Le 1" janv. i355. Voy, la note /4 de la page précédente
2. La Normandie avait été simplement rattachée au gouvernement d'Amaury de Craon, qui, en i353, est « lieutenant du roi es partie de Bretaigne, d'Anjou et du Maine » (Bibl. nat., Clairambault, LVI, n. G- et XCVIll, n. /iS ; 0 mars et i3 juin), et qu'on retrouve en 1 35^-1 353 avec la qualification de « lieutenant du roi es parties de Normandie, d'Anjou et du Maine» (Clairambault, XWII, n° 1 29; i*' décembre iSô'i; — P. O. u(02, d. /|38o5, Malvinet, n. 2 ; 3o janvier i355).
3. Voy, le chapitre \ de VHistoire de Bertrand du Guesclin et de son époque, par Siméon Lace, Paris, Hachette, 187C, in-8°.
li. Je ne connais pas la date de cette constitution d'apanage qui remonte au moins au commencement de l'année i354 (Arch. nat., JJ, Sa, fol. i5G v, n° aaS, 5 mars i35^).
5. Bibl. nat., Clairambault, CCXIII, n» ag (28 mars i355). « Les trésoriers du Roy nostresireà Paris. Auviconte du Pont del'.Vrcheou à son lieutenant. Salut Nous vous
L\ DKl'ENSF, DE LA NOUMAMJlE (p
Lcdaiipliin pailiL pour lloiicn dans les derniers jours du mois de mars 1 355 •. Tout d'abord, l'objcl de son déplacement, de son « voyage » . comme on ra[)polle. n'est pas défini. Il semble que le fds du Roi n'ait d'autre but (pic de <( visiter le pays de Normandie »>,ct cpi'il sul'fise de pourvoir aux dépenses de son Ilntei. Mais il avait certainement reru des instructions, plus ou moins secrètes, l'autorisant à prendre, comme il le lit plus lard, le tilre de k lieutenanl du Uoi » -, et à exercer, lui aussi, un grand commandement militaire, s'élendanl à la Normandie et à la Bretagne •'.
Soit (pio les projets du roi de Navarre eussent transpiré, - divulgués peut-cire à dessein par une sorte de « cbantage », — soit (pie des espions eussent révélé à la cour de France les intentions d'Edouard 111, Jean II s'attendait à une descente des Anglais sur un point encore indéterminé du littoral normand. Gomment parer au
maniions et commandons. île par nosirc dit seigneur el de par nous, que lantost et sans dclay, loulcs excusalions arriéres mises vous paiez et délivrez des deniers de voslre rcceple ordinaire et extraordinaire, tant irimposilions comme autrement, à maistre Jclian le Coq, maislre de la chambre aux deniers d'icelui seigneur, ou à son certain comniaiulemenl, la somme de cinti cen: livres tournois pour converlir ou paiement de la despense de Vostel Mous le datphin de Vvennois, qui s'en va par delà visiter le pays de Normendie etc. ».
Le voyage du dauphin était certainement décidé depuis quelque tenips. Voy. \\^^ mandement du roi Jean, du 23 mars i355 (Bibl. nat., P. O , 2777, Joss. Gi8:!y, SviNT-Sih'tLCUE, n" 3).
I. Son itinéraire au départ n'est pas très bien connu. D'apn's le mandement de Jean II du aS mars (voy. la noie précédente), il semblerait qu'il fût déjà parti à celte date : « ...les quicx (le sire de Uevcl, Guy de Saint-Sépulcre et Pierre d'Orgemoul) nous envolons pour certaines grosses besoigncs par devers nostre très cher et amé lits le daiilpliin de Viennois ». Cependant, le 29 mars, il n'est encore qu'au Château Gaillard (Arch. nat., K. /17, n" Sa) et le 5 avril,— le jour de Pâques,— à l'abbaye de Bonport (Bibl. nat., Fr. 25701, n° i).
Bonport (Eure, arr' de Louviers, c"" du Pont dc-l'Archct; abbaye cistercienne, fondée en 11 go par Richard Cœur-de-Lion.
;î. Je ne sais quand ce titre lui fut conféré ofriciellement ; il ne le prend pas encore le 6 mai (Bibl. nat., Fr. 35701, n' G; — Ibid., Nouvelles acquisit. franc , 8637, n° 03). Il le porte le 5 juin (British Muséum, Additional Charters, n° i5) C'est après la réunion des Etals de la province cl l'octroi du subside (voy. ci-aprè.s) qu'il fut fait ou qu'il commença à se qualifier lieutenant du Roi.
3. Bibl. nat., Clairambault, t. LXXIV, n» 102 (12 juin i355) : « ... en ces présentez guêtres es parties de Normendie, sous le gouvernement de Mons. le dalphin de Vienne, ainsné filz et lieutenant du Roy. . » — Même fonds, t. XXIV', n° i35 (i3 juin, même année) « ... en ces présentes guerres es parties de \ormendie et de Bretaigne, souz le gouvernement de Mons. le dalphin de Vyennois, ainsné filz et lieutenant du Roy... »
danger? La province n'avait pour se défendre que les garnisons de ses châteaux, souvent bien réduites, et point de forces mobiles pour tenir la campagne. Quelques mesures urgentes prises par le dauphin*, ou même les premiers jours, parle <( Conseil du Roi », c'est-à-dire par les conseillers adjoints au prince -, trahissaient la gravité de la situation plutôt qu'elles n'y portaient remède. Avant tout, il fallait réunir un nombre d'hommes d'armes suftisant, et, s'il était possible de les trouver sur place, encore était-il nécessaire de les attirer et de les retenir par l'appât d'une solde régulièrement payée. Le service soldé est, en effet, la règle à cette époque; personne ne fait la guerre à ses frais, pas plus les bannerets que les simples écuyers. Sans doute, on n'a pas renoncé à convoquer ou, comme on le dit, à « faire crier » l'arrièreban, mais c'est là surtout une mesure fiscale qui, au point de vue militaire, donne d'assez piteux résultats 3.
1. 29 mars i355 : « Charles etc. Au bailli et au viconle de Gisors, etc. Nous avons ordené et ordonons par ces présentes que il ait, et -pour certaine cause, ou chaslel de Gaillart, deux gcntilz hommes et quatre soudoiers souz culz, pour la garde dudit chastel etc. » (Arch. nat., K. ^7, n° 82^
5 avril i355, Abbaye de Bonport : « Charles, etc. A noslre amé mcssirc Eslacre des Mares, chevalier, chastelain et garde du chaslel de Caen... Pour ce que nous avons entendu que les anemis de Monseigneur s'efforcent de chevauchier es parties de \ormendie et de courir, grever et dommagier le pais, nous vous mandons et commettons que lantost et sanz delay, veues ces lettres, vous prengiez gens d'armes et de pié, et vivres aussi, tant que vous verrez qu'il apparlendra pour la garde et deffense du dit chastel et de la ville de Caen, à laquelle garder nous voulons, en cas que entendre n'i pourriez, vous commettez une ou plusieurs personnes, si comme bon vous semblera ». (Bibl. nat., Fr. 20701, n" i.)
2. Bibl. nat., Fr. 26000, n» 327 (Rouen, 3o avril i355) : « Bernart Fremaut, trésorier de France. Au viconle du Neuf Chastel et d'Arqués ou à son lieutenant. Salut. Comme darrenierement, présent le Cotiseil du Roy noslre sire estant à Rouen par devers Mans, le dalphin, l'en ait ordené à avoir et mettre certainnes quantités de gens d'armes et de pié es chastiaux et forteresses de vostre viconle, c'est assavoir ou chastiau d'Arqués x hommes d'armes et xx sergens, qui montent par mois c iin"^ xv 1. t., ou Neuf Chastel iiii hommes d'armes et x sergens qui montent par mois iiii'^x 1. t., en la ville de Dieppe xxx hommes d'armes et lx sergens ciui montent par mois \' iiii^" V 1. t. ; ainsi font quarante-quatre hommes d'armes et quatre vins et dix sergens de pié qui montent en somme huit cenz soixante quatre livres tournois... ».
Un autre mandement de Bernard Fremaut, en date du même jour, adressé au vicomte de Vire, est relatif à l'approvisionnement et à l'armement des châteaux et forteresses de la vicomte. Mais il est simplement donné au nom du roi : « Nous vous mandons et commandons de par le Roy noslre sire etc. » (Bibl. nat., Fr. 26000, n" 328).
3. La con\ocation de larrière-ban doit cire motivée par des circonstances graves,
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Le princij)nl obj-eldola mission du cliuipliin<''taitd'asseniljler les liois Etats du duché de Nortiiandie et fie leur l'aire voter un subside pour la défense do la province. Trois conseillers du lUji : le sire de Ivf^vcl. fluy de Saint-Sépulcre et Pierre d'Orgemont, accon)pagnaient ou rejoignirent le lils de Jean II K Les u grosses besognes d visées dans un mandement qui les concerne, doivent s'entendre d'une convocation des Etats et des négociations, sou\enl délicates, qui précédaient l'octroi du subside Que le sire de Kevel et ses deux c compagnons » eussent été désignés pour représenter le Roi à l'assemblée provinciale, pour y figurer en qualité de commissaires royaux, c'est ce qui ne fait point de doute. Le nom de l'un des trois commissaires est surtout à retenir. On sait à quel degré de faveur paivint Pierre d'Orgemont sous le règne do (Iharlos \ : cbancelier de France, l'un des exécuteurs teslamenlaires du l>i)i, il aiirail été, suivant unt' opinion au moins plausible, le rédacteur olïiciel d'une partie importante des (irandcs Chroniques. Vu moment où il fut envoyé en Normandie, il venait d'être fait par Jean II président au parlement de Paris-. II est intéressant de le voir associé aux premiers actes de la vie politique d'un prince, qui lui marqua toujours une grande confiance et l'appela aux plus hautes fonctions.
Les Etats duducbé de Normandie durent se réunir à la fin d'avril, ou au plus lard au commencement du mois suivant. Le G mai, le vote est certainement acqui.^, car des dépenses sont inq)utées, à cette date.
car, d'après les engagements pris par le Roi avec les asscnablécs provinciales pour en tirer des subsides, c'est le seul cas où '( le service d'ost » puisse être exige, tantque l'imposition aura cours (Arch. nat., JJ. 8^, n° 8, fol. O-y", avril iSSd. — Subside d'Auvergne). — Ordonn. des rois de France, III, p. Sgi, 5o5, 529, 667 (i35o-i35i).
1, Bibl. nat., P. O. 2777, d. (J1829. Saint-Sépilche, n. 3 (23 mars i355). Mandement de Jean II, k ses trésoriers k Paris, d'avancer ce qui leur est nécessaire pour les frais de leur « voyage » au sire de llcvel, k M* Guy de Saint-Sépulcre et à M' Pierre d'Orgemont, « les quiex nous envoions pour certaines grosses besoignes par devers nostre très cher et amé fils le daulphiri de Viennois ».
Le sire de Revel est Guillaume Flotte, qui avait été chancelier de France, sous le règne de Philippe de Valois, de i33cj à iZ!x-. Guy de Saint-Sépulcre, conseiller clerc au Parlement dès i3/i6, fut plus tard maître des requêtes de l'Hôtel (i3Go).
2. Le 5 mars i355 {Bibl. de la ville de Rouen, Collection Leber, n" 5870. — Extraits des Mémoriaux de la Chambre des comptes de Paris (par Jacques Menant), t. I, fol. 03 v% d'après le Mémorial C, fol. 181).
sur les fonds qui proviendroiil du (( premier lerme » du subside*. N'y eut-il ([u'uiie seule assemblée, tenue à Rouen, commune à tous les bailliages de la province? La Basse-Normandie eut-elle, au contraire, ainsi qu'il arrivait ordinairement, ses Etats distincts, délibérant sur le même objet et prenant les mêmes résolutions que les Etats de la Haute- Normandie? Il est malaisé de le discerner Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'en i355 un subside unique est levé, en deçà comme au delà de la Seine -, et que, néanmoins, dans les deux bailliages de Caen et de Cotentin, la perception de rinqi(')t et la défense du pays sont organisées d'une façon indépendante. On en aura bientôt la preuve; mais les exemples abondent, au xiv" siècle, d'une sorte d'autonomie militaire et financière, que la situation particulière de la Basse-Normandie rendait inévitable 3.
Consenti pour une période de trois mois, — juin, juillet et août, — le subside était destiné à lenlrclien pendant un temps égal do 2.000 hommes d'armes ''. 11 consistait en un louage de 5 sous par feu et par mois.
1. Bibl. nat., Fr. 23701, n"' 2. 4, 6. — Nouvelles acquisitions franc., 3G37, n» C3, iGisors, G mai i355). Mandements du daupliin aux commissaires généraux pour le fait du subside. « Nous vous mandons que des deniers du subside ottroié à Monseigneur cl à nous en Normendie pour la garde et deffense du pais, qui se lèveront et cueudronl sur le premier ternie, vous faciez baillier et délivrer... par les trésoriers commis et ordonnez à recevoir les deniers dudit subside, etc. »
2. Les mandements du dau[)liin n'établissent aucune distinclion entre le suljside qui est levé dans les bailliages de Caen et du Cotentin et celui qui a cours dans le reste de la Normandie. — Mandement du daiipiiin, donné à Rouen le 19 juin i355 ; « ... par les receveurs commis et ordonnez a recevoir les'deniers du subside qui est cl sera cuiili et levé es bailliages de Caen et de Co^tentin... » (Bibl. nat., Fr. aSyot, n» i) ; — Autre mandement du 2.1 juin i355,Deville : «...parles receveurs commis et ordonnez a recevoir les deniers du subside à nous ottroié ou pais de Normandie, es bailliages de Caen et de Cosfcnlin... » (Bibl. nat , Nouv. acquis, fr. 20.075, n» 12). — .\ulre, du 22 août i355, Rouen : « ... Aymar Bourgoise, receveur de ce subside a nous ociroié pour 3 mois es bailliages tle Caen et de Costenlin... x (Bibl. nat.. P. 0. 'iy5, d. 111.^3, Bkvy, n'' /|t>. — Extrait de Gaignières, d'après l'original d'IIozier).