Jouvenel, p
6. C'est ce qui nous semble résulter d'un texte que nous avons rencontré dans plusieurs formulaires du temps et qui, bien que non daté, se rapporte évidemment à ces négociations. Ce sont des lettres de Charies VI , où on lit : « Comme chose soit toute congneue et notoire que , soubz umbre des divisions, discoi's et discension qui ont esté et sont encorcs en nostre çoyaume, gens de tous estas, comme nobles, marchans et laboureurs, ont ou supporté pertes et dommages innumerables et s*en sont ensuivi phisieurs meurtres, occisions et autres
maul^ très énormes Et tellement ont esté continuées les dictes divisions que nostre
très chier et très amé filz Charles , Dalphin de Viennois , puis certain temps en ça , a esté et est encore absent de nous, et soubz umbre de lui est faictc guerre à aucuns de noz
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de son sang et Conseil, » déclarait qu'il y aurait abstinence de guerre dans tout son royaume pendant trois mois, afin de « vacquer et entendre à trouver bonne union, appaisement et sedation totale des divisions , discors , debaz et discensions » qui régnaient parmi ses sujets *.
Le Dauphin s'empressa de donner son adhésion : « Pour le grant bien et fruit qui en peut advenir ou ensuyr, avons voulu et voulons estre obey àicelles lettres, » disait-il dans ses lettres de ratification en date du 20 mai*. Le duc, en adhérant le 23, se borna à cette brève déclaration : « .Lesquelles lettres et tout le contenu en icelles , en tant comme il nous touche , entérinerons et accomplirons'. » Mais quand, le 26 mai, les hérauts du Dauphin vinrent à Provins apporter les lettres de ratification de leur maître, ils n'y trouvèrent plus le duc, qui était allé, en compagnie de la Reine , poursuivre les négociations entamées avec lès Anglais, et ne semblait plus se soucier de traiter avec le Dauphin*. « Et n'est doubte,ditun grave historien du temps, que se le duc de Bourgongne eust voulu soy retraire de avoir tout le gouvernement, et se disposer et les siens à résister aux ennemys anciens, et laisser le fils avec les père et mère à faire aussi le mieux qu'ils pourroient, la paix estoit bien aisée à faire. Maïs il vouloit tout faire et entièrement avoir le gouvernement du royaume et des finances. Et sembloit par ses manières, comme aucuns disoient, que il se vouloit à peine faire Roy*. »
C'est, en effet, avec Henri V, et non avec le Dauphin, que Jean sans Peur avait l'intention de traiter. Il venait de renou-
subgetz. . . ., voulons et ordonnons abstinence de guerre estre entre les parties conten-
Lieuses jusques à deux ans prochainement venans , cl que chascun de nostre dit
royaume et autres dessusdiz joyssent de nosti*e présente abstinence de guerre sans reservacion aucune, etc. » Ms. fr. 6022, f. 90, et 14371 , f. 81 ; ms. lai. 17184 (Bl. Mant., 8), f. 107 v°.