Chroniques, V, ii2-ii'i
3. Gr. C/w., VI, i3o : « Et le dit roy de Navarre qui veoit ces choses ne se parti de là, mais laissa tuer les dessus diz de Paris sanz leur faire aucune ayde ou secours. Et après ce que les diz de Paris furent desconfiz et tuez, comme dit est, le dit roy s'en ala à Saint-Denys, et le dit prevost des marchans et sa compaignie s'en retournèrent à Paris v>.
!i. Gr. Chr., ibid. : « ... el le prevost des marclians el sa compaignie s'en retournèrent à Paris. Et furent, quant ilz entrèrent à Paris forment huyez et blasmcz de ce que ilz avoient ainsi laissié mectre à mort les bones genz de Paris sanz les secourir. Et des lors commença le peuple de Paris forment à murmurer... ».
5. Froissart, Chron., VI, iii : « Quant ce vint à la nuit, li prevos des marchans, qui volt complaire à ces Angles saiidoiiers, leur eslargi leurs prisons et les fist délivrer et aler leur voie; si s'en vinrent devers le roy de Navarre, à Saint-Denis, et il les retint tous ».
Chronogr., II, 277 : « ... ipsc autem de nocte liberavit eos per castellanum de Lupara, qui sibi federalus crat et traditor domino suo. Anglici vero liberati confederali sunt aliis et abicrunt ad Sanctum Clodoaldum etc. ». — Cf. Chron. normande, p. i33.
Gilles Caillart fut l'une des victimes de la réaction qui suivit la mort d'Et. Mar cet. Les Grandes Chroniques disent de lui, à ce propos, qu'il « estoit nez d'Orliens,
Z|/l2 FIN DE LA RÉVOLUTION PARISIENNE
des Grandes Chroniques qui, si elle est la vraie, attesterait chez le prévôt encore plus d'aveuglement que d'audace *. En effet, Marcel avait tout intérêt à se débarrasser le plus tôt possible, et sans bruit, de ces prisonniers, d'abord pour complaire au roi de Navarre, et, en second lieu, pour les soustraire à la fureur populaire de plus en plus excitée -. Or, voici, d'après les Grandes Chroniques, comment les choses se seraient passées le vendredi 27 juillet, peu de temps après la malheureuse sortie, qui avait porté au plus haut point l'exaspération du « commun ». Etienne Marcel se serait lendu au Louvre, en plein jour, accompagné d'une nombreuse escorte, où figuraient notamment des archers. Après avoir délivré les prisonniers, il les aurait fait marcher au milieu de sa troupe et conduits ainsi hors de Paris, par la porte Saint-Honoré. Pendant le trajet, des hommes d'armes criaient, par manière de bravade, que si quelqu'un avait à réclamer contre la délivrance des Anglais, il le fit, et en même temps les archers, leurs arcs bandés, menaçaient la foule. Nul ne bougea, mais on comprend quels ferments de révolte ces provocations laissèrent dans les cœurs.
Les prisonniers rejoignirent à Saint-Denis le roi de Navarre, qui épiait l'occasion de rentrer à Paris en maître, grâce à la complicité d'Etienne Marcel. Le moment semblait proche. Le frère de Charles le Mauvais, Philippe de Navarre, le chef militaire du parti, assemblait en Cotentin les garnisons anglaises et navarraises, pour les conduire sous les murs de Paris •^. Le roi n'attendait plus, pour frapper un coup décisif, que l'arrivée de cette armée, évaluée, avec exagération sans doute, à dix mille combattants '*. C'était un grand sujet d'effroi
d'assez petit lieu, de genz de mcslier » (VI, i30). il est mentionné dans les Journaux du Trésor de Pliilippe VI (i.^ig-iSSo) comme écuyer et chargé de la garde d'un Anglais détenu prisonnier au Louvre (n°' 800, 1^38, i/i3(), etc.).