‹ Histoire de Charles VChapitre 6 sur 381 · VL · texte numérisé non relu

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Jusqu'en i36o, les noms de ces deux chroniqueurs. — bien français par la langue, sinon de naissance, — sont inséparables l'un de l'autre. Dans sa première rédaction tout au moins,

I. Les Grandes Chroniques de France, selon que elles sont conservées en l'église de Saint- Denis en France. Paris, Techener, iSZ-, G vol. in-12 (11 y a aussi une édition in-S", qui ne diffère pas de celle-ci.)

XX INTRODUCTION

Froissart se borne à repioiidre l'œuvre de son devancier, parfois copiée lexluellement, le plus souvent « historiée » ou c augmentée », grâce à des dé^eloppements ([ui ont rarement une valeur historique. Par là s'expliquent de grosses erreurs, où Jean le Bel n'était point tombé, et qui })roviennent, chez son continuateur, moins d'une information inexacte, que d'une tendance trop marquée à l'amplification pure et simplet Froissart, par un défaut opposé, est plus timide que le chanoine de Liège; il supprime ou adoucit bien des traits dans les récils de son devancier, ce qui ne tient pas uniquement, ni dans tous les cas. à ses scrupules d'historien. Gouf mandons tant qu'il nous plaira le merveilleux conteur, mais, après avoir relevé sans pitié ses écarts chronologifiues. ses omissions ou ses bévues, lisons et relisons les Chroniques. Ce mémorial de la vie chevaleresque au xiv° siècle a, malgré tout, un fond de vérité, auquel l'histoire la pbis documentée et la plus austère ne sam'ait atteindre.

D. — C/ironographia regum Francorum (édit. H. Moranvillé, Soc. de l'hist. de France, t. II, iSgS). — Compilée à Saint- Denis, dans le premier quart du xv*" siècle, par un religieux de l'abbaye, à laide de notes qu'avaient utilisées déjà ou qu'utilisaient encore les historiens officiels de la monarchie, la Chronographia a le mérite commun à toutes les œuvres historiques ayant la même origine : celui d'avoir une chronologie exacte. Plusieurs autres Chroniques, écrites en français, paraissent en dériver, notamment la Chronique normande (édit. Aug. et Em, Molinier, Soc. de Vhist. de France, 1882).

Le Miroir hislorial, de Jean de Noyai, abbé de Saint-Vincent de-Laon (iSôS-iSgS), na qu'exceptionnellement une valeur ori-

I. Chron. de J. Froissart, ôdil. S. I-uce, t. I, 2' p., p. i (Prologue) : « Voirs est que messires Jeliaris IL Biaus, jadis canonncs de Saint Lambert de Liège, en fist et cronisa à son temps aucune cose à se plaisance ; et j'ai ce livre hisloriet et augmenté à le mienne... ».

iNTUOni CTION XXI

ginalo. Wmv la ])ériode comprise entre i3jo et i38o, l'auteur a tiré tous les éléments de son récit d'un abrégé de la Chronique normande ; quelques courts passages seulement lui appartiennent en ])ropre. Les Fragments inédils de la Chronique de Jean de Noyai ont été publiés par A. iMolinier dans V Annuaire-Bulletin de la Soc. de rhisl. de France {fH^'6).

E. — Chronique de Richard Lescot, religieux de Saint-Denis (1328-13^^), suivie de la continuation de cette chronique <i3^^- 136^/). Editée par M. Jean Lemoine, pour la Soc. de rhist. de France (1896). La « Continuation 0 seule nous intéresse ; elle a des rapports nombreux et étroits avec les Grandes Chroniques et avec la Chroidquc de Jean de Venelte (Voy. ci-dessous). Composée à Saint-Denis, puisée à des sources officielles, elle est en général exacic. et donne cpielques renseignements <pron ne trouve point ailleurs.

F. — Conlinuationis Chronici Guillelmi de .\angiaco pars lertia (édit. H. Géraud : Chronique latine de G. de Psangis... avec les Continuations de cette chronique ; Soc. de l'hist. de France, t. II. 1843, p. 32- et suiv.). — C'est la célèbre cbronique du carme Jean de Venelle, qui a pris place de boimc heure })armi les Continuations de Guillaume de Nangis. par suite d'une lacune encore inexpliquée dans l'historiographie de Saint Denis.

Tout a été dit sur cette œuvre célèbre, l'une des plus vivantes que nous ait léguées le iMoyen âge, et dont quelques pages sont classiques. Infiniment moins exacte et moins précise que les Grandes CJhroniques, elle peut servir à corriger et à contrôler, dans quelques cas, les jugements ou les récits tendancieux de Ihistorien officiel.

G. — Chronique des quatre premiers Valois, 1327-1393 (édit. S. Luce, Soc. de rhist. de France, 1862). — Importante surtout pour la connaissance des événements qui se sont passés en Normandie et qu'elle raconte généralement avec beaucoup de dé- Histoire de Charles v. il

XXn INTRODUCTION

tails. Son grand défaut, comme celui de tontes les Chroniques qui nonl pas été élaborées à Saint-Denis, est d'avoir une chronologie insuffisante et très souvent fautive.

H. — Chronique normande de P. Cochon, édit. Ch. de Robillard de Beaurepaire ; Soc. de rhisl. de is'orinandie, 1870. — Rarement utilisée dans la présente histoire, P. Cochon, né entre i36o et i38o. n'ayant guère pu consigner, dans sa Chroni que, de souvenirs personnels se rapportant aux règnes de Jean II et de Charles V. Mais il a puisé, dans la tradition, des renseignements exacts sur des faits qui, en Normandie, et à Rouen en particulier, avaient vivement frappé l'imagination populaire (l'arrestation du roi de Navarre et la quadruple exécution tlu 5 avril i356).

/. — Pelite Chronique franc cas e de l'an 1270 à l'an 1356, publiée par Douët d'Arcq (Extr. du Bullelin de la Sociélé des Bibliophiles. 1861). — Très brève : insignifiante dans l'ensemble ; ne serait pas citée ici, si elle ne donnait quelques détails intéres sauts et précis sur la bataille de Poitiers.

2° Sources angkdses. — D'une manière générale, elles sont loin d'avoir pour les règnes de Jean II et de CharlesV, la même importance que pour celui de Philippe de Valois.

A. — Robert d'Avesbury. De g es lis mirahilibus régis Edwardi lertii. édit. Edward Maunde Thompson, Rolls Séries, 1899 *. Chronique allant de 1822 à i356 ; précieuse par le grand nombre d'actes diplomatiques ou de lettres, que l'auteur, archiviste de la cour archiépiscopale de Cantorbéry, a insérés dans son texte ^. On peut citer, pour les six premières années de Jean 11 : une lettre du prince de Galles, racontant sa chevauchée dans le

1. Adœ Murimulh continuaiio Chronicarum. — Ilobertus de Avesbury. De gestis etc. (p. 279-^71).

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