‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 119 sur 362 · Collection de Bourgogne, /. c · texte numérisé non relu

Collection de Bourgogne, /. c

2. Archives de Tours. Reg. 17 des Comptes^ ff. 71 v» et suiv., 83 r» et 8i; Reg.' I des Délibérations, part, iv, f. iO v* et suiv.

3. Religieux , t. YI , p. 290. — Berry dit aussi (p. 436), que le duc amena le Dauphin « pai* devers son mari à Saumur. » Cette vei*sion est acceptée sans réserve par M. Vallet de Viriville (t. I, p. 133- 347. Elle est pourtant démentie par un document émané de la chancellerie royale à Paris .* dans les lettres données le 13 novembre et dirigées contre Je Daulphin , il est dit en propres termes que le Dauphin a été a mené en plusieurs et divers

1418 LE DAUPHIN jusqu'au MEURTRE DE MONTEREAU. lit

dans une erreur complète. Charles n*était point à Saumur. Il avait quitté Poitiers dans les derniers jours d'août, et, après s'être arrêté successivement à Lusignan , Saint-Maixent , Niort et Maillezais\ il était revenu à Lusignan au moment où le duc de Bretagne arrivait à Saumur '. Tout ce qu'on a raconté est donc erroné , et la reine de Sicile , qu'on nous montre parvenant à triompher des résistances de son gendre , était alors sans nouvelles de lui, et ne savait même point s'il acceptait ou non le traité de Saiiit-Maur ' 1

On attendait à Saumur la décision du Dauphin ; elle ne tarda pas à être connue : dès le 29 septembre , aussitôt après le retour de seg ambassadeurs , Charles avait manifesté hautement son intention de ne point poursuivre les négociations*, et déclaré, dans un document où -il exposait longuement les faits ; qu'il tenait pour non avenue une paix conclue sans sa participation '. Le duc de Bretagne dut renoncer à poursuivre son voyage « devers Monseigneur le Roy pour le bien de la paix et union du royaume •, » et bientôt une ambassade du Dauphin le mit au courant des dispositions de ce prince \ ,

C'est le sort des armes qui allait en décider. Le Dauphin ne

lieux j) pendant les négociations, de telle sorte que ni le duc de Bretagne, ni' les ambassadeurs cliargés d^obtenir sa ratification au traité « n'ont peu avoir accès à lui. i» Ordonnances, t. X, p. 489. Cf. Registres de Tournai , cités ci-dessus.

1. Itinéraire : 23 août, Poitiers; — 26, 30 août, 1" septembre, Lusignan; —7,9, 10, i2,Saint-Maixent; — 17, 21, 2i, Niort; — 29, Maillezais.

2. Itinéraire : 6 octobre, Niort; — il, Saint-Maixent ; — li, Lusignan.

3. Copin, chcvaucheur du seigneur de Saint-Geoi'ges , Ton des ambassadeurs bourguignons,' était à Tours en octobre, « attendant certaine response de la royne de Secile qui aûoit envoie devers monseigneur le Daulphin savoir se il vouloit tenir l'accord et appointement fait par le duc de Bretaigne au Roy nostre sire et au duc de Bourgoigne. » (Registre 17 des Comptes, f. 73 r*'.) Remarquons que la reine de Sicile ne paraît pas avoir été si mécontente du duc que son gendre, car à son retour, elle lui fit présent d'une coupe et d'une aiguière d'or (D. Lobineau, t. Ù, p. 922).

i. « Quant ilz furent retournez devers mon dit seigneur le Daulphin et il eut ouy ce qu'ilz avoient appoinctié , il se marrit et troubla, et dist qu'il ne vouloit point d'appoinctement que par justice à celui qui avoit mauvaisement meutry , ou fait faire , son oncle, son connestable, son chancelier, et les aultres bons et loyaulx serviteurs de son père et de lui. 3> Chronique d'Alençon, attribuée à Perceval de Cagny (dans DuChesne,* vol. 48), chap'. Lxviii.

5. Lettre aux gouverneur, gens du conseil et chambre des comptes du pays de Dauphiné, dans TAppendice aux Mémoires de Pierre de Fenin, p. 271-74.

6. Ce sont les expressions qu'il emploie dans des lettres du 13 octobre, datées de Saumur. D. Morice, t. II, col. 968.

7. Jacques Gelu, archevêque de Tours, un des négociateurs, et Jean Belart, doyen du

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devait plus songer désormais qu'à poursuivre la' lutte avec vigueur et à organiser son gouvernement.

Le 21 septembre, -par lettres patentes où il faisait Thistorique complet des événements accomplis dans la capitale depuis le 29 mai , Charles avait établi le siège de son Parlement à Poitiers *, et donné commission pour remplir la charge de chancelier en Tabsence de Robert le Maçon , qui suivait le prince dans ses déplacements *. Le 14 octobre, par une lettre adressée aux habitants de Lyon, il leur faisait savoir son intention de ne point accepter la « cédule » publiée à Paris , et déclarait que, quelque chose qui lui dût advenir, il ne souffrirait pas qu'il y eût d'autre « gouverneur » que le Roi et lui '. Le 30 octobre , une ordonnance fut rendue pour défendre d'obéir aux lettres et mandements du Roi « pendant sa détention et maladie *. » Le même jour le Dauphin adressa des lettres à tous les capitaines de ses places , pour leur enjoindre de lutter énei^iquement contre le duc de Bourgogne et ses partisans , et de oien garder les villes , châteaux et forteresses *. On répondit à ces mesures en enlevant au prince , par lettres en date du 13 novembre •, la lieutenance générale , et en le sommant (27 fé-

Mans, conseiller et mattre des requêtes de Thôtel du Dauphin, partirent de QiiooB le 2i octobre pour aller vers le duc. Clairambault, vol. 52, p. 3931, et vol. 12, p. 773,

1. Ordonnances, t. X, p. 477. Voici quelle en était la composition : Jean de Vaily, président; Jean Jouvenel, Guillaume Toreau, Arnaud de Marie, Bureau Boucher, tous les quatre anciens maîtres des requêtes du Hoi; Jean Tudert^ doyen de Paris; Guillaume de Marie, doyen de Sealis; Guillaume de Launay, archidiacre de Meaux; Guillaume Guérin, archidiacre de Poitiers; Nicolas Potin, Jean Gentien, Jean Girard, Adam de Cambray, Hugues Comberel, Thibaut de Vitry, Guillaume de Quiefdeville et Nicolas Eschalart.-

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