‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 111 sur 362 · Quittance du 25 juin. Oairambault, vol. 43, p · texte numérisé non relu

Quittance du 25 juin. Oairambault, vol. 43, p

3. Quittance du 30 juillet, de 5400 1. t. à lui allouées par lettres du 29 , pour avoir amené ces troupes au Dauphin. Glairambaull, vol 12, p. 751.

4. 0 fut retenu par lettres du 15 août. Anselme, Hist. généalogique, t. VIII, p. 70.

5. Lettres du 16 août, visées par le P. Anselme, Hist. généalogique, t. YI, p. 399. Cf. lettres du même jour portant paiement de 360 1. 1 à Regnault, dans Clairambault, vol. 29, p. 2151. On a des lettres missives du Dauphin, en date du 23 août, annonçant aux Lyonnais le départ de Tarchcvéque. — Voir dans le ms. fr. 7858, f. 335-366, l'état des « gens d'armes et de trait qui ont servi le Roy et monseigneur le Dauphin de Viennois, son lieutenant gênerai par tout le royaume, sous monseigneur Regnault de Chartres, archevesque de Reims , lieutenant desdis seigneurs audit pays de Languedoc et de Lionnois et Masconnois. »

6. Pièce du 13 juillet 1418 : Ms. lat 9177 , f. 205.— Philippe de Lévis leva et entretint à ses firais pendant six mois 200 hommes d*armes et 100 hommes de trait, et vendit pour cela sa vaisseOe d'or et d'argent. Voir D. Vaissete, t. IV, p. 447. G^est par erreur qu'il est appelé Jean; cf. p. 592.

7. Berry, p. 435; Chroniqtte anonyme, p. 257; annotations de Godefroy, p. 796.

hommes d*armes et d'autant d'hommes de trait, et ne tarda pas à se rendre à Melun, dont la garnison fut renforcée *. Le comte de Vertus eut charge de pourvoir à la garde des provinces du Centre. Pierre de Montmorin, bailli de Saint-Pierre le Moutier, fut investi de la garde de Saint-Pourçain , avec charge de veiller à la sûreté du Bourbonnais et des pays d*alentour*.

Le Dauphin ne tarda pas à mettre à proiit le zèle de ses gens de guerre. Il s'avança vers la Touraine, en passant par Aubigny, Montrichard et Amboise'. D* Aubigny, Charles adressa aux habitants de Lyon la lettre suivante, qui présente un curieux tableau de la situation.

A noz (rèfi chiers et bien amez les consuls, bourgois, manans

et habitans de la ville de Lyon. -

Dk par le Daulphin de Viennois, duc de Berry, de Tourainb, CONTE DE Poitou, et lieutenant général de Monseigneur en son Royaume.

Très chiers et bien amez, pour la grant loyauté, vraie suhgecion el entière obéissance qui a esté trouvée en vous, et qui de jour en jour se remoiistre par bonne continuacion et persévérance en mieulx, et comme nous avons bien .sc^u par voz lettres, nous qui , à l'aide de Dieu, de vous, et des autres bons et loyaulx subgiez de Monseigneur et de nous, n'avons riens si devant les yeulx comme de tousjours quérir, garder et pourchacer le bien et la conservacion de sa seigneurie et de ses subgiez, vous escrivons de présent et communiquons nostre enlencion es affaires de mondit seigneur, comme à ceulx desquelx le bon vouloir et loyal affeccion nous donne singulière confiance.

Vous avez assez sceu, et mesmement par noz lettres, les oultrageuses nouvelletez lesquelles sont advenues à Paris, puis pou de temps, et comme, par trayson, commocion, et sedicion de peuple, aucuns rebelles et desobeissans à mondit seigneur sont entrez de

1. Clairambault, vol. 1), p. 555; vol. 56, p. i286; Jouvenel, p. 355. — BarbazaD contresigne des lettres du Dauphin ea date des 2i juin et 16 août; il est de retour près du prince le 13 novembre U18.

2. Pièces du 20 juiUet, Clairarabaull, vol. iO, p. 3031; vol. 55, p. il 77; vol. 73, p. 5&75.

3. Itinéraire : Aubigny, 27-49 juin; — Montrichard , 9 juillet; — Amboise, 15 juillet.

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nuit, par aguet et despourveuement, en ladicte ville, le jour mesmes que avions délibéré de mettre finale conclusion au traictié de la paix de ce Royatime, longuement pourparlé entre les, ambaxades d'une partie et d'autre, et pour rompre et empescher ladicte conclusion. En laquelle ville ilz. ont prins la personne de mondit seigneur^ laquelle ilz ont détenue et détiennent, fait pluseurs cruaultez, pilleries, meurdres et inhumanitez; et, en criant lapcdx, lesespées nues et plaines de sang, ont murdry ou emprisonné, pillié, robe et destroussé généralement tous les bons et loyaulx serviteurs de mondit seigneur et de nous qu'ils ont peu aprehender, et semblablement plusieurs evesques, prelas, gens d'egli^e et autres cbevaliers, escuiers, notables bourgeois et marcbans, sans pitié ne miséricorde, ne sans faire quelconque difiFerance es personnes ne es estas. Durant lesquelles choses, pour esloingner la fureur, éviter plus grant inconvénient, nous retraysmes en la bastille Saint-Antboine; et nous, voyans leur ostinacion, nous venismes à Meleun<» et de là en nostre ville de Bourges, pensdns que ladicte fureur se deust aucunement modérer, et que, par Tadvis, conseil et aide de plusieurs du sang et lignage de mondit seigneur, lesquelx nous avons mandé venir par devers nous et qui nous ont fait responce que de brief y seront, en ce et autres choses peussions mettre provision, au bien de mondit seigneur et de sa seigneurie.

Et depuis ces choses, et que ^ous les vous eusmes escriptes et fait savoir, lesdiz rebelles et desobeissans, non contens d'avoir fait et perpétré les maulx, crimes, désobéissances et cruaultez dessus diz, furieusement et desordonneement, comme 'gens sans congnoissance de Dieu et tous hors de Ja pitié humaine, se sont transportez en toutes les prisons qui estoient en ladicte ville , et là ont inhumainement et crueusement meurdry et detrenchiez les connestable et chancellier de mondit seigneur, plusieurs prelas, evesques, chevaliers, escuiers, officiers de mondit seigneur, et autres gens d'église, notables bourgeois et marcbans, jusques au nombre de deux à trois mil personnes, qui là estoient prisonniers, lesquelx, tailliez en pièces comme bestes, ils ont tous mis, gectçz et detraynez sur les quarreaux de ladicte ville , sans avoir aucune compassion de l'efiusion du sang humaia, et mesmes les femmes et enfans des dessus diz ont-ilz occis, nayez et mis à mort, et mis ladicte ville, qui est chief de ce royaulme et à laquelle chascun avoit recours en justice, ainsi que à gast, perdicion et desolacion. Lesquelles choses sont tant horribles, tant deshonnourables et si

dolereuses à recorder que tout bon cuer en doit avoir grant frayeur et abhominacion , mesmement qu'elles soient advenues en ce dit royaume, qui tousjours a eu la glorieuse renommée de debonnaireté et de clémence entre les autres, et ne fut oncques veu , oy , ne leu en escripture, que tel si desordonné et détestable cas y soit oncques mais advenu, qui est en très grant esclande, reprouche et déshonneur.

Sy vous signiffions ces choses, très chiers et bien amez, et afin que d'icelles soiez véritablement informez, et que, ainsi que plus est besoing, soiez et demourez tousjours en vostre bonne loyauté , dont vous avez eu et avez de présent, entre les autres, grant los et renommée; et aussi que vous soiez, comme bons et loyaulx subgiez, en amour et unité ensemble pour servir, secourir et aidier mondit seigneur avecques nous et en nostre ayde, qui sommes son seul filz, héritier, successeur de sa couronne , et auquel par raison et droit naturel appartient, mondit seigneur estant ainsi empeschié et détenu, pourveoir au gouvernement et adminislracion de sa seigneurie, comme cellui à qui la chose touche principalment après lui, sans obeyr à quelxconques autres, fors à nous pour mondit seigneur. Et pour ce que lesdiz rebelles et desobeissans, en leur dicte rébellion, ont ainsi meurdry son chancellier et prins ses grans seaulx et les nostres, desquelx ilz puent abuser à leur voulenté, vous défendons de par mondit seigneur et de par nous que à quelxconques lettres ou mandemens à vous envolez, de quelxconques personnes que ce soient, sinon aux nostres, seellées de nostre seel secret et signées de nostre main, vous ne obéissiez , jusques à ce que noz grans seaulx soient refaiz, et que par mondit seigneur et nous autrement en soit ordonné. Et nous, au plaisir de Dieu, recongnoistrons la loyauté de vous et des autres bons subgiez, à l'onneur, avancement d'iceulx, et à la honte et reprouche desdiz rebelles; et des bonnes manières que en ce avez tenues et tenez aurons à tousjours mais bonne mémoire et souvenance. Et se aucuns s'efforcoient de vous faire guerre, nous mandons au seigneur de la Paie te que en toutes manières entende à vous garder et défendre, et aussî à noz officiers de nostre pais du Daulphiné, lesquelx nous reputons une mesme chose avecques vous. Et bien brief envolerons par devers vous de noz gens, pour faire savoir plus à plain de noz nouvelles et de nostre entencion, et pour vous donner en toutes choses aide et confort. Et estoit nostre entencion de nous traire en personne près de vous, ce que délayons à faire

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jusques à ce que ayons eu Tadvis de belle, mère la Roy ne de Secille et de beaulx frères et cousins les ducs deBretaigne, d'Anjou et d'Alçncon, lesquelx assembleront devers nous dedens le vï* du mois prouchain, et plusieurs autres seigneurs que nous avons mandé venir par devers nous. Très chiers et bien amez, Nostre- Seigneur soit garde de vous.

Escript en nostre ville d'Aubigny, le xxix* jour de juing.

CHARLES

Alain*.

Le premier acte du Dauphin fut de se présenter devant Tours. Il espérait que cette démonstration militaire suffirait pour lui faire ouvrir les portes de cette ville. Mais les habitants, qui subissaient le joug de la domination bourguignonne , et qui, outre le capitaine Charles Labbé et le gouverneur Guillaume de Remenueil, investis de leurs fonctions en ïiovembre 1417 par la R^ine et le duc de Bourgogne , avaient dans leurs murs le maréchal de Montberon, envoyé par la Reine en juin 1418, restèrent sourds à la sommation qu*il leur adressa, comme « seul filz du Roi , son lieutenant général et représentant sa personne et aussi comme leur droiturier et naturel seigneur'. » Ceci se passait vers le 20 juillet. Après cet échec , Charles se replia sur Chinon. Sur sa route se trouvait le château d' Azay-le-Rideau , occupé par l^s Bourguignons. Les troupes dauphinoises furent accueillies, à leur passage, par des cris et des injures : « C'est le demeurant des petite pâtés de Paris ! » criait-on, avec force quolibets à l'adresse du jeune prince et des gens de sa compagnie. Le Dauphin, furieux, s'écria : « Il faut que j'aie la place ! » et il ordonna l'assaut. Le château fut emporté, démoli.

1. Original, avec sceau, Archives de Lyon, AA 22, f. 20.— Cette pièce a été publiée en 1839 par M. Péricaud (ou plutôt , croyons-nous , M. Godemard), dans le recueil intitulé : Documents pour sentir d l'histoire de Lyon, p. 161.

2. On manque de renseignements précis sur cette première tentative devant Tours. Voir, à ce sujet, Vavis, cité ci-dessous, qui se trouve dans Tappendice aux Mémoires de Fenin, p. 276, et les lettres du Dauphin du 30 décembre 1418, portant abolition aux habitants de Tours. — Le 27 juiUefUÎ 8, Charles VI recommandait à ceux-ci de résister à son fils, et leur promettait de les secourir en cas d*attaque. — Cf. Texcellente dissertation de M. J. Delaville Le Roulx : La Domination bourguignonne à Tours (1417-18), p. 18-20.

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et tous ceux qui y étaient enfermés furent impitoyablement mis amorti G*est peut-être le seul cas où Charles céda aux entraînements de la lutte, car il se montra toujours clément ; riiais lui et les siens avaient été exaspérés par les grossières insultes de la garnison.

Cependant les Parisiens ne perdaient pas tout espoir de ra-» mener le Dauphin au milieu d'eux, et restaient en relation avec lui. Plusieurs messages furent envoyés de part et d'autres, en juillet et en août*. De leur côté, le duc de Bourgogne et la Reine , sentant bien que la présence du Dauphin faisait toute la force du parti adverse, cherchaient à le lui enlever. Le cardinal dé Saint-Marc eut mission d'aller de nouveau trouver le jeune prince. Il quitta Paris le 13 juillet, et le joignit à Amboise'. « La Reine, lui dit-il, avait l'intention d'aller à Paris, et lui mandoit et requeroit qu'il la vint accompagner jusques en ladicte ville, et, que par ce moyen, la paix seroit faite. » C'était une façon un peu sommaire de trancher les difficultés. Le Dauphin répondit « qu'il vouloit obéir à la Reine et la servir en toutes manières , mais d'entrer dans une cité où maux si merveilleux et tyranniques avoient été faits , seroit trop à sa grande desplaisance et non sans cause *. »

Si Charles se refusait justement à revenir dans une ville en proie à la plus complète anarchie , il ne repoussait point toute pensée de conciliation. Dédaignant les outrages que la chancellerie royale prodiguait à son parti, et qui, par là même , rejaillissaient sur lui', oubliant l'humiliation qu'on lui avait fait

i. Jouvenel, p. 354; Cousinot, p. 172. — Le premier dit que le capitaine eut la tétc tranchée, et que deux à trois cents hommes, qui « n'estoient que brigans, > furent pendus ; le second dit qu'on fit përir tous ceuK qui furent trouvés dedans, même les femmes et les enfants. Voir sur Tattribulion à Azay-le-Rideau , et sur les circonstances, une notice de M. Tabbé Chevalier, dans le Bulletin de la Société archéologique de Tourc^ne^ 1. 11, p. 464 et suiv., et la brochure de M. DelavUle Le Roulx citée plus bàut.

2. Le 15 juillet, Romarin, poursuivant du Dauphin, l'ecevait \% livres pour un voyage fait d'Âniboise, où était le prince , à Paris; le 9 août, il reçoit encore 20 livres pour éU*c allé de Loudun à Paris. Gairambault, vol. 97, p. 7559.

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