Ibid., 83 : « ... plus de dix mille hommes d'armes
RÉACTION K.N FAVELft DU RÉGENT Vj3
jioiir les l'aiisicns. ouvcrletncrit ou secrètement favorables an régent, et le nombre (Ml augmentait cbaqucjour Les motifs ne manquaient j)as pour [)réj)arer et justifier un revirement des esprits' : la ville aflamce en amont de la Seine [)ar le régent, en a^al par les >avarrais et les compagnies ; léchauffourée sanglante de Saint-Cloud, les procédés autoritaires et violents de Marcel. En réalité, deux conjurations s'ourdissaient dans le même temps : l'une au profit de Charles le Mauvais, hardiment et au grand jour : l'autre, au profit du dauphin, timidement et tians l'ombre. De quel côté se trouveraient les hommes les plus résolus 'P En faveur de qui tourneraient les événements sur lesquels, de part et d'autre, on paraissait compter surtout? Au point où en étaient les choses, le moindre heurt devait provoquer le conllit (inal, amener le dénouement.
l'cndant les trois semaines (jue son <( ost » était demeuré devant Paris, le régent avait eu bien des moyens d'entrer en relation avec ses partisans. Qu'ils fussent nombreux dans la ville assiégée, c'est ce qui ne saurait faire de doute. Un millier de nobles environ, d'après le témoignage (.\v]a cité d'Etienne Marcel, avaient cherché et trouvé un refuge à Paris pendant que sévissait la fureur des Jac([ues Ils étaient évidemment tous acquis à la cause du régent, mais beaucoup s'y ralliaient, ayant compris le péril d'une aventure, qui menaçait d'aboiHir à une révolution, et à une révolution faite au profit du roi de Navarre ctdes Anglais. Les plus avisés, non seulement se rendaient coiupte du danger, mais cherchaient à le conjurer, (^uels étaient, par exemple, les sentiments,et quelle fut l'attitude de l'échcvin .Jean Belot.qui figurait paimi les négociateurs de la prétendue paix du ig juillet, dont rann(jnce servit de prétexte au licenciement de l'armée du dauphin? On l'ignore, mais il est à remarquer qu'il ne fut l'objet d'aucune poursuite après la mort de Marcel. Bien plus, il reçut au lendemain de cette mort une marque publique de la confiance du régent-. Il est possible qu'aux conféren-
1. Voy. d'après la môme Chron. des quatre jiremiers Faio/s. 83-84, les arguments mis en avant par Jean Maillart et Pépin des Essars, pour détacher les Parisiens de Marcel et du roi de Navarre.
2. Jean Belot fut l'un des cinq auditeurs commis par Gentien Tristan, prévôt des marchands, et les échevins de la ville de Paris, pour recevoir et apurer les comptes de tous ceux qui avaient eu, les années précédentes, le maniement des deniers communs de la ville de Paris (i" déc. 1 358). Cette désignation lut faite en suitedun mandement du régent du i6 novembre de la même année, et sur les indications des bourgeois notables, des maîtres des métiers en particulier (Félibien, Hist. de Paris, 1, p. cxvi-cxvii).
!l!\!\ FIN DE LA. REVOLUTION PARISIENNE
ces de Gharenton, il ait été chargé d'une mission secrète, différente de sa mission officielle.
A plusieurs reprises, les partisans du régent avaient écrit au prince, le pressant de concerter avec eux les mesures les plus propres à favoriser sa rentrée à Paris ; ils se seraient faits forts de l'y introduire quand il le voudrait. Toujours il aurait répondu que, Marcel vivant, il ne remettrait pas les pieds à Paris *. Avant d'accorder son pardon, il exigeait qu'on lui livrât douze des principaux meneurs, dont a il ferait sa volonté ». Cette exigence, si elle a été réellement formulée, était trop difficile à satisfaire pour que les intermédiaires n'en fussent pas découragés. Ils cessèrent donc de négocier, mais pas assez tôt pour qu'Etienne Marcel ignorât leurs agissements. Il en fut informé par une lettre qu'avait apportée un secrétaire du dauphin, Jean de Besançon, et qu'on intercepta. Cette lettre ne fut pas rendue publique. Le prévôt se contenta de la communiquer à ceux qui s'étaient, comme lui, irrémédiablement compromis'^. L'idée ne vint pas à ces hommes
1. Froisscirt, V, i i/i .: « ... cL leur mantloit bien et c^crisoit ffcncraiiineul (le duc de Normandie) que nulle pais ne leur tenroit jusques à tant que douze hommes de Paris, lesquelz que il vorroit [eslire], il aroil à se volonté ». Cf. man. d'Amiens, il>id.,Y>. 332.
Chronog raphia. 11, 278 : « Tune quidam burncnscs Parisius mandaverunt regenti ut Aeniret Parisius et tanquam dominus reciperetur; qui juravil quod nunquam inlraret Parisius, viventepreposito mercatorum, super que scripsit quasdam litteras communie Parisiensi. .. » — Chron. iionn., i3/i.
La Chronique des quatre premiers Valois, 84-85, fait allusion également à des pourparlers entre le régent et ses partisans, mais sans rapporter la réponse du prince. En outre, les clioses sont présentées d'une façon inexacte et avec des confusions évidentes. Le récit du chroniqueur suppose que le régent est constamment resté à Gharenton jusqu'à la fin de juillet. « Adonc, quant le dit .lehan Maillart et Pépin des Essars apperçurent que ceulx à qui ilz avoient parlé se traioient à leur opinion, si firent scavoir à Monseigneur le duc de Normendie que à son bon plaisir, quant il vouldroit, ilz le mctlroient dedcns Paris. Et pour plus l'en faire certain, le dit Jehan Maillart et le dit Pépin des Essars vindrcnt o grant quantité de bourgoiz et de peuple à la bastide Saint Anthoine, et là coururent au prcvosl des marchans sus. . . »