‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 101 sur 362 · HtgitlTts du ParUment, X'* 1180, f. 133 i · texte numérisé non relu

HtgitlTts du ParUment, X'* 1180, f. 133 i

sadeurs français. Ce dernier se rendit à Paris au bout de queltjues jours, et assista le 3 mai aune réunion du Conseil, présidée par le Dauphin , où il exposa la mission qu'il venait remplir, faisant ressortir, par plusieurs « raisons et exemples notables, » les avantages de la paix. D avait pris pour thème ces paroles : Pax huic domui, et termina son discours en pressant vivement le Conseil d*entendre « à Tapaisement des guerres et divisions *. » Le lendemain , une séance solennelle fut tenue par le Dauphin pour délibérer à ce sujet.

Le jeune prince et ses conseillers n'étaient point opposés à la paix ; mais il fallait que la partie adverse rendît un accord possible. Or, lès ambassadeurs bourguignons s*obstinaient à ne rien rabattre de leurs prétentions. Des envoyés du duc de Savoie , alors à la Cour * , qui tenaient leur maître au courant des négociations , lui écrivaient que les exigences du duc de Bourgogne paralysaient tout , et que le cardinal de Saint-Marc allait se rendre près de ce prince , « pour savoir si nul bon appointement s*y pourrait trouver. » Les envoyés savoisiens, fort bien renseignés par Tévêque de Clermont et par Robert le Maçon, racontaient en outre à leur maître un entretien secret qu'ils avaient eu avec le président de Provence. Louvet leur avait dit qu'on pouvait, à la rigueur, aller jusqu'à concéder deux des trois points qui faisaient l'obj-et du litige (articles 5 et 7), mais que , pour l'article autorisant le duc à venir à Paris , ou autre part , là où seraient le Roi et le Dauphin , avec petite compagnie ou grande, selon que ce serait son plaisir, toutes les fois que cela lui conviendrait, il ne fallait point en entendre parler; car, disait-il, « de venir par devers le Roy et Monseigneur le Dauphin « à sa puissance , pour avanture elle seroit plus grande que

1. La date des 1i-18 aYiil est fixée par Gachard, Archives de Dijon, p. 258; le discours du cardinal de Saint-Marc se trouve dans les Registres du Parlement et a été publié par M. Douet d*Àrcq (Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 397). Voir, sur le rôle des cardinaux , Monstrelet, t. 111, p. 256, et Chron. anonyme, t. VI, p. 252.

2. Ils étaient venus donner réponse à la demande faite au duc de Savoie, par le goa> vemement de Charles VI, de lui prêter main-forte contre les Anglais. Odet de Toumon, seigneur de Beauchastel, et Guichard de Marzé (?) avaient été envoyés pour solliciter le duc de se trouver à Paris le 1«>^ mai , « à toute sa puissance de gens d'armes et de trait. » Guirhenon, fflstoire gênèalotjiqtie de la maison de Savoie, t. Il, preuves, p. 255.

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n celle desdiz seigneurs ; à venir à autant de nombre comme « leur, il ne seroit point de honneur ; et il ne vouloit venir ^ « plus petite, Eipourrien, ajoutait Louvet, ne s'enpourroit « flei- en lui de ta persomie de Monseigneur le Dauphin '. »

Le Conseil royal, désespérant d'arriver à une solution, chaîna les ambassadeurs de Savoie de solliciter l'interveation personnelle du duc leur maître, et déclara s'en rapporter à lui , promettant de faire traîner les choses en longueur jusqu'à sa venue. Mais Amédée VIII ne parîussait point disposé à intervenir; il se borna à envoyer deux ambassadeurs au duc de Bourgogne , plutôt afin de le bien renseigner sur la situation que pour exercer sur lui une pression*.

Dans l'intervalle , les cardinaux médiateurs et le sire de la Trémoille , qui s'employait de concert avec eux , crurent avoir trouvé un moyen de résoudre les difficultés. Bans une conférence tenue le 23 mai , ils communiquèrent aux ambassadeurs leurs avis sur les prétentions réciproques , avec les changements que , dans le but d'arriver à un accord , ils avaient cru devoir apporter aux demandes de chacune des parties.

Les modifications faites par les médiateurs aux quatre premiers articles boui^riignons étaient insignifiantes. Pour le cinquième , ils proposaient une nouvelle rédaction, conçue en ces termes : « Tous pffices royaux demeureront en la volonté et disposition du Bol, et la Reine et mondit seigneur de Bourgogne venus devers lui et Monseigneur le Dauphin, le Roi en ordonnera à son bon plaisir, eu sur ce le bon avis et conseil de la Reine , de mondit seigneur le Dauphin , de Monseigneur de Boulogne , et des autres seigneurs du sang royal lors étant devers le Roi et d'autres de son Conseil , tels qu'il lui plaira. » Pour le sixième, ils affirmaient que le Roi et le Dauphin « désiraient voir » la Beine et le duc de Bourgogne, et qu'il plaisait au Roi qu'une convention fut tenue à Melun, dans les conditions qu'ils indiquaient, à un joor déterminé; et la convention faite, la

1. Rapport de Gu]r de Groulte et.jUïrlrllel de Marlel, envo;r^ du duc de Savoie. Guicheoon, l. c, p. 356.

3. Instrucllons à Guj de Gmul^ el Pierre rie Menthon , envoyés vers le duc de Bourgogne, tiuîchrnon, /. <■,, p. VS-^1.

Reine et le duc « pourront , au bon plaisir du Roi , aller par devers lui quelque part qu'il soit, ainsi que autrefois ont fait ; et aussi au bon plaisir de Monseigneur le Dauphin pourra mondit seigneur de Bourgogne aller par devers lui quelque part qu'il soit. » Quant à Tarticle 7, ils déclaraient que ce que la Reine avait fait, selon le pouvoir à elle donné, sortirait son plein effet, et que, pour le reste, le Roi, après avis du Conseil, en ordonnerait à son bon plaisir.

Les médiateurs étaient moins favorables aux demandes des ambassadeurs français. Sur Tarticle \^% ils faisaient observer que la Reine et le duc n'admettaient pas que les villes en question eussent été mises hors de la main du Roi jii du Dauphin * ; que d'ailleurs , le traité passé et la convention tenue , tout serait remis entre les mains du Roi ; ils ajoutaient qu'il devrait en être fait autant pour les villes appartenant au duc. Sur l'article 3 , ils s'en référaient à la réponse faite à l'article 7 des Bourguignons. Sur l'article 4, ils affirmaient que le duc n'avait fait ni ne ferait « chose qui soit contre la loyauté , » mais qu'il avait été et serait toujours « bon et loyal parent, vassal et serviteur du Roi et du Dauphin , pour les secourir de corps et de toute sa puissance contre tous leurs ennemis , comme tenu y est *. » Quant à l'article S, ils estimaient qu'il était inutile de faire '^ mention de traités antérieurs. Sur l'article 6 , ils déclaraient que, par le traité qu'on négociait, toutes voies de fait cessaient, et que pour le surplus on en déciderait à Melun. Sur l'article 7, ils s'en référaient à ce qu'ils avaient dit relativement à l'article 4. Enfin , quant à l'article 8 , ils réservaient seulement la poursuite des réclamations pécuniaires du duc contre la maison d'Anjou '.

La solution proposée par les médiateurs n'était, on le voit,

1 . Le jour même (23 mai) où Ton faisait cette déclaration au nom du duc, celui-ci donnait quittance à Montbëliard d*une somme de quatre mille livres quUl s'était fait donner par les habitants de Reims, a pour icelle somme tourner et convertir es frais et missions de la guerre que nous avons pour le bien de monseigneur le Roy, de son royaume et de la chose publique d'icellui. » — Archives de Reims, communication de M. L. Paris.

2. Que faisait donc le duc, à ce moment même, à Montbéliard? 11 était en négociations avec l'empereur Sigismond, dont il s'était fait l'allié au mépris de ses devoirs de prince du sang.

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