menacent, disait Marcel en terminant, et bien que le régent soit sous les murs de Paris avec une nombreuse armée, la population est unie et résolue à la lutte. Elle est abondamment pourvue de vivres ^. « Aussi », ajoutait-il, « pour l'honneur de la bonne ville de Paris défendre et éviter que nous, qui avons toujours été francs, nous ne tombions en la servitude où veulent nous réduire ces gentilshommes, plus vilains que gentils, nous exposerons nos corps et nos biens, et nous mourrons plutôt que de souffrir d'être par eux mis en servitude. Car de nous et des autres, ils se sont vantés qu'ils nous ôteront tout, ne nous laissant qu'un (( blanchet ' » et qu'ils nous feront tirer la charrue avec leurs chevaux, mais à l'aide de Dieu, de vous, de nos bons seigneurs et amis,
1. Leitrc précitée : «... et vous prions que les dessus dis rooles et ces présentes, après ce que vous les aurez veuez et leues, vous plaise envoier en aucunes des bonnes villes du dit paiis de Flandres, aus bonnes gens et commun d'icelles, aus quclz prions et requérons, semblablement comme à vous, faire les choses dessus dictes. »
2. « ... et à trois fins les vous escripsons (les choses dessus dites). . ».
3. « ... la première à fin que vous veez la bonne raison et justice que nous avons etc. ».
h. " ... la seconde fin à fin d'avoir vostre conseil et aide, car les choses nous sont grandes, pesans et périlleuses, et non pas tant seulement à nous ne au paiis qui sont domagiez, mais aussi à vous et aus autres paiis etc. ».
5. «... la tierce fin, car pluseurs nobles du dit palis de Flandres qui ont faites les dites roberies, et des autres paiis dessus dis, et qui les dites roberies ont portées es dis lieux dessus dis, que tous les dis biens que vous sentirez estre en vostre terre et
\pooir vous leur ostez de fait et niectez en vostre main comme en main seure... et combien que tous ne les cognoissiens mie, de pluseurs nous vous envolons les noms en un roolel clos et seellé du seel de la dite ville de Paris etc. ».
6. « Toutevoiez veuillez savoir que, combien que pluseurs gentils hommes el gens d'armes, en très grant nombre, soient devant la bonne ville de Paris, avecques mons. le duc, que nous et tout nostre commun sommes bien tout un et en bonne volenté de défendre et y a, Dieu mercy I très bonne ordonnance, et grant marchié de vivres et très grant quantité... ».
7 Sorte de blouse ou de camisole, originairement au moins, de laine blanche.
i.r; Hi.octs nn pakis /t3i
et de dès e.xcellenl piince Monseigneur de Navarre, en tjiii nous trouvons très grand confort et très grande aide, et qui aime parfaitement les bonnes villes et le bon commun, nous les en empêcherons bien * ». Ace factum, si remarquable et si intéressant, se^trouvaient joints une lettre de la ville d'Amiens, une autre du roi de Navarre, enlin divers ft rôles », contenant la justification de certains faits allégués par le prévôt-. Ces documents, annexés à la pièce principale, n'ont pas été retrouvés jusqu'ici et paraissent irrémédiablement perdus 3. Ue tout le dossier, la lettre de Marcel nous est seule restée, singulièrement instructive et r('\élalrice, comme celle qu'il avait écrite moins de (piin/.e jours auparavant (28 juin) à la même communauté d'âpres. 11 y faut noter la hardiesse du prévôt à revendiquer la responsabilité des actes
1. Lettre précitée: « . .et pour roniieur de la bonne cité de Paris défendre et csclivcr fsicj q\ie nous, (juiaxons tousiourscsté franc, ne clieons en la ser\itule en la (jnclle nous veulent uicllre ces gentilz hommes, qui sont plus \illain que gentil, nous exposerons noz corps et noz biens, et morrons ainçois tuit que nous souffrons ((u'il nous mettent en servitute, car de nous et des autres il se sont vanté qu'il nous esteront tout ([ue un blanchet qu'il nous Jarront, et nous feront traire à la cherrue avccques leurs chcvaulx, mais à l'aide de Dieu, de vous et de noz bons seigneurs et amis et de très excellent primpce Mons. de ^'aYarre, ou quel nous trouvons très grant confort et très grant ayde, et ayme très parfaictement la bonne ville et le bon commun, nous les en garderons bien ».
2. J'ai déjà cité la mention portée au dos de la lettre : « Che sont les leters et les briefz du roy de Navarre, de le ville de Paris et de le ville d'Amiens ».
A propos des projets prêtés aux nobles et de ce qu'ils ont déjà fait, notamment à Meaux, Marcel écrit ceci : « ... selon ce que de ce et des choses dessus dites et de pluseurs autres vous porra plus plaincment apparoir par certains rooles, lesquels nous vous envoions soubz le contreseel de la ville de Paris clos, et vous supplions et prions tant et si accrtes comme plus poons que tout vostre commun assemblé et en audience vous plaise les dis rooles faire lire avecques les présentes et clerement exposer à vostre commun les choses qui contenues y sont ». Enfin, parlant des nobles du pays de Flandre qui ont pris part aux pillages, il dit : « ... et combien que tous ne les coignoissiens mie, de pluseurs nous vous envoions les noms en un roolet clos et scellé du seel de la dicte ville de Paris. » Il n'est pas sûr qu'il n'y eût que deux rôles en tout (Kervyn de L., Bulletin de l'Académie... de Belgique, t. XX, 111° p., p. loi, n. i) ; il a pu y en avoir un plus grand nombre.
3. « Espérons, écrivait Kervyn de L. en i853, qu'elles (les lettres du roi de Navarre et de la ville d'Amiens) seront retrouvées par M. Diegerick, archiviste de la ville d'Ypres, qui publie en ce moment avec beaucoup de soin l'inventaire de ses chartes ».
Il est resté trace, dans les archives de la ville d'Ypres, d'un message du roi de Navarre malheureusement daté d'une façon insuffisante. « A un messager venant du roy de Navarre donné en courtoisie une escale d'argent... V lib. iiii s. » (Compte du i" nov. iSô- au i"^ nov. t358).
les plus embarrassants, — les assassinats du 22 février, — atténués, il est vrai, par un audacieux euphémisme; son habileté à rattacher tous * les événements survenus à une cause unique, la prétendue conjuration des nobles contre les non-nobles. Mais ce qu'aucun artifice de langage ne saurait voiler, c'est l'avortcmcnt fatal et prévu de la révolution parisienne, dont les fauteurs se leurrent peut-être encore de l'espoir de trouver un secours effectif auprès des bonnes villes du royaume et jusqu'en Flandre, mais qui, en réalité, n'a pas d'autre appui que le roi de Navarre, c'est-à-dire l'homme le moins propre à inspirer confiance, le plus prompt à oublier ses promesses et ses alliances.
Résolus à la lutle, les Parisiens, ou plutôt les nouveaux auxiliaires que Charles le Mauvais leur avait amenés, n'hésitèrent pas h prendre l'offensive et à porter les premiers coups. Le 1 1 juillet, au moment oi^i quelques hommes du régent évacuaient la (( Grange aux Merciers ^ » pour se replier sur le gros de l'armée, ils furent attaqués à l'irnproviste. L'alerte ayant été donnée, les troupes du régent se mirent sous les armes et s'avancèrent jusqu'à <( la bastide des fossés », c'est-à-dire jusqu'à l'ouvrage qui défendait les abords de la porte Saint-Antoine. L'escarmouche fut chaude et se prolongea jusqu'au soir. Les Parisiens y perdirent beaucoup de monde "^
Ainsi qu'il arrive en pareil cas. les deux partis rejetèrent l'un sur l'autre la responsabilité d'une rupture, qui ne surprit peut-être personne. Le roi de Navarre étant revenu à Saint-Denis le 12 juillet, le régent le fit sommer de le rejoindre, car il lui devait aide contre tous. Charles le Mauvais répondit que le traité et les conventions, récemment conclus, venaient d'être violés par le régent, ses gens ayant attaqué les premiers, pendant que le roi lui-même était occupé à négocier un accord avec les Parisiens. La vérité est que les Parisiens avaient été les agresseurs, et que le Navarrais ne négociait plus, ayant, dès le premier jour, complètement écbouc dans sa mission. L'une des causes de cet
1. Appelée aussi, et plus anciennement, « La Grange de Bercy ». Ce devait être une ferme ou une maison de campagne appartenant à quelque famille parisienne du nom de Mercier. La terre de la Grange-aux-Merciers était, au moins dans les derniers siècles, un fief dépendant de la seigneurie de Bercy; on l'appelait « le Petit- Bercy )), par opposition à la seigneurie principale (A. de Boislisle, Topogr. histnr. de la seigneurie de Bercy par Charles-Henri de Malon, seigneur de Bercy. Paris, 1882. — Extrait du tome VIII des Mcnu)ires de la Soc. de Vliisl. de Paris et de l'Ile-de-France, p. 29 et n. i).