‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 103 sur 362 · LE DATTPHIN DEPUIS SA FUITE DE PARIS JUSQU'AU MEUBTRE DE HONTEREAU · texte numérisé non relu

LE DATTPHIN DEPUIS SA FUITE DE PARIS JUSQU'AU MEUBTRE DE HONTEREAU

I 1418-10 SEPTEHMIC 1419

Iniliative pcrtonaolle àt Chirlan. -^ IL fait Eur Paria un relour offensif. — Apris l'insuccèi d< cette dinwn^tratioD , il t'éleblil à Bourses , et y orgeniae U rtaiitance. ~ Circulaire aiu boanae villes. — Le Dauphin ae met en o^mpegoe. — Leilra âcril« d^Aubigny aui hebitenti de Lyon. -~ Tentative infructueuse aur Tours; priae d'Aïay-le-Hideau. — Rapriu dei négociations avec la Cour': dtalaraiion du i aoill: intervention du duc de Bretagne; traiti da Sainl-Maur, — Harus du Dauphin de ratiBer le traité; la rupture devient déBnitive. - Personnel de son gouvernement. — Le Dauphin entre en campagne : prise de Tours. — L< Dauphin prend le Itlce de Régent. — Organisation militaire ; marche vera les rronlières di Is Bourgogne. — Négociations avec les Parisiens, puis avec la Cour. — Trtve d« troli mois, prélude d'un rapprochement entre le Dauphin et le duc de Bourgogne.

C'est au cri de Vive le Dauphin t — comme plus tard, sous une autre terreur, au cri de Vive le Roi ! — que tombaient à Paris les prisonniers du Gh&telet sous les coups de leurs bourreaux ', attestant par là que le Dauphin était bien le représentant de la cause nationale '. Nous allons voir maintenant le jeune Charles

1. ( L«r3 «UireDl an petit CJiastelei, où il j avoit Foison prisaimiers, et commendièrenl entrer ras; et les prisonniers cpji bien aperciieitrent qu'il n'javoit remède en leurs vies montèrent amont el se deffeodirent bien et vaillaiimeal, et Priaient : i Vive le DafGn I i — nerre de Fenin , p. 96.

i. D s'est trouva de nos jours des historiens asseï palrMn potir prétendre que le Dauphin s'anogea te titre de lieutenant général , et pour soutenir que son enlèvement eut pour la cause nationale de Tatalcs conséquences : . « Sans l'eidèvement du Dau[diin , a4-oa dit, la guerre civile eOt été Saie : il est itrai^ce qu'on ait riHtiré comme un acte de dévouement et de Bdffité cette actiom intérenée d'un factieux, action fui eut de fatalei nm-

à Tœuvre , s'efforçant de faire face aux périls qui le menaçaient de toutes parts.

« Monseigneur le Dauphin, dit révêqueJouveneldesDrsins, combien qu'il fust jeune d*âge , toutefois il avojt bien bon sens et entendement ^ » Pierre de Versailles, moine de Saint-Denis, écrivant à ce moment à Jeaç Jouvenel, père de Tévêque de Beauvais, Tun des conseillers du jeune prince, parle aussi de ses heureuses dispositions*. Jamais tâche plus lourde et plus difficile n'avait pesé sur des épaules de quinze ans : mais si la tâche était au-dessus des forces du Dauphin , elle se trouva à la hauteur de son courage. Dans ces conjonctures graves et périlleuses , il fit preuve d'une singulière énergie. A peine échappé des mains de la faction bourguignonne, qui s'apprêtait à le saisir pour s'en faire un instrument ainsi qu'elle fit du malheureux Charles VI ', le jeune prince s'était rendu à Melun, où ij avait réuni ses gens de guerre*. Dès le 31 mai, il se porta sur Charenton, avec l'espoir de rentrer dans Paris par la Bastille et d'en chasser les Bourguignons. Son ardeur était telle que ses conseillers, malgré tous leurs efforts, furent impuissants à le retenir : « Et ne l'a pu homme garder, » écrivait le

séquences ! » (Henri Martin, Histoire de France, t. VI, p. 39 et ii.) — C'est ainsi qu'on écrit rhistoire ! L'auteur se trouve ici d'accord avec les plus fougueux chroniqueurs bourguignons qui , dans leur fureur contre Tanguy du Chaste!, lui donnent le nom de Ganelon (Chronique anonyme, p. 257). M. Vallet de Viriville, au contraire, a très bien reconnu que « le prévôt de Paris , en sauvant le lieutenant du royaume , héritier désigné de la couronne , conservait aussi le gage le plus précieux du pouvoir et de l'autorité, )» et il constate que le Dauphin « représentait la cause de la monarchie et de la nation. » Histoire de Charles VH, 1. 1, p. 102, et Nouvelle Biographie générale, art. La Fayette.) <c Le bon droit, la cause nationale avait pour symbole vivant Charles Dauphin, » a-t-il dit encore dans un Mémoire inédit sur la domination anglaise à Paris (dont la partie composée s'arrête en 1422 à la mort de Charles VI), que M** Vallet dé Viriville nous a fait l'honneur de nous communiquer. — M. Michelet, qui ne s'est pas fait bourguignon, comme la plupart de nos historiens, reconnaît hii aussi — on l'a va — que le parti Armagnac était, dès U16, c celui de la défense nationale. »

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