Lettre de Jean Caille du 15 juin
tenir. » A la date du 13 juin, le comte de Foix, le seigneur d'Albret, les seigneurs du pays d'Auvergne, les États du Velay avaient déjà envoyé leurs assurances de fidélité et promis leur concours *. La reine de Sicile, les ducs d* Anjou , de Bretagne et d'Alençon annoncèrent leur venue pour le 6 juillet*. De tous côtés les messages arrivaient et s*entre-croisaient. Le 27 juin, Charles reçut les assurances de dévouement des habitants de Lyon : « Voici loyaux gensl » dit-il, en pleine salle, après avoir lu leurs lettres : a Monseigneur et nous leur sommes bien tenus'.'»
Tandis qu'on s'efforçait à Paris de faire revenir à tout prix le Dauphin , et qu'on se disposait à lui envoyer une ambassade pour le supplier de retourner dans la capitale et de ne point rester éloigné du Roi, de la Reine « et des autres seigneurs du sang qui estoient ou seroient en la compagnie du Roy *, » Charles organisait son armée. Rendez-vous avait été donné à Bourges aux nobles du royaume , et ils affluaient de toutes parts *. On pourrait presque, à l'aide des innombrables montres qu'on rencontre, dresser l'effectif des gens de guerre rassemblés à Bourges et aux environs, à partir du 20 juin*. C'était un mouvement vraiment national, attestant la vérité de cette parole
1. Lettres patentes du 13 juin; lettre de Jean Caille du 15 juin.
2. Lettre missive du Dauphin aux Lyonnais en date du 29 juin, reproduite plus loin.
3. Lettre de Jean CaiUe du 28 juin. Le Dauphin était alors à Aubigny; il répondit aussitôt aux Lyonnais.
À. Journal de Nicolas de Baye, déjà cité. — Le 8 juin on nommait en Parlement deux conseillers pour aller vers la Reine et le Dauphin avec les ambassadeurs déjà désignés. « L'en atant les ambessours de Paris, que Fen dit que doivent venir, » écrivait Jean CaiUe le 15. Le 29 juin, Osy, héraut du duc de Bar, recevait une somme de 100 s. t. pour être venu apporter au Dauphin une lettre de son maître (Glairamb., 82, p. 6479). Le cardinal de Saint-Marc revint aussi trouver le Dauphin à Bourges (Relation publiée dans le Bulletin de la Soc. de l'Histoire de Paris, t. U, p. 108). Les « seigneurs du sang 9 dont parlaient les Parisiens n'étaient qu'an nombre de deux : le jeune Gharies de Bourbon et le cardinal duc de Bar ; mais on attendait le duc de Boui^ogne.
5. « En la cité de Bourges s'en ala monseigneur le Daulpbin après son partir de Melhun ; où lui vindrent les nobles de plusieurs contrées qui toute obéissance lui firent » Cousinot, p. 172. — « Lequel vint es paîs de Berry et Touraine, avec sesdis gouverneurs et plusieurs vaillans et'saiges capitaines, et autres qui bien et loyaulment le servirent. j> liaoulet, dans Chartier, t. III, p. 16i.
6. Nous avons relevé tous les documents de cette nature qui sont tombés sous notre main ; mais combien ont dû disparaître ! Nous avons jusqu'ici rencontré sept montres passées à Bourges le 20 juin; trenle-dcux montres passées à Bourges et à Croces-lès-Bourges le 21 ; quarante le 24 ; six passées à Sancerre le 25.
1418 LE DAUPHIN jusqu'au MEURTRE DE MONTEREAU. 97
prononcée peu avant par TUniversité de Paris : « La présence et entreprise du prince double le hardiment de ses sujets*. »
Louis d*Escorailles fut envoyé aussitôt à Melun et à Meaux pour mettre ces places en état de défense*. Un des anciens « gouverneurs » du prince, Pierre de Beau^au, eut mission de réunir autoiu* de sa personne un certain nombre de gens de guerre et, dès les derniers jours de juillet, il était à la tête de quatre cents hommes d'armes et de cinq cents hommes de trait*. Jean de Torsay, grand maître des arbalétriers de France, eut le commandement de six cents hommes d'armes et de cinq cents hommes de trait*; le maréchal de Rochefort eut cinq cents hommes d'armes ; Charles de Bourbon , Daudonnet Crail, Guillaimie d'Avaugour, Guillaume Bataille, le seigneur de Pousauges et plusieurs autres eurent chacim un certain npmbre de gens de guerre. Regnault de Chartres reçut la lieutenance du Languedoc et des pays du Midi*, avec l'adjonction, pour les opérations militaires, de Philippe de Lévis, seigneur de la Roche, qui exerçait d^jà les fonctions ^e capitaine général pour la garde du Languedoc*. Tanguy du Chastel alla s'établir à Meaux, avec le titre de. lieutenant et capitaine général dans l'Ile-de-France ,* la Champagne et la Brie , au nord de la Seine '. Barbazan fut placé à la tête de deux cent quarante
1. Lettre de janvier U17, adressée au Dauphûr Jean, dans HUi. univ. Paris., t. V, p. 306.