Dom Vaissète, IX, p. 65g, n
5. D. Vaissèle, X,col. 1122-1123. Lettre du comte de Poitiers aux consuls de Montpellier (Arch. commun, de Montpellier, Grand Chartrier, D, XIX. — 4 juillet i350): « ...auquel mandement (du Roi) il nous convient obéir, et nous en alons vers mondit seigneur, mais de certain dedenz trois sepmaines,dedens lequel temps, si comme on tient fermement, tout ce qui en devra avenir sera fait, nous pensons retourner en nostre dit volage de Gascoigne et venir bien acompaignez de gens d'armes, pour la défense de vous et du pais. »
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est juste de dire que. quelques mois plus tôt, son frère aîné eût été tout aussi impuissant ou fout aussi inutile. Qu'attendre d'un jeune hdiiime de dix-liuit ans. mal entouré, mal conseillé, et auquel manquait encore la dure, mais salutaire leçon des événements?
II. — L'année i356. qui devait laisser au dauphin des souvenirs tragiques, commença tristement. Dans l'entourage du Roi, régnait un malaise, que des actes de clémence répétés ne parvenaient pas à dissiper. Jean 11 avait été obligé de pardonner trop souvent, pom- qu'il fût possible de croire à un oubli sincère du passé. Le spectre du connétable hantait toujours l'esprit de Charles le Mauvais et de ses amis ; qu'une imprudence vînt à réveiller la douleur du roi de France, les lettres de rémission qu'on lui avait arrachées depuis deux ans n'arrêteraient pas sa vengeance. D'après un factum très partial et déjà utilisé, avec les réserves nécessaires, l'évèque de Laon se serait employé de tout son pouvoir à entretenir ces appréhensions, non seulement chez le roi de Navarre, mais même chez le dauphin : u Ah ! mon très cher seigneur, lui aurait-il dit, vous êtes un enfant et un innocent ! Certes, le Roi ne vous a fait duc que pour vous endormir ; car soyez certain (jnil ne clierche qu'à nous faire mourir, et vraiment il vous fera tuer un de ces jours, vous et votre frère de Navarre » *. Et il revenait à l'idée, à peine abandonnée, d'un voyage auprès de l'Empereur, d'une fuite, à vrai dire, puisqu'il s'agissait pour le dauphin de mettre sa vie en sûreté -. « Certes, ajoutait-il, votre père dissimulera ; il usera de feinte jusqu'à ce que vous ayez oublié, et puis il vous fera mourir, car il n'a pas plus de conscience qu'un chien, et il n'aurait aucun scrupule de vous faire mourir, vous et votre frère de Navarre, parle conseil de ce boucher, messire Simon de Bucy, qui n'a d'autre désir que de verser le sang de France » ^.
1. Acte d'accusation, p. 308, n" 28 : (( Item. Quant il \it qu'il avoit failli à s'ttntente, et que le dit voiage estoit despeciez, assez tost que Monseigneur le duc fu fait duc de ^iormandie, il ala par devers lui et li dist en plourant ces paroles ou semblables en substance : « Ha, mon très cliier seigneur, vous estes un enfant et un innocent ! Certes le Roy ne vous a fait duc que pour vous endormir ; car soiez certains que il ne quiert que à vous faire morir, et vraiment il vous fera murdrir et tuer un de ces jours, vous et vostre frcre de Navarre. » — Cf. ibid., p. SGg, n* 27.
2. Ibid. : V. Pour Dieu ! ne laissiez pas ce voiage que vous aviez enlrcjiris par devers Monseigneur vostre oncle l'empereur. »
3. Ibid., n" ■2'i : k /tein, que pour plus csninuxoir le duc, il dist : « Certes vostre