‹ Histoire de Charles VChapitre 64 sur 381 · Voir le chapitre iir · texte numérisé non relu

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3. Le fait d'être lieutenant du Roi n'entraîne point cette conséquence. Charles le Mauvais a été lieutenant du Roi en Languedoc pendant l'année i35i et déclaré majeur au commencement de l'année suivante, à l'occasion de son mariage avec la fllle de Jean 11 (Secousse, Hisl. de Charles le Mauvais, p. a/j).

ti. Lettres par lesquelles le roi Jean confirme le traité de N'alognes (lo septembre i355), conclu par ses commissaires avec le roi de Navarre : « art. ii. Item. Est accordé que par semblable manière, le promettront et jureront mess, le dalphin, le conte d'Anjou et autres enfanz du Roy, quant il seront aagie:, le duc d'Orliens, le duc de Bourbon, le connestable, les enlanz d'Alençon, le conte d'Estampes et son frère, le conte de Eu et son frère, le duc deBretaigne, le conte de Flandres, le duc d'Athènes, les contes de Foix, d'Armignac et de Savoye, et tous les autres seigneurs du sanc de France qui sont d'aage... )>

LE DAl PIII\ A 1.4 COUR DE JEAN II (J-

Ln souvenir pénible a pu conliibuer à inspirer au dauphin quelque éloignement pour son père, surtout quand, d'enfant devenu adolescent, il fut mieux en étal de tout comprendre et plus disposé à écouter ceux qui avaient intérêt à mettre la désunion dans la famille royale. Il ny avait pas eu que des fêtes et des réjouissances depuis l'avènement de Jean H. Un drame mystérieux avait assombri les premiers mois du règne. A peine le Roi était-il monté sur le trône, que le connétable de France, Raoul, comte d'Eu et de Guines, prisonnier depuis l'invasion anglaise de i340, était venu en France, libre sur parole, pour compléter sa rançon*. Plusieurs fois déjà il avait été « élargi » par Edouard 111, pour le même motifs. C'était un des plus brillants chevaliers du royaume, un homme à bonnes fortunes, qui, à la cour d'Angleterre comme à celle de Philippe VI, avait conquis et séduit tout le mmide :<. Brusquement, et sans que la cause de sa disgrâce apparût, il avait été arrêté par le prévôt de Paris, dans l'hôtel même de Nesle, où se trouvait le Roi, et décapité deux jours après, sans jugement'». Cette exécution, la première des « cruelles justices », que les contemporains ont reprochées à Jean II, ne fut pas seulement désapprouvée ; elle eut je ne sais quoi d'énigmatiqueet de troublant. On s'efforça de percer le mystère,^ mais peu de gens savaient ou soupçonnaient la vérité, et ceux qui étaient mieux instruits se taisaient, par peur ou par scrupule. Pour égarer l'opinion publique, de fausses explications furent propagées, qui ont trompé les historiens modernes, car la trahison du connétable ne paraît pas avoir été un crime politique 3. Un chroniqueur, Jean le Bel, a parlé, et fort explicitement, mais son récit n'a pas attiré l'attention, Froissart, qui s'en est inspiré comme toujours, l'ayant jugé

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