‹ Histoire de Charles VChapitre 377 sur 381 · Voy. ci-dessus, ch. vu, p. 3o6, n · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, ch. vu, p. 3o6, n

3. Arch. nat., JJ, 86, fol. 79-79", n° 240 (Ord. des rois de France, t. IV, p. 340-348). ~ 5. Arch. nat., JJ. 86, fol. 80-80", n° 241 (Secousse, Recueil, 8i-83).

5. Secousse, Recueil, p. 87-88. Londres, le i4 août i358. D'après le Reg. A de rHôtel-de-Ville de Paris (aujourd'hui détruit), fol. 223". Avant les lettres, il y avait : « Lettres de regraciacion du roy Jehan envoyées d'Engleterre aux bourgois, habitans et à tout le commun peuple de la ville de Paris contenant la forme qui ci-après s'ensuit ».

11 est probable que le roi Jean avait été informé par une lettre écrite de Paris au plus tard le 6 août. (En i364, sa mort, survenue à Londres le 8 avril, a été connue à Paris le 16 du même mois).

6. « ... en descloant et descouvrant à chascun leur traïson et leur malice...»

7. a Nous avons rendu de tout nostre cuer et rendons loenges et mercis à nostre Seigneur Jésus-Christ qui n'a pas voulu souffrir la perdicion ne la destrucion de si bel joel que est nostredicte bonne ville de Paris, et des bonnes gens d'icelle... »

8. « ... car nous tenons que par le moien de vostre bonne loyaulté ceste œuvre Suit faicte plus par miracle divin que autreaieut. . . »

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sus|)ccU', — lollr (qu'elle a dû cire connue à Londres dans les premiers jours du mois d'août *. Le Rrii terminait par la promesse de reconnaître le loyalisme des Parisiens et par des assurances de pardon. « S'il en est aucuns qui par simplesae aient été déçus sous ombre de bonne foi, nous ne voulons que rij^ueur leur soit faite, mais grâce et rémission, s'ils en ont besoin - ».

Les exécutions léjrales, avouées, ne furent pas les seules. On ne saura jamais jusqu'à quel point les vengeances privées se donnèrent satisfaction sous couleui de ne clierclier que le bien public. Les ilénonciateurs se firent légion cl le régent, circonvenu, mal informe, se laissa peut-être [)lus dune fois arracbcr des lettres subrcplices, dont abusèrent d'anciens conseillers de Jean II, tels que les o frères Hra(pie », — .\rnoul et Nicolas, — les linniiciiMs véreux et sans scrupules-'. Les agissements de l'un d'eux. ÎNicolas lira(pie, le plus compromis. a\aient été signalés par Michel de Saint-Germain, qui, au début du règne de Jean II, avait eu une commission de réformateur général des Monnaies. On lui fil expier sa clairNoyance et sa franchise. Pendant le blocus de Paris, il était deuïeuré dans la \ille.mais ne pouvait, scmblc-t-il, èlre implicpié, à aucun degré, dans la conspiration de Marcel. Néanmoins, ses ennemis exploitèrent contre lui je ne sais cpiclle équivoque. Ils réussirent à obtenir du régent un ordre de mort, et, le 3 août, Michel de Saint- Germain était noyé dans la Seine. 11 y avait là une lamentable erreur, — on ne peut é([uitablement reprocher autre chose au dauphin, — une (( justice » par trop sommaire qui faisait de l'exécution un véritable assassinat^. La peine de mort entraînant la confiscation, les Braque en

I. C'est ce qui fait l'inlénH dune Icllrc du comte de Poitiers aux consuls de Montpellier, pour leur communiquer les nouvelles encore sommaires qu'il a reçues de Paris ( Albi,8 août i358| : « ...Monseigneur le duc nostre frère nous a escript comme le bon peuple de Paris s'est adverliz et ont mors, des gros de Paris, le prevost des marchans, Jehan de Lille, Charles Toussac, Philippe Giffart et jusques à vu de[â] plus grans, et touz les autres poursuient, et ont mises les bannières de Monseigneur le Roy et crié : « Vivo le Roy et Monseigneur le duc ! » (.\rch. comm. de Montpellier, Fonds du Grand Chartrier, D. \1X.)

a. Lettre précitée : « . . .et s'il y a aucun qui par simplesse aient esté deceuz souz umbre de bonne foy, nous ne voulons que rigueur leur soit faicte, mais grâce et remission, se mestier en ont ».

3. Noël Valois, La Revanche des frères Braque. Extrait du tome X, p. loo-iaO, des Mémoires de la Soc. de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France.

'4. Voy. sur ce point les réflexions de M. P. Viollet [Bulletin de la Soc. de l'hist. de Paris, 188/1, p. 76. — Hist. des institutions polit, et admin. de lu France, t. II, Paris. 1898, in-8'^, p. 211, n. 1).

profitèrent pour s'emparer des biens de leur victime. C'est ce qui ébruita l'affaire. Lorsque Jean II fut revenu de captivité, les héritiers de Michel de Saint-Germain intentèrent des poursuites contre les spoliateurs, pour leur faire rendre gorge. Les Braque ne pouvaient opposer aucune excuse valable. Le dauphin les couvrit de son mieux, en reconnaissant que c'était bien par son ordre que l'ancien réformateur des Monnaies avait péri K II fallait autre chose pour éteindre l'action criminelle, et surtout pour obtenir le désistement des héritiers. On leur offrit une indemnité pécuniaire, dont ils se contentèrent et qui fit tomber les poursuites.

Dès le lendemain de son retour (4 août), le régent avait eu à cœur d'entrer en contact avec le peuple de Paris. 11 le convoqua donc à l'Hôtel-de-Ville, et là, publiquement, il dévoila « la grande trahison », ourdie non seulement par le prévôt et ceux qui avaient déjà été punis de mort, mais par l'éveque de Laon et « plusieurs autres qui vivaient encore » -. Cette trahison, si elle eût réussi, aurait consisté à introduire dans Paris les bandes anglo-navarraiseset à proclamer le roi de Navarre roi de France. Elle aurait commencé par un effroyable massacre de tous les partisans du roi de France et du régent, que des marques convenues apposées à l'avance sur leurs maisons, eussent désignés aux coups des assassins^. Ces révélations avaient déjà été faites à la foule par Maillart et ses adhérents, aux premières heures de la journée du 3i juillet. Les aveux arrachés ou échappés aux coupables qu'on n'avait pas pris en flagrant délit et massacrés sur-le-champ, avaient permis de les compléter. Quelques semaines plus tard (3i août), dans une longue lettre écrite au comte de Savoie, son beau-frère, le régent s'aidait de tous les renseignements ainsi recueillis pour retracer, avec une évidente partialité, le récit officiel de ces mêmes événements V La lettre

I. Lettres de rémission de Jean II en faveur d'Amaury Braque (Paris, avril i3Gi) : « ...et depuis noslre dit filz fust venuz par devers nous, el nous eust dit ou fait dire et afermé que, pour certaines et justes causes qui à ce le meurent il avait fait mourir et noier ledit Michiel, etc. » (N. Valois, op. cit., 24).

a. Gr. Chr., VI, 187.

3. Ibid. ; « ... C'est asavoir de faire le dit roy de Navarre roy de France et de mectre les Anglois et Navarrois en Paris, celui soir que le dit prevost fu tuez, et de mectre à mort tous cculz que l'on savoit qui se tenoient de la partie du Roy et de son filz, et jà avoient esté pluseurs maisons de Paris signées à divers seingz... »

ti. Turin. Archivio di Slato. Materie politiche. Negoziazioni con Francia. Mazzo 1°, n° 7. Plusieurs fois publiée ; le meilleur texte est dans Kervyn de L., Froissart, VI, 473479. Toutes les citations faites au cours du présent travail sont faites d'après l'original.

MOUT DL CHANfEMEU IM IU)I DK >\VAKRF, ^^67

ail comfc (le Savoie a ramplcur flnri mémoire {xjlilicjuc. mais c'est aussi un mi'moirc jnstilicalil', car le roi de Na\arre étail s)iiipathi(]ue à toiis les |»rinces de la Clircliculé, et pour Irouver des alliés contre lui, il fallail piotluire des l<''m(M<.Mia^'es décisifs de sa trahison '.

l'iii (l(''[>il des Icllres de rémission du lo aoùl, la réaction n avait pas dit son dernier mol. (le même mois vil se |)oursuivrc la série des con- (iscations, tandis cpion selTorçail de réunir des preuves contre d'autres suspects, pour procéder à de nouvelles arrestations'.

Un des prisonniers des premiers jours n'avait [)u être " justicié » aussi rapidement (pic ses com[)aî^'nons, parce (pi'il était homme d'église. C'était Thomas de Ladit, le chancelier du roi de Navarre. .\u commencement de septend)re, il élait encore détenu au Palai.s, où on l'avait transféré après lavoir tout d'ahord écrou(' au Chàtelel'. 11 devait sa- \oir heaiicoiip de choses, et l'on ne dut rien nc'gliger pour le faire par 1er, de gré ou de force ''. On ne |>ou\ail loiitefois le retenir indéliniment dans une prison séculière, puis(pril étail en droit de réclamer une autre juridiction^. Le i:! seplemhre, un peu avant midi, on se décida à le remettre aux mains des gens de réNè([ue de Paris '"\ Comme il avait

1, «Si \otis siyiiiliniis, Iro (lier cl Iri'- aiiii' l'reri', luiites ces choses, afin (juc nous soions leriii/ pour bon cl vray seigneur, cl que en nous n'a lenu que la dile paiz n'ait esté tenue, et aussi qu'il vous appcre le très granl torique le dit roy a envers nous, les perilz et perplexilez où nous avons este, cl les 1res granz faussclcz et niauvaislicz contre nous i)erpctr(5es et pourpciisécs. El vous prions, 1res cher et très amé l'rcre, que vous ne \ueilliez croire le contraire, se il vous cstoit rapporl(3 ou escript par aucuns noz enncmiz, quar nous vous escrivons la vérité des choses, et de ce appelions Dieu et le monde à tesmoing. »

a. Les lettres de rémission générale excluaient « le fait de la grant traïsori ». {Ordoim., t. iV, p. 3'iG-3'i8.)

Pour les conRscations, cf. un article de S. Luce, Pièces inédites relatives à Et. Marcel et à quelques-uns de ses principaux adhérents {Bihl. de l'Ec. des Qh., 1860, p. 73-92).

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