‹ Histoire de Charles VChapitre 58 sur 381 · LE PREMIER DAUPHIN DE LA MAISON DE FRANCE · texte numérisé non relu

LE PREMIER DAUPHIN DE LA MAISON DE FRANCE

Viennois, n'avaient pas élé posées, dans l'instrument diplomatique, avec autant de précision que je l'ai indiqué. Des commissaires furent chargés de déterminer le tracé définitif. Le gouverneur du Dauphiné, Aymar de Poitiers, avait reçu à cet égard de pleins pouvoirs^. Il fut accusé, comme l'avait été le chancelier Solier, d'avoir trahi les intérêts de son maître, et encourut une complète disgrâce 3. L'œuvre de délimitation ne fut achevée, et encore sur un point restait-elle imparfaite, que dans les dernières années du règne de Charles V *.

Le traité de Paris passe généralement pour avoir été avantageux au comte de Savoie et on lui oppose volontiers le traité de Lyon (1601), par lequel Charles-Emmanuel se dépouilla, en échange du marquisat

corporalia, tactis sanctis envangeliis, juramenta prestitimus et promiltimus aller alleri per omiiia bonam fidem... » Le dauphin n'était certainement pas considéré comme majeur, ainsi que l'indique le préambule du traite : « Johannes Dei gracia Francorum rev cl nos Karolus ipsius domini régis primogenilus dalphinusquc Viennensis cwn aurtoritnte et asseiisu dicli domini geniloris nostri e.rpresse nobis preslilis ad omnia et singuUi infrascripta etc. ».

1 . « Et quia nos dalphinus et cornes volumus debatum lollere quod crat vel esse poleral super limitationibiis infrascriplis, cl limilationes fieri et discerni inter terras utriusque, prout melius lieri poterit, ad bonum commune, pro quiele etpace inter nos et subditos uoslros liincinde servanda, nos dalphinus deputamus ex parle nostradominum Monlischanuliet dominum Amblardum de Bellomontc, aut duos alios ydoneos deputabimus, et nos cornes predictus ex parte nostra deputamus dominum Grandimonlis et dominum Petrum de Monlegelato aut duos alios sufRcientes deputabimus, quibus quatuor nos dalphinus et cornes damus et dabimus concorditer potestalcm ordinandi el discernendi limitaliones hujusmodi, sive per Eschaillonum Sancti .\pri et per riperiam de Byevro, sive per lliimcn de Guyer, prout eis melius vidcbilur l'acicnduni, pro bono pacis perpétue el subdilorum utriusque quiele, non habendo respectum vel oculum ad alterutrius noslrum comodum singularc. »

2. Arch. nat., JJ. 82, n° 668, fol. 4i3 y-hi!* (n févr. i355).

3. Arch. de l'Isère, H. 3/i8t.i-34yo. — Inventaire-Sommaire, 111, p. 5i.

!x. Le traité de i355 soulevait, dans son application, quelques questions délicates. 11 fallut plus de vingt ans aux commissaires pour aboutir aux conventions du 24 février 1377, qui levèrent à peu près toutes les difficultés. Le cours du Guiers fut déllnitivement pris comme ligne de démarcation, au Sud-Est, contrairement au désir de la cour de Savoie, qui avait espéré obtenir le tracé plus avantageux, passant au nord par rEchaillon deSaint-Aupre et la rivière de Bièvrc. Le comte de Savoie abandonna toutes les terres el tous les droits qu'il avait retenus dans l'ancien Viennois, en garantie des sommes promises par le traité et demeurées impayées. Mais les commissaires ne purent se mettre d'accord sur le point de savoir laquelle des deux branches du (juiers— Guiers vif on Guiersinorl —formerait la limite. 11 y eut jusqu'au 2^ mars 1760 un conleslé franco savoisien, le territoire « d'enlre-deux-Guiers «. A cette date, la frontière française fut portée jusqu'au Guiers vif (G. de Manteycr, Les Origines de la maison de Savoie. ÎS'oles additionnelles, p. j'ji-ayS).

L AVENEMENT DU KOI JEAN ôô

de Saluées, de tous les pays qui forment le département de l'Ain : la Bresse, le Bugey, le Valromey, le pays deGex, etc. •. Mais il est certain que la transaction de i355, qui replaçait sous l'aulorité du dauphin l'ancien Viennois foui entier, laissa le Dauphiné plus fort, plus uni, et lit œuvre durable en substituant les frontières naturelles à des limites conventionnelles et changeantes -.

\"11. — Le daupliin Charles était revenu en France dans les derniers jours du mois d'août i35o, après avoir reçu la nouvelle de la mort de son aieul ^. Le dimanche 26 septembre, il assistait, à Reims, au sacre de Jean 11. et fut fait chevalier par le Roi '* en môme temps que Louis, son frère, le futur duc d'Anjou^ ; Charles, comte d'Alençon*^; Louis, comte dEtampcs " ; Jean, l'un des fds de Robert d'Artois*^; Philippe d'Orléans, le second lils de Philippe ^ 1 ; le duc de Bourgogne, connu sous le nom de Philippe de Rouvre, petit-fils d'Eudes IV et beau-fils

1. Ce dernier traité ne contenta pourtant pastovil le monde, même en France. Il causa à Lesdiguières le plus vif désappointement, et le futur connétable déclara tout haut « que le roi de France avait fait une paix de marchand, le duc une paix de roi ». (Ch. Dufayard, Le connétable de Lesdiguières. Paris, Hachette, i8t)2, in-8°, p. aiS-iig.)

2. « Les conséquences de ce traillé, dit Giiichenon, furcr.t avantageuses auxdeux partys ; il servit de ciment à une perpétuelle amitié entre les maisons de France et de Savoye, estoufla toutes les semences de hayne et de division erilre les Daufinois et les Savoysiens et fit vivre ces peuples en paix et en repos, v>

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