Jouvenel, p
2. <( ... Dominum delphinum, adolescentem honarum indolum, necdum intus vitii irretitum, sed adhuc innoxium... » Thésaurus novus anecdotorum, t. I, col. 1726. Chastellain parle aussi (t. II , p. 281) du c sens qu'avoit de natures» le jeune prince. Cf. l'ordonnance du 6 novembre 1417, citée plus haut. On voit combien est peu fondée l'assertion de M. Vallet, qui prétend (t. I, p. 159) que « diverses causes arrêtèrent en hii jusqu'à un terme fort tardif le déveveloppement de ses facultés. »
3. « Le firent monter à cheval et le menèrent parmi la ville de Paris, car à cette heure là il n'estoit pas bien sensible. y> Berry, p. 435.
4. Lettre de Robert le Maron , déjà citée , et Berry , p. 435.
1418 LE DAUPHIN JUSQIJ'ai: MEURTRE DE MONTEREAU. 91
même jour Robert le Maçoa aux gens du Conseil en Dauphiiié, « que en personne il n'y soit allé'. » Le l"juin, à trois heures du matiu, le maréchal de Rochefort, Barbazan et Tanguy du Chastel pénétrèrent dans Paris par la porte Saint-Antoine , avec quinze à seize cents hommes Jl'élite , aux cris de Vive le Roi ! Vive le Dauphin ! Vive le connétable d'Armagnac !
Une relation bourguignonne, récemment publiée', nous donne sur cet événement des détails circonstanciés et fort intéressants.
« Mercredy matin derrenier passé (l^juin), environ trois heures après minuit , sur le point du jour. Monseigneur le Danphin, accompaigné de environ quatorze cens hommes d'armes qui en la nuit estoient au pont de Charenton, vindrent devant la ville de Paris à la porte Saint-Antboine. El lors ceulx qui estoient en la Bastille , saichans la venue et entreprinse des dessusdiz , vindrent aussi du costé de la ville, au nombre de cinquante hommes d'armes, rompre ladicte porte Saint-Anthoine ; à quoy ceulx de ladicte ville de Paris ne povoient résister, pour ce que ceulx de ladicte Bastille faisoient gectcr contre eux bombardes , canons , et ' très terrible trait , à grant foison , et tellement que lesdiz gens de mon dit seigneur le Dauphin entrèrent par ladicte porte derrière * ladicte ville , et nonobstant la grant chaîne de fer tendue devant Saincte-Katerine , ils vindrent en ta Bastille, en reboutant noz gens, à très grant force, jusques devant la croix en la porte Baudet. Toutes voyes, nos dictes gens qui, par ladicte nuit, avoient fait grant guait et garde, saichans aucunement l'assemblée desdiz ennemis , reboutèrent les dessus diz en combattant par l'espace de trois heures , jusques hors de ladicte porte, ort les attendoit Monseigneur le Dauphin et son estandart, lesquels les recueillirent. Et, en ce faisant, ot desdiz ennemis mors jusques au nombre de huit-